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Comme chaque année, le mois d’octobre rime avec sensibilisation au dépistage du cancer du sein. Du 1er au 31 octobre 2019, des manifestations de toutes sortes sont ainsi organisées partout en France et dans le Monde. Octobre rose vise à informer, encourager la participation au dépistage généralisé, et à collecter des fonds pour la recherche.

Les chiffres se passent de commentaires

Près de 58 000 nouveaux cas dépistés en France chaque année.

Avec près 12 000 décès chaque année, les cancers du sein sont le 1er cancer chez la femme et ceux qui entraînent la plus grande mortalité.

Dans plus de 8 cas sur 10, ce cancer touche des femmes âgées de 50 ans et
plus. Environ 10 % des cas de cancer du sein se manifestent chez les femmes âgées de moins de 35 ans.

Seulement 5 à 10% des cancers du sein sont d’origine génétique tandis que 50% n’ont aucune cause identifiée.

1% des cancers du sein concerne des hommes.

S’il est dépisté à un stade précoce (c’est-à-dire à un stade peu avancé de la maladie), ce cancer peut être guéri dans 9 cas sur 10.

En Guadeloupe, un taux de mortalité inférieur à l’Hexagone

Saint-Martin faisant, en termes de santé publique, partie du territoire guadeloupéen, c’est vers celle-ci que nous devons nous tourner pour obtenir des statistiques plus locales.

Ainsi en Guadeloupe, on comptabilisait entre 220 et 250 nouveaux cas de cancers en 2017, le cancer du sein étant le cancer le plus diagnostiqué chez la femme. Il est également la première cause de décès féminin (18%) par cancer devant le cancer de l’utérus (11%) et le cancer du côlon-rectum (11%).

Sur la période 2010-2014, le cancer du sein a été responsable du décès de 52 Guadeloupéennes, en moyenne, par an, ce qui représente une sous-mortalité par cancer du sein de 20% par rapport à l’ensemble de la France. La Guadeloupe est donc la sixième région de France présentant le taux de mortalité par cancer du sein le plus bas sur la période 2010-2014.

Un seul mot d’ordre, le dépistage !

On ne le répétera jamais assez : détecté à un stade précoce, le cancer du sein peut être guéri dans 9 cas sur 10 ! C’est la raison pour laquelle l’accent est mis sur cette étape indispensable mais pourtant encore trop souvent négligée. Ainsi, si depuis 2004, les pouvoirs publics ont mis en place un programme de dépistage gratuit pour toutes les femmes de 50 à 74 ans, seule la moitié des Françaises concernées y ont participé en 2019.

Ce taux est très similaire en Guadeloupe puisque 49,5 % de la population cible y a bénéficié du dépistage organisé du cancer du sein. Mais les disparités sont importantes selon les territoires : alors que dans la majorité des communes guadeloupéennes, plus de la moitié des femmes invitées à se faire dépister répondent favorablement, le taux de participation tombe à 31% à Saint-Martin et à 23% à Saint Barthélemy.

Appréhension du résultat, manque de temps, méconnaissance, mauvaise communication, le risque de surdiagnostic lié à cet automatisme… peu importe les raisons de la défiance, la route est encore longue, en particulier dans nos collectivités.

En attendant… Palpez-vous !

Crédit Photo : Ligue contre le Cancer

La question se pose pour les femmes de moins de 50 ans qui ne bénéficient pas de cet accompagnement public automatique au-delà de la consultation de prévention instaurée en  2017 et destinée à sensibiliser les femmes de 25 ans à l’intérêt de dépistage et prise en charge à à 100% par l’Assurance maladie dès le 1er janvier 2018.

Pendant que les professionnels s’interrogent quant à l’opportunité d’un suivi personnalisé en fonction du risque de chacune (antécédents familiaux, hormonaux, hygiène de vie, etc.) qui systématiserait notamment les mammographies dès 40 ans le cas échéant, une palpation par un professionnel de santé une fois par an est également recommandée dès 25 ans tout comme l’autopalpation est fortement recommandée en cela qu’elle est la manière la plus simple et rapide de détecter d’éventuelles anomalies et déclencher ainsi la consultation médicale. Parce que le cancer n’attend pas le nombre d’années, une fois par mois, après les règles et selon des techniques largement détaillées et illustrées sur la toile… Telles sont donc les recommandations de bon sens qu’Octobre Rose entend promouvoir entres autres car s’épargner l’épreuve de la maladie vaut bien une petite palpation mensuelle mais celle-ci ne peut en aucun cas se substituer à une visite régulière (au moins annuelle) chez le gynécologue ou médecin.

Quels que soient le vecteur, les moyens, les motivations, les modalités, le dépistage est sans conteste la clé de la lutte contre le cancer du sein, nous avons en France la chance de bénéficier d’un système et de parcours de santé que beaucoup nous envient. N’hésitons pas en ce mois rose à le solliciter plus que d’accoutumée en faveur de la santé de nos seins.


 Niveaux de risque : quel dépistage, pour quelle femme ?

Les deux principaux facteurs de risque de cancer du sein sont le fait d’être une femme et l’âge. 

Niveau de risque “moyen” : Si vous avez entre 50 et 74 ans et que vous ne présentez aucune histoire personnelle ou familiale concernant cette maladie, ni symptôme pouvant évoquer un cancer du sein, votre niveau de risque est considéré comme “moyen”. Le programme de dépistage organisé vous est alors recommandé.

Niveau de risque “élevé” : Il s’agit des femmes qui ont des antécédents de cancer du sein, de l’utérus et/ou de l’endomètre ou certaines affections du sein ou qui ont été exposées à une irradiation thoracique à haute dose avant l’âge de 30 ans. Si votre niveau de risque de cancer du sein est considéré comme “élevé”, une surveillance spécifique vous sera proposée suivant votre situation et votre âge. Vous n’êtes alors pas concernée par le programme de dépistage organisé du cancer du sein, même si vous avez entre 50 et 74 ans.

Niveau de risque “très élevé” : Certaines prédispositions génétiques, notamment les mutations familiales BRCA 1ou BRCA 2, exposent les femmes qui en sont porteuses à un risque dit “très élevé” de cancer du sein. Celles-ci doivent être prises en charge d’une façon spécifique, avec une surveillance clinique dès 20 ans et radiologique dès 30 ans. 

Pour toutes les femmes : Un examen clinique des seins (palpation) une fois par an est recommandé à toutes les femmes à partir de 25 ans, quel que soit leur niveau de risque.

Depistage_des_cancers_du_sein_s_informer_et_decider_mel_20170913

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