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“MYSTRAW COMPANY”, on connaît, mais connaît-on celle qui en est à l’origine ?

Sunita Mittal est régulièrement présente dans les médias depuis 6 mois car son dynamisme et son esprit d’initiative n’ont échappé à personne, mais rien ou presque n’avait encore filtré sur son parcours personnel et sa vision du futur. 

Au St-Martin’s Week, nous aimons par dessus tout les gens qui ont une âme bien trempée, et si les jeunes entrepreneurs de tous bords méritent une attention particulière, ce sont avant tout leurs humanités qui nous font nous attarder davantage sur ce vécu qui n’est propre qu’à eux-mêmes; c’est donc dans le cadre ombragé et frais du Cosy Café que la rencontre a eu lieu autour de quelques jus de fruits que nous dégusterons avec des pailles “Mystraw” bien sûr. 

Un esprit rebelle à la découverte du monde 

Sunita Mittal aborde d’entrée un large sourire et ses yeux qui pétillent révèlent immédiatement que nous avons affaire à une jeune femme qui croque la vie à pleines dents, impression confirmée quelques dizaines de minutes plus tard car elle déborde en effet d’idées et de projets avec un optimisme rarement rencontré en ces temps de morosité ambiante quasi générale. Mais commençons par le commencement : elle est née en Isère il y a tout juste 32 ans de parents indiens originaires de Rohtak, une ville située au nord de Delhi, dans l’état de Haryana en Inde. Installée en France depuis toujours, sa maman désormais retraitée, cultive son jardin au cœur du Massif Central alors que son père tient toujours le restaurant traditionnel indien dans lequel Sunita a travaillé dès ses 16 ans, c’est vous dire si le milieu de la restauration, elle connaît… 

Un manque d’intérêt flagrant pour les études, un esprit rebelle particulièrement prononcé et un goût pour les voyages déjà bien affirmé, il n’en fallait pas davantage pour que dès la sortie de l’adolescence elle parte à la découverte du monde; une des étapes fondamentales de ce voyage initiatique étant la Guadeloupe où vit une partie de sa famille chez qui elle va être accueillie dans l’espoir de calmer un peu la fougue de sa jeunesse, mais c’est peine perdue et la voilà repartie, empruntant les chemins de traverse, travaillant dur comme serveuse, bartender, plagiste ou autres jobs alimentaires qui forgent son caractère et qui lui permettent de faire de belles rencontres et quelques économies suffisantes pour rendre régulièrement visite à sa famille en Inde où elle compte bien acquérir une maison dans quelques temps, histoire de se poser un peu entre 2 tours du monde. 

2 ans de travail acharné 

De retour aux Antilles, elle se fixe à Saint-Martin en 2013 et tombe immédiatement sous le charme de la Friendly Island à tel point qu’elle nourrit un projet qui lui tient à cœur et qui finira par voir le jour à force de persévérance et de volonté: la création de My Straw MyCompany, une start-up qu’elle monte de A à Z sans aucune aide extérieure avec une détermination sans pareil. 2 ans de travail acharné seront nécessaires avant que cela ne se concrétise, 2 ans durant lesquels l’Inde sera à nouveau mise à contribution en quelque sorte puisque c’est de là-bas que viendra le déclic. En effet, après ses “années plastique”, ce grand pays de plus d’1 milliard d’habitants a fait volte-face et utilise désormais les matières premières locales pour remplacer ce dérivé du pétrole qui empoisonne la planète. Chacun sait que la population des grandes métropoles mange beaucoup dans la rue, les plats locaux y sont maintenant servis dans des récipients fabriqués à partir de noix de coco, de feuilles de bananiers et de bambou,  rien de plus naturel et de plus normal d’autant plus que le produit de base est disponible en grande quantité dans le pays. Sunita y voit là une opportunité qui correspond à ses attentes, alors elle ouvre le bottin et contacte tout simplement les fabricants locaux, négocie des tarifs, établit un cahier des charges et c’est après 9 mois longs mois d’attente qu’elle reçoit enfin les premiers échantillons. 

Idéaliste mais réaliste 

Puis tout s’accélère, elle commercialise ses produits un peu partout à Saint-Martin mais également à Saint-Barth et en Guadeloupe sans oublier Anguilla et la Martinique qui semblent s’intéresser de près à ce qu’elle propose. La demande ne fait qu’augmenter, parfois ce sont les clients des bars et des restaurants qui mettent eux-mêmes la pression aux patrons pour que le plastique fasse place au naturel, à tel point que la jeune entrepreneuse étudie sérieusement les possibilités de faire fabriquer ses produits localement, d’autant plus que l’empreinte carbone due au transport de ses marchandises acheminées depuis l’Inde ou l’Asie est loin d’être satisfaisante, sans oublier que cela aurait pour effet de créer bon nombre d’emplois. Idéaliste tout en restant réaliste, Sunita Mittal sait très bien qu’elle ne résoudra pas à elle seule le problème de la pollution plastique mondiale, mais en revanche elle croit fermement que tout est possible à Saint-Martin si tout le monde y met un peu du sien, si chacun d’entre nous consacre quelques minutes de son temps afin que notre île soit plus propre et mise ainsi en avant sur la scène écotouristique. En utilisant les réseaux sociaux comme première arme de bataille, de nouveaux projets vont voir le jour d’ici à la fin de l’année, comme par exemple un grand concours de ramassage de déchets organisé en partenariat avec Green Initiative, dont Sunita n’est pas peu fière puisqu’elle est enfin parvenue à réunir le côté français et le côté hollandais pour une même cause. 

My island is my island 

Tout n’étant pas encore acté, nous aurons l’occasion d’en dire un peu plus dans les prochaines semaines, tout comme nous vous conseillons de rester attentifs car d’autres événements devraient voir le jour d’ici peu de temps, auxquels il sera difficile de ne pas adhérer, en faisant juste un petit effort pour améliorer notre environnement, notre quotidien et notre vie en général. Sunita Mittal y tient beaucoup et elle mérite qu’on ne la déçoive pas, ne serait-ce qu’à cause de cette phrase qu’elle a adopté comme une devise à laquelle nous ne pouvons que nous rallier : “My Island is in YOUR hand”.

FB @mystrawcompagny ou www.mystrawcompany.com

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