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C’est avec consternation que j’ai visionné la vidéo qui retrace une scène de violence horrible devant le lycée de Marigot.

Face à cette horreur, j’estime qu’il est de ma responsabilité première de la condamner avec la plus grande fermeté. Et, je profite pour  lancer un appel au calme et à la sérénité dans nos établissements scolaires.

Si on cherche à examiner à la lumière de l’expérience, les causes réelles de cette violence aveugle, de mon point de vue, deux facteurs essentiels sautent aux yeux.

Premièrement, nous savons tous que beaucoup de nos jeunes lycéens ont malheureusement manqué des liens affectifs et des repères nécessaires à leur structuration. Une jeune mère de famille seule au foyer, le père étant absent, a beaucoup de difficultés à éduquer, à s’investir dans le développement cognitif et à créer le lien affectif dont chaque enfant a cruellement besoin. C’est une mission pratiquement impossible. Force est de constater que la rue est devenue l’univers d’un certain nombre de ces gamins qui basculent tôt ou tard dans la déviance et progressivement dans la violence.

Deuxièmement, comme Emile Zola, j’accuse un système d’enseignement qui a refusé de prendre en considération la réalité sociolinguistique du territoire, d’être responsable  du décrochage scolaire précoce et du basculement d’un pourcentage non négligeable de nos jeunes dans la déviance. Imposer à des générations successives une langue d’enseignement, complètement déconnectée de leur environnement maternel, a constitué un frein à toute communication efficace dans la structure classe.

L’impossibilité de pouvoir  communiquer et s’exprimer en classe, se traduit à la longue par un sentiment de frustration. La perturbation de la classe et la violence contre les autres  deviennent l’unique mode d’expression. C’est dans la logique des choses. Quelle tristesse !

Il est d’une urgente nécessité de rappeler que nous n’avons pas le droit de laisser s’installer à nouveau, un climat de violence et d’insécurité aux abords de nos établissements. Des mesures urgentes s’imposent :

  • Recruter et former en nombre suffisant, des adultes relais qui auront à surveiller et à intervenir à temps pour stopper les conflits ; repérer les jeunes qui s’écartent des normes établies
  • Rapatrier en urgence tous les jeunes enseignants originaires de l’île qui veulent s’investir dans les projets pédagogiques innovants sur le territoire
  • Dynamiser les pratiques pédagogique innovantes sur le territoire
  • Encourager fortement les jeunes pères à se rapprocher de leurs progénitures afin de les accompagner sur la voie de la réussite scolaire.

Je garde espoir que ces quelques suggestions pourront contribuer à faire reculer les comportements d’incivilité sur notre territoire. Bien entendu, si elles sont retenues par ceux qui ont la charge de la décision.

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1 commentaire

  1. Et bien et bien… en voilà un joli pugilat!!! Moi je dirais plutôt que le malaise social et intercommunautaire de notre « friendly island » est latent, sous-jacent depuis tellement longtemps qu’il faut bien qu’il se traduise d’une façon ou une autre… L’évolution statutaire de notre île ne lui fait pas de bien financièrement et les seules industries locales, pourvoyeuses d’emploi et de fond sont principalement la COM et la CAF… Mais jusqu’à présent, et depuis 30 ans, je n’ai jamais entendu, vu ou constaté que des actions étaient menées pour améliorer le « vivre ensemble », le bien-être de sa population, l’éradication des marchands de sommeil qui ont repris encore plus vivement leurs activités après Irma!!!
    Pour en avoir subi les désagréments depuis un an au sein de mon association, les enfants et les jeunes sont de plus en plus instables depuis Irma, et oui… ils sont irmatisés! Pourquoi? parce que toutes les situations déjà précaires avant le cyclone sont devenues invivables depuis… logements insalubres, perte d’emploi pour ceux qui en avaient, et problèmes en chaînes déballés en famille!!! Comment voulez-vous qu’ils s’y retrouvent?!!! et je ne parle pas des P… de jeux vidéos dont le célèbre Fortnite qui les rend complètement débiles et addicts…
    Depuis 30 ans que je suis là, on n’a pas été foutus d’installer un misérable toboggan… et plus… et on se préoccupe de la jeunesse quand elle pose problème!! il faudrait peut-être arrêter de nous prendre pour des dindons et passer à l’action sans faire obligatoirement de la soi-disant politique!!!

    Ca, c’est pour la première partie de mon constat, la deuxième est la suivante: effectivement, l’éducation nationale et l’école républicaine sont en pleine Bérésina!!! Mais quand on n’arrive pas à apprendre une langue correctement aux enfants, comment leur en faire apprendre 2 ou 3 et à fortiori 4!!! Car, accrochez-vous, le créole Guadeloupe est devenu obligatoire en 6ème!!! avec quasiment autant d’heure que les cours de français!!!
    Et si on revenait à la raison en leur faisant apprendre les simples bases, les socles du savoir…
    Et Loulou, tu tires sur l’ambulance, mais il me semble que tu en es chauffeur puisque tu es enseignant… alors, si tu te remettais en cause aussi, et faire venir les enseignants saint-martinois n’aura qu’un effet pervers volontairement maîtrisé par l’état ainsi qu’au niveau de la gendarmerie: provoquer du favoritisme, du noyautage, etc… et on n’est pas assez aveugle pour ne pas voir que ça existe déjà… alors pour que ton système fonctionne, il serait judicieux de créer des facs assorties au niveau général, comme ça la boucle est bouclée et on pourra continuer à mentir aux élèves et aux parents sur le niveau réel de toutes nos petites têtes blondes..

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