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Lors du Conseil d’administration de Metimer du 02 octobre 2019, les membres du Conseil d’Administration ont exprimé leur inquiétude face à l’enlisement de la situation post-Irma+2ans.

Il est essentiel que les entreprises du nautisme puissent exprimer leurs difficultés aux autorités compétentes, dans le but d’améliorer leur condition de travail. C’est pourquoi Metimer s’est lancé dans l’organisation d’une réunion avec la Collectivité et la Préfecture. Pour cela, un questionnaire a été rédigé par le Président de Metimer et complété par les professionnels du nautisme par mail, téléphone ou en personne lorsque la coordinatrice a pu rencontrer les gérants des entreprises.

A l’étude des questionnaires il est simple de regrouper les doléances et les attentes des professionnels de la mer qui démontrent l’inquiétude dans laquelle ils se trouvent. La lenteur de la reconstruction des infrastructures indispensables à la pratique du nautisme à Saint Martin, que l’on peut développer en 12 points :

Le pont de Sandy Ground : Les professionnels qui dépendent de l’ouverture du pont sont inquiets sur le calendrier des travaux annoncés. Aussi, on se demande si les travaux engagés sans consultation publique sont adaptés aux besoins actuels et à venir du nautisme à Saint Martin. N’était-il pas l’occasion de son élargissement pour recevoir des plus gros bateaux, qui nécessitent des travaux de qualité supérieur pour nos chantiers ?

La Marina Royale : De nombreux commerces sont installés autour du lagon, que ce soit dans le nautisme, la restauration, le prêt à porter, et aucune programmation de travaux même pour un aménagement partiel, aucun projet en cours ne sont annoncés. Peut-on compter sur des places à quai, et une petite capitainerie ?

L’immeuble Auberge de Mer va être démoli prochainement et les commerces doivent se reloger. Concernant le parking Saint-James, des mesures vont-elles être prises pour lutter contre l’insécurité qui y règne ?

Le lagon : Le dragage du chenal traversant le lagon n’est toujours pas effectué, ce qui empêche les bateaux à fort tirant d’eau d’accéder aux chantiers du côté français. La pollution et l’insécurité de navigation dans le lagon sont menaçants pour les riverains comme pour les plaisanciers à cause des nombreuses épaves qui ne sont toujours pas enlevées. Malgré un appel d’offre qui a été attribué et des fonds européens accordés, aujourd’hui, il n’y a aucune date de début et fin des enlèvements et de traitements des épaves. Quelle est la situation actuelle du dossier ?

Marina Fort-Louis : L’établissement portuaire qui a hérité des marinas Royale et Fort Louis, n’a exposé aucun projet de réfection, aucun calendrier pour informer les professionnels de l’avenir de ces marinas et laisse les usagers dans le brouillard pour une gestion saine de leurs activités.

La Marina Anse Marcel : Sa capacité d’accueil est de 30%, quels sont les projets à venir ?

La Marina Captain Oliver : Le passage de Irma l’a détruite à 100% et on est toujours dans l’attente de la clarification de la frontière de l’étang par les deux pays, La France et la Hollande. Le dossier a-t-il avancé ? Les opérateurs peuvent-ils espérer que ce haut lieu du nautisme retrouvera son dynamisme ?

Les institutions : D’une façon générale, le secteur du nautisme souffre d’un manque de considération à Saint-Martin. L’intérêt économique pour l’île est pourtant extrêmement important, et les professionnels souhaitent être consultés par les institutions pour les projets à venir. Qu’en est-il du comité du nautisme qui devait être mis en place par la COM ?

L’investissement : Les sociétés encore en activité, pour la plupart, ont réussi à retrouver leur capacité de fonctionnement entre 50 à 100% mais la clientèle n’est pas au rendez-vous par manque de structure d’accueil. Les chiffres d’affaires de cette année sont en baisse de 30 à 50% anté IRMA. Sans les bilans positifs, les entreprises qui voudront rester, investir, et innover se retrouveront devant les refus des financements bancaires ou aides financières. Pour certaine entreprises, le nombre de salariés s’est divisé par deux.

Les assurances : Les assurances refusent de prendre en couverture les risques cycloniques, les locations de bateaux sans skipper, les structures de certaines entreprises qui doivent s’installer dans les zones inondables.  Celles qui acceptent, pratiquent des augmentations tarifaires draconiennes allant de 30 à 100%, mettant en danger l’avenir de ces structures.

Activités nautiques : Pour les opérateurs des plages, une baisse de clientèle est ressentie due au nombre de chambres d’hôtel réduit depuis IRMA. Pour quand peuvent-ils espérer le retour en activité du parc hôtelier du côté français ?

Aménagement et règlementation des plans d’eau : Orient Bay est la seule zone de pratique du kite-surf sur l’île depuis l’interdiction au Galion. Or, cette zone est très fréquentée surtout en saison. Il faut absolument aménager une zone de décollage afin d’éviter une collision avec les plagistes, et trouver une réglementation qui évite le surnombre de pratiquants inexpérimentés dans cette zone. Le tout doit se faire avec la consultation des professionnels opérateurs locaux.

Coopération : Il n’y a pas de coopération avec les gouvernements voisins concernant le nautisme. Les formalités avec le côté hollandais et Anguilla deviennent un vrai casse-tête pour les opérateurs de day-charter.

Dans une situation aussi critique, les professionnels souhaitent un peu plus de « souplesse » de la part des institutions. Surtout, nous voulons être informés des projets à venir, et d’avoir un calendrier pour toutes nos interrogations. Les professionnels ont besoin d’être épaulés, rassurés pour croire encore que leurs entreprises survivront et que la prospérité sera de retour. 

Institutions que les acteurs du Nautisme aimeraient rencontrer

  • Mme la Préfète pour organisation et animation de la réunion
  • Direction de la Mer pour les affaires maritimes et les réglementations
  • DEAL pour les installations des bases sur les rives
  • Gendarmerie Nautique pour la sécurité et maintien des règlementations sur l’eau
  • Mr le Président de la COM pour informer et rassurer les acteurs du nautisme
  • La direction de l’ADE pour le développement des entreprises
  • Services Urbanismes pour les épaves, pour les AOT
  • La direction de l’établissement du Port de Commerce pour les marinas et travaux
  • La direction de l’Office du Tourisme pour la promotion du nautisme et événementiel
  • La direction de la CCISM pour les problèmes avec les caisses sociales, les moratoires
presentation du nautisme 2019
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