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Cette artiste peintre ne s’éloigne jamais des frontières, en effet elle est née non loin de celles du Pays de Galles dans le sud-ouest de la Grande-Bretagne, elle expose ses toiles à Porto Cupecoy juste à côté de la ligne de séparation de Saint-Martin et Sint Maarten et l’on peut dire sans se tromper que ses créations sont à la frontière du réel et de l’imaginaire pour certaines d’entre-elles tout du moins. 

Un goût prononcé pour la nature 

Issue d’une famille “middle-class”, elle passe toute son enfance dans la campagne galloise et c’est bien sûr à cette époque qu’elle développe un goût prononcé pour la nature qui ne la quittera plus. A l’âge de l’adolescence, elle montre certains talents artistiques qui la poussent à aller faire ses études à la School Art University de Brighton (l’équivalent de nos Beaux Arts français). Fini la campagne et bienvenue en ville quoique celle-ci est davantage connue pour ses plaisirs balnéaires que pour ses tracas citadins, mais pour Anna, il est hors de question de s’enfermer dans un conformisme britannique qu’elle apprécie déjà fort peu (elle se définit elle-même comme une ‘soft-anarchist’). Alors une fois son cursus universitaire terminé, elle se décide à parcourir le monde, avide de connaissances et de terres à découvrir : l’Australie, l’Amérique du Sud, les Etats-Unis… sont autant d’étapes initiatiques durant lesquelles elle survit grâce à de nombreux petits boulots. Puis un jour, elle va rendre visite à sa sœur qui s’est installée à Saint-Martin depuis quelques-temps, et là c’est le coup de foudre puisqu’elle n’en repartira plus. Nous sommes au début des années 90 et le climat politique en Angleterre n’est pas des plus réjouissants à cause de l’engagement des troupes britanniques dans la guerre du Golfe, sans parler du climat tout court météorologiquement parlant : entre le fog londonien et le soleil des Antilles, y’a pas photo ! Après quelques allers-retours épisodiques pour voir la famille restée au pays, elle finira par convaincre ses parents de venir habiter ici également afin qu’ils puissent rester proches de leurs deux filles.

Rien n’est important que de vivre 

La peinture et le graphisme sont bien entendu au centre de ses préoccupations mais chacun sait que l’art à l’état pur ne nourrit pas son homme (ni même sa femme) et il lui faudra encore travailler à côté pour subvenir à des besoins qu’elle limite au maximum, adoptant bien vite un rythme d’existence caribéen ou rien n’est important que de vivre. Après s’être essayé à brosser quelques portraits d’habitants de l’île, Anna Reed se tourne vers la nature par le biais de la photographie et des techniques graphiques qu’offre l’informatique, ce qui lui permet de se faire une place dans la communication et la publicité dans quelques agences locales. Mais en vivant au quotidien au contact des plantes tropicales, le naturel reprend vite le dessus et c’est en toute logique qu’elle retrouve les toiles et les pinceaux pour immortaliser les paysages qui l’émerveillent chaque jour. Lors d’un long séjour au Pérou elle apprend beaucoup de choses sur les plantes sacrées et leurs pouvoirs magiques, mais aussi sur les modes de communication avec cette nature qu’elle aime tant. C’est une révélation dont elle ne sortira pas indemne.

L’harmonie des espèces et des couleurs 

Le passage de l’ouragan Irma ayant détruit intégralement son atelier et une partie de sa maison, elle s’est remise à l’ouvrage pour redonner vie à ce petit coin de terre aux airs de jardin secret. Elle reconstruit de ses propres mains et son art la motive d’autant plus que sa tendance à la réserve la pousse à privilégier son univers proche. Elle est passionnée par le jardinage au sens large du terme, alors qu’à cela ne tienne, elle plante, elle taille, elle repique sans cesse afin d’obtenir une harmonie des espèces et des couleurs à domicile en quelque sorte, un peu comme Claude Monnet le faisait dans son jardin de Giverny, modelant les massifs sans cesse afin d’y puiser son inspiration. Les toiles d’Anna sont lumineuses et claires comme ses yeux, il faut aller les découvrir au plus vite dans les locaux de l’agence Sotheby’s de Porto Cupecoy, l’entrée est libre et l’on en ressort avec l’impression de porter un regard différent sur ces plantes et cette nature que l’on croise tous les jours sans même leur prêter la moindre attention parfois. Pourtant elles méritent mieux que cela selon Anna Reed qui nourrit d’autres grands projets artistiques que nous sommes impatients de découvrir, mais chut… pour le moment c’est un secret que nous dévoilerons pour rien au monde de peur de briser la magie qui opère lorsque les pinceaux de la dame glissent sur la toile.

Si le bonheur existe, c’est une épreuve d’artiste…

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