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Impossible de passer inaperçu lorsque l’on est en compagnie de Lydia Lawrence car à Saint-Martin, tout le monde l’aime ! 

Nous avons retrouvé la diva à Marigot pour une interview informelle, et nous avons pu mesurer sa popularité en direct, mais aussi sa grandeur de cœur tant elle respire la générosité.

Pour ceux qui ne la connaissent pas encore : Lydia Lawrence est une artiste-chanteuse née à Saint-Martin, sa maman travaillait dans l’hôtellerie et son papa était tailleur de pierres. Enfant, Lydia rêvait d’horizons moins terre-à-terre, car son ambition était de devenir hôtesse de l’air, mais ses parents n’étaient pas d’accord pour que leur fille s’envole dans les nuages pour mieux voir le bas d’en haut, alors elle est partie faire ses études en Guadeloupe et en est revenue avec un CAP de cuisine en poche. 

A la maison, on n’écoutait pas n’importe quoi 

Dès ses premiers essais, elle se rend vite compte que ce n’est pas dans cette voie qu’elle va s’épanouir, et malgré une tentative dans l’hôtellerie qui lui convient mieux, elle bifurque ensuite vers l’école de Quartier d’Orléans pour y travailler quelques années au milieu des enfants car avec eux, elle se sent bien. Et la chanson alors ? me direz-vous. Ah oui, la chanson, c’est un peu comme un ADN chez Lydia, car dès son plus jeune âge elle chante dans la chorale de l’église; il faut dire qu’à la maison on n’écoutait pas n’importe quoi : Diana Ross, Aretha Franklin et Barbra Streisand sont les voix qui l’ont bercée depuis sa naissance… comme influences musicales, on a vu pire. Après avoir été élevée à la soul music, elle passe de l’adolescence à l’âge adulte en plein raz-de-marée zouk, les années 80’s font la part belle à cette musique grâce à Kassav et à Zouk Machine qui seront des influences essentielles pour celle qui commence à écrire ses propres compositions et dont la renommée locale grandit de jour en jour. Il n’est pas une fête, pas un carnaval, pas un concert où elle n’est pas invitée, et chaque fois le public est au rendez-vous. 

Kassav et Zouk Machine

A 24 ans, elle a quitté son île car elle était certaine de conquérir Paris, mais les choses n’ont pas été si faciles et malgré ses capacités d’adaptation elle ne trouve pas son équilibre et part se réfugier chez des amis qui vivent près de Chambéry en Savoie. Là c’est une révélation puisque Lydia y réside toujours entre 2 voyages à l’autre bout de la planète qui l’amènent à rencontrer Jacob Desvarieux, guitariste de Kassav avec qui elle va collaborer, ainsi que Joëlle Ursull de Zouk Machine qui deviendra une de ses amies. Après 3 ans d’efforts, elle est récompensée par un micro d’or à Lyon en 1991 ; à la suite de cela tout s’enchaine grâce à son manager Jean-Marc Griffith qui la propulse sur la scène de la Route du Rhum, du tour cycliste de Guadeloupe et en guise de consécration en première partie de Kassav lors de leur concert évènement pour le 40ème anniversaire du groupe à Capesterre-Belle-Eau en Mai dernier. 

Une lumière pour les îles 

Lydia Lawrence serait-elle devenue une star internationale ? Pas loin en tout cas, car elle chante un peu partout sur la planète et ses nombreux voyages vont lui faire prendre conscience de la misère humaine qui règne dans certains endroits du globe. N’écoutant que son cœur elle fait preuve d’une grande générosité pour diverses œuvres humanitaires à travers le monde jusqu’à ce jour de Septembre 2017 où Irma ravage son île natale, c’est alors qu’elle crée l’association “Une Lumière pour les Îles” afin de venir en aide à toutes les victimes de la catastrophe. Immédiatement les aides ou les dons arrivent de partout à tel point que les actions de l’association ne se bornent plus à Saint-Martin uniquement, mais viennent aussi en aide aux plus démunis en Haïti ou en Afrique. D’ailleurs Lydia a profité de sa présence sur notre île pour distribuer des fournitures scolaires aux enfants avec l’aide d’un sponsor de choix, puisque Air Caraïbes lui a permis d’acheminer gratuitement depuis la métropole plus de 400 kilos de cahiers, stylos et crayons de couleurs.

Spécialités saint-martinoises et rhum arrangé 

Un cœur gros comme ça, une voix qui fait rêver, Lydia et lorsqu’elle est de retour dans son petit village alpin de La Motte-Servolex, elle ne reste jamais longtemps inactive et saisit chaque occasion pour promouvoir la culture saint-martinoise en faisant déguster des spécialités antillaises à tous les habitants ainsi qu’à Luc Berthoud, le maire de la commune qui adore ses rhums arrangés. Avant de nous quitter, Lydia nous a confié sa peine de voir Saint-Martin mourir à petit feu, depuis quelques années et à plus forte raison depuis que Irma est passée par là, elle a clairement l’impression que rien n’a été fait pour que l’île se relève rapidement et ça la rend triste. Alors nous l’avons laissé repartir en sachant qu’elle reviendra bientôt car elle revient toujours sur cette terre qui est la sienne et qu’elle aime par dessus tout.

Retrouvez Lydia Lawrence sur sa page Facebook ainsi que celle de son association : Une lumière pour les îles.

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