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La situation interne du Pôle Emploi a tout naturellement imposé au directeur régional de réagir pour permettre à cet outil dont nous dépendons cruellement de retrouver des indicateurs de performance en phase avec ces impératifs.

SMW • Le rapport SECAFI fait état naturellement en conclusion d’une série de préconisations susceptibles de résorber le trouble qui persiste et s’accroît depuis 2016 au sein du Collectif du Pole Emploi Saint-Martin… Quelles mesures la direction régionale a déjà mises en place et/ou mettra en place pour faire face à la situation ?

La Direction Régionale a commencé à agir dès fin 2018 sur certains axes et a intensifier d’autres depuis les conclusions de l’expertise mi 2019.

Les actions s’articulent autour de plusieurs axes :

  • Les moyens :
  • L’organisation de l’agence
  • L’accompagnement dans la mise en œuvre de nouveaux projets
  • L’amélioration de la Qualité de Vie au Travail
  • L’évolution de notre implantation

Concernant les moyens, nous avons renforcé les effectifs dès fin 2018 et nous poursuivons cette action. Nous avons recruté entre autre, une psychologue du travail pour accompagner l’équipe dans la mise en œuvre du Conseil en Évolution Professionnelle. Cette action est d’ailleurs confirmée dans le rapport d’expertise.

Concernant l’organisation de l’agence et son portage des nouveaux projets, nous avons constitué une équipe d’accompagnement pluridisciplinaire qui vient en appui depuis la rentrée l’équipe de direction st martin pour améliorer au final le service aux demandeurs d’emploi et entreprises. Cet accompagnement va se poursuivre jusqu’à fin 2019, début 2020. 

Le temps de cet accompagnement, nous avons différé la mise en œuvre de nouveaux projets qui seront déployés en 2020.

Pour conclure, concernant les conditions de travail, nous avons effectué des premiers travaux d’aménagement en Novembre et nous étudions la faisabilité de créer une deuxième implantation à Saint-Martin. L’objectif : sa rapprocher de nos usagers et faciliter l’accès à nos services.

Je tiens à souligner que les résultats de cette agence s’améliorent en 2019. Les données à fin Septembre démontrent de la qualité du travail de l’équipe de Saint-Martin.

Les engagements de Pôle emploi vis-à-vis des demandeurs d’emploi :

  • Taux de premier paiement dans les délais : 94,5 % ( + 2,9 points par rapport à 2018)
  • Taux de satisfaction concernant les informations sur les sujets liés aux allocations (enquête administrée par l’IPSOS) : 72% (+8,1 points par rapport à 2018) 

Les engagements de Pôle emploi vis-à-vis des demandeurs d’emploi :

  • Taux d’accès à l’emploi durable 6 mois après la fin d’une formation financée par Pôle emploi : 28,7% (+ 19,2 points par rapport à 2018)
  • Taux de satisfaction des demandeurs d’emploi concernant le suivi dont ils bénéficient (enquête administrée par l’IPSOS) : 76,4% (+5,9 points par rapport à 2018)

SMW •  Vous n’êtes pas sans savoir que Saint-Martin a su faire valoir ses spécificités au niveau national, démarche matérialisée en 2007 avec l’évolution statutaire. Le rapport pointe régulièrement l’inadaptation supposée des décisions prises par la direction régionale au point qu’il n’est pas illégitime de s’interroger sur une volonté locale de s’autonomiser de la Guadeloupe. Est-ce un schéma réaliste ?

Votre question s’appuie sur une constat de l’expertise fondé sur des verbatim sans jamais illustrer ces propos par des éléments factuels. Il aurait été intéressant d’illustrer par des exemples ce constat.

Je suis d’autant plus étonné de cette remarque que nous développons à pôle emploi Guadeloupe et Iles du Nord, une dynamique de marges de manœuvre pour développer une offre de service adaptée au territoire.

Cette dynamique est confortée et renforcée par le nouveau plan stratégique de Pôle emploi qui vise à simplifier les cadrages nationaux pour donner un maximum de marges sur le terrain.

En conclusion, oui, il est réaliste de donner plus de marges aux équipes locales pour être plus efficace au quotidien. Ces adaptations devront être évaluables pour nous permette de les pérenniser lorsqu’elles apportent des résultats.

SMW •  Les statistiques produites dans le rapport sont assez alarmistes alors que le taux de chômage à Saint-Martin fait partie des plus élevés à l’échelle nationale. Le territoire est aussi en prise à un moment d’une rare complexité à l’échelle de son histoire avec la reconstruction, la versatilité du marché du travail etc… De plus le Pole Emploi dispose aujourd’hui d’un avis consultatif dans la procédure d’attribution des permis de travail aux étrangers assumée par la Collectivité. Est ce qu’avec ces trois points et face aux constats dressés par le rapport, le dimensionnement et l’expérience globale du Collectif de l’Agence de Saint-Martin sont à la hauteur des défis ?

Au troisième trimestre 2019, à Saint-Martin, le nombre de demandeurs d’emploi tenus de rechercher un emploi et sans activité s’établit en moyenne sur le trimestre à 4080. Ce nombre augmente de 0,9 % sur le trimestre (soit + 35 personnes) et 1,2 % sur un an. Ce n’est effectivement pas une tendance favorable et nous devons amplifier en 2020 nos actions de qualification pour répondre aux défis des besoins en compétences du territoire.

Nous bénéficions pour cela des budgets du plan d’investissement des compétences ( + De 7 millions d’euros jusqu’en 2022 pour la partie ETAT).

Pour cela nous avons lancé 7 nouveaux marchés formation qui ont fait l’objet d’un appel d’offres au niveau national et qui sont traités actuellement en Guadeloupe (cotations) pour garantir une parfaite neutralité.

Nous avons également lancé un nouveau dispositif pour faciliter le formation dans l’entreprise et par l’entreprise : Le Parcours TPE.

Le principe est simple : Plutôt que de chercher le candidat idéal qui maîtrisent l’ensemble des compétences attendus ; la TPE fait le choix de prendre le candidat le plus proche et de le former pour les dernières compétences manquantes. Le parcours dure entre 401 heures et 800 heures et bénéficie d’un niveau élevé de couverture des frais de formation (jusqu’à 20 euros de l’heure). Nous rémunérons le futur salarié à hauteur de 80% du SMIC mini. Ce nouveau dispositif doit permettre de fluidifier les recrutements en développant les compétences des futurs salariés.

Au final, ces différentes mesures doivent nous permette de diminuer les Introductions de Main-d’œuvre étrangères. Nous avons effectivement un avis consultatif et nous l’utilisons. Lorsque nous avons des candidats disponibles avec l’appui de ces dispositifs, nous formaliserons un avis défavorable à ces IMOE.

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