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Certains le connaissent à cause de ses faits d’armes aux urgences, d’autres associent son nom à la télémédecine, voici quelques facettes inédites de Laurent Barbiot, un belge qui se respecte

Né à Mons en 1964, Laurent Barbiot a vécu au sein d’une famille de classe moyenne avec une mère au foyer et un père qui travaillait dans les charbonnages. 

Après une scolarité sans problème, il se dirige spontanément vers des études de médecine et il passe ses années de fac sans fournir trop d’effort, ni sans trop faire la fête. “J’ai surtout regardé les autres travailler et s’amuser” avoue-t-il d’un air satisfait. “Puis je suis parti faire mon service militaire en Allemagne où j’ai fait mes premières armes en tant que toubib, en 1990” (l’année nonante pour les puristes NDLR).

Bref sa route est toute tracée, mais il va emprunter des chemins de traverse qui vont pimenter son parcours : un beau jour, il croise dans une réception un serveur sénégalais qui lui vante les mérites de son pays tout en lui expliquant la misère sanitaire qui y règne depuis toujours, Laurent ne fait ni une ni deux et part aussitôt pour Dakar avec deux valises remplies de médicaments. Ce premier contact avec l’Afrique va le marquer à jamais, et il n’aura cesse d’y retourner pour d’autres missions pas toujours en rapport avec le domaine médical d’ailleurs (voir ci-dessous). 

De retour au pays, il entre à l’Institut des Médecines Tropicales d’Anvers où il travaille jusqu’en 1995 tout en donnant régulièrement de son temps à des ONG. 

Real World Music 

De nombreux allers-retours et séjours en Afrique de l’ouest font qu’il s’imprègne chaque fois davantage de cette région du monde, qu’il en adopte les codes, les coutumes et qu’il découvre ses musiques, ses chants et ses danses car au fond de lui, Laurent Barbiot sent vibrer une petite fibre artistique qui va finir par éclore au grand jour. 

La world music est en pleine explosion et notre homme va s’y plonger corps et âme en se lançant dans la promotion de ces fameuses musiques du monde que plus personne n’ignore. Le nouveau millénaire vient tout juste de commencer, et le voilà qui crée une émission de radio appelée “Real World Music” sur une station bruxelloise.

De cette époque il garde le souvenir d’avoir croisé de nombreux artistes kabyles, rwandais, martiniquais et des célébrités comme Arno, Youssou N’Dour ou Joseph Arthur qu’il vénère encore aujourd’hui, mais ce dont il est le plus fier c’est d’avoir collaboré quelque temps avec Peter Gabriel, le fondateur et ex-leader du groupe Genesis… on le serait à moins. 

La musique restant une passion qui ne permet pas toujours de se nourrir correctement, Laurent fait plusieurs métiers : “J’ai même travaillé dans une banque” dit-il en souriant, avant d’ajouter “mais une banque du sperme…”

Les Antilles entre Afrique et Belgique 

Une fois de plus c’est lors d’une soirée entre amis qu’il rencontre par hasard celle qui va devenir sa compagne et la mère de ses enfants. Une fois remis de ce coup de foudre mutuel, les deux amoureux font leurs valises pour fuir la morosité de la vieille Europe en direction de terres plus accueillantes. 

Les voici qui s’embarquent tout d’abord pour la Martinique qui semble être un bon compromis entre l’Afrique et la Belgique, et où Laurent va travailler au service pédiatrie de l’hôpital de Fort de France de 2003 à 2006, puis ils font une tentative sur l’île de la Réunion mais rien ne les satisfait si ce n’est une rencontre avec le célèbre musicien local Danyèl Waro. Ils repartent aux Antilles, s’arrêtent en Guadeloupe pour finalement atterrir à Saint-Martin où ils comptent bien poser leurs valises une bonne fois pour toutes. 

Laurent Barbiot n’est pas homme à se laisser entraîner dans un quelconque rythme routinier, ce qu’il lui faut c’est de la nouveauté et des challenges. Alors en 2012, il effectue à Saint-Martin la première consultation en télémédecine, l’idée fera son chemin mais dans l’immédiat personne ne le suit et c’est de Marie-Galante que viendra le salut. En effet, on l’appelle pour qu’il y crée la première salle de consultation qui va permettre d’exercer la médecine à distance grâce aux  télécommunications. 

Médecine d’urgence Vs Médecine douce 

Laurent toujours en poste à l’hôpital de Saint-Martin où il continue d’assurer sa mission au sein du service des urgences, et il faut le voir s’occuper des patients avec une gentillesse, une patience et une disponibilité sans pareil, sautant dans l’avion sanitaire pour une évacuation vers la Guadeloupe à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Il ne compte ni son temps ni ses rares heures de sommeil, sans pour autant perdre ses moyens et en gardant son calme et son éternel sourire en toutes circonstances. 

Passionné par son métier, il reconnaît volontiers que les Antilles sont un champ d’apprentissage exceptionnel, ne serait-ce que par leur dimension humaine, et aussi parce que lorsque l’on travaille aux urgences, on y fait des rencontres d’une intensité incomparable.

Depuis quelques mois, Laurent Barbiot s’est extrait de ce service pour se consacrer à nouveau à la télémédecine, à plein temps cette fois-ci, pour dit-il “passer de la médecine dure-gence à la médecine douce qui devrait-être synonyme de bien être… dans un monde idéal”. 

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