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Effet Domino, Yin et Yang, Black & White… les différences entre ces deux filles-là sont flagrantes, mais bien des points communs les rassemblent, et c’est ça leur(s) raison(s) d’être.

Tout d’abord, il ne faut pas se fier aux apparences : même si elle est issue de l’union entre deux antillais pure souche, Virginie est née en région parisienne où elle a vécu toute sa jeunesse. Quant à Annabelle c’est un peu plus clair (de peau) car elle a passé les premières années de sa vie en Haute-Savoie ainsi qu’à Lyon pour ses études, et bien avant leur rencontre à Saint-Martin quelques points communs avaient déjà pointé leurs nez. 

En effet, ces enfants des 80’s sont toutes les deux des linguistes hors pair et passionnées de musique, mais dans des styles bien différents ; le R’n’B et la soul pour Virginie, alors qu’Annabelle est davantage pop-rock, voire carrément classique et même un peu jazz parfois. 

Les rêves d’enfant des deux petites filles montrent quelques similitudes, comme devenir chanteuse, mannequin ou musicienne dans un grand orchestre, mais ce ne sont que des rêves et le moment venu elles entament chacune des carrières professionnelles où elles seront tour à tour prof’ de langue, mannequin, formatrice, miss, modèle, mais surtout chanteuses et musiciennes à leurs heures perdues. 

Naissance d’un duo 

Annabelle est issue d’une famille où tout le monde joue d’un instrument, alors elle fait partie d’une chorale dès l’âge de 5 ans et le virus de la musique ne la lâchera plus jamais ; à 14 ans elle attrape une guitare et quelques années plus tard elle suit une formation pour devenir chef de chœur. 

Pour Virginie, le parcours est un peu différent puisqu’à Paris elle participe à des séances de studio où elle prête sa voix pour divers enregistrements, puis en 2008 elle remporte un concours de chant, sort un CD et intègre le groupe Youth Waves dont la renommée n’est plus à faire à Saint-Martin. 

Arrivée sur l’île en 2005 avec son compagnon de l’époque, elle s’y est tout de suite sentie chez elle, tout comme Annabelle 10 ans plus tard débarquant elle aussi avec sa petite famille pour suivre un conjoint qui est reparti depuis, mais peu importe les histoires de famille et vive la nouvelle vie sur la Friendly Island. 

Au fil des soirées Virginie et Annabelle se croisent parfois, là où la musique est bonne, là où on chante, que ce soit dans les karaokés où dans les bars où se produisent les musiciens locaux, et puis le hasard faisant toujours bien les choses, elles ont fini par se parler entre un couplet et un refrain, et elles se sont découvert des points communs et surtout des envies communes.

Pas de problème d’égo

Annabelle s’était investie dans le projet ‘Charlie par Chœur’, Virginie faisait un break avec son groupe tout en attendant la naissance de son deuxième enfant, et toutes les deux aspiraient à un peu de calme et de tranquillité musicalement parlant (car quand on est mamans de petits enfants, le calme et la tranquillité, on oublie), c’est ainsi que l’idée d’un duo s’est imposée d’elle même. 

Pas évident pourtant, car Virginie a une voix très soul qui tire vers les graves alors qu’Annabelle est soprano, d’ailleurs cette dernière avoue avoir un répertoire pas franchement actuel ni trop francophone, au contraire de Virginie qui écoute les derniers tubes en dansant devant la télé. 

Bien décidées à s’associer pour partager les plaisirs de la scène, elles mettent alors leurs playlists en commun et finissent par trouver un équilibre musical au sein duquel leurs univers vont s’apprivoiser et s’entrelacer pour obtenir un résultat tout aussi inattendu que bluffant. 

Il faut les voir sur scène pour comprendre cette curieuse alchimie : Annabelle à la guitare qui donne le ton et le rythme, Virginie vire-voletant autour du micro et créant une interaction avec le public pour que finalement leurs deux voix n’en fassent plus qu’une, car il n’y a pas de problème d’ego au sein du duo, et pas de leader non plus, juste une grande complicité entre deux artistes, c’est ça Avocado Pie. 

De la musique “comestible”

Tiens d’ailleurs, pourquoi Avocado Pie ? Tout simplement parce que l’avocat c’est le péché mignon de ces filles gourmandes de musique, gourmandes de la vie et de tous les plaisirs, parce qu’elles font de la musique “comestible” ont-elles avoué. 

Hé oui ! quand on chante dans les restos, il faut que le son soit en accord avec ce qu’il y a dans les assiettes ; peu de musiciens ont compris que les décibels en trop grand nombre ne font jamais bon ménage avec les saveurs d’un dîner entre amis. 

La musique acoustique d’Avocado Pie se déguste et s’apprécie comme un fruit mûr et sucré, et peu importe si quelques malpolis oublient d’applaudir à la fin du set, Annabelle et Virginie s’en moquent car chaque soir elles jouent et chantent pour le fun en déroulant un répertoire qui peut parfois surprendre, mais qui évolue sans cesse et qui ne laisse personne indifférent. 

Avocado Pie est une expérience musicale à vivre, à consommer et à renouveler sans modération. 

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