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De la Bolivie à Hong-Kong, en passant par l’Algérie, le Liban, l’Irak, le Chili, gronde la colère populaire, rejetant les institutions et un pouvoir autocratique souvent canonique.

Faute de fondements moraux et culturels, les sociétés modernes craquent

Ces mouvements de révolte démontrent  dans le monde actuel où prime l’information qu’aucun peuple n’accepte la soumission, la sur-règlementation, et la répression…

Les régimes totalitaires, quels que soient leur essence et le système, finissent par sombrer.

La liberté, l’exercice de la liberté, restent au cœur de l’homme…

Mais, ce rejet, ce refus, cette contestation, n’affectent pas seulement les régimes totalitaires, mais aussi, nos modèles occidentaux réputés démocratiques.

Ces “révoltes” prennent forme différemment, comme le mouvement des gilets jaunes, mouvement spontané au départ, qui rejette le politique et l’organisation de l’Etat !

Cette révolte s’exerce aussi par la montée des extrémismes de droite ou de gauche, du populisme, en France, Allemagne, en Italie et parfois en Espagne.

Nous subissons le même mécanisme de rejet ou de défiance qui naît de la paupérisation économique et culturelle concomitamment à une affirmation forte de la technocratie institutionnelle.

Cette nouvelle construction ou conception de la société ne se fonde pas sur les valeurs morales, de solidarité et de liberté, mais sur la liberté de consommer…

Saint-Martin n’échappe pas à cette tendance mondiale

Croire que notre petit territoire échappe à cette logique, constitue une erreur.

Plus que dans tout autre territoire, les conditions d’un mouvement populaire ou d’un rejet des institutions, existent.

Quel espoir, quel avenir, quelle perspective, sommes-nous capables d’offrir à la jeunesse de l’île ?

Une grande partie de notre population se trouve en situation d’échec, voir d’exclusion, de chômage, etc.

Ce constat s’est conforté par l’absence d’infrastructure, d’une politique d’aménagement et de logement.

L’accumulation des facteurs d’exclusion, crée l’insécurité, l’incivilité, le communautarisme, voire le racisme, la négation du système, voire du concept de nation…

Dans cette configuration, le retour à une société organisée, démocratique et le retour à l’ordre, ne s’effectuent pas simplement par la répression, mais requièrent avant tout le dialogue, la construction d’un modèle social, qui privilégie l’éducation, la formation, l’accès à l’emploi et à la propriété.

Ce n’est pas l’augmentation des forces de police qui réduit l’insécurité ou les incivilités, mais le système éducatif, associatif et économique.

Des débats vides de bon sens

Or ce débat reste totalement absent du discours politique ou du projet de développement…

Le traitement de la souffrance sociale et de l’exclusion, ne s’inscrivent que très partiellement dans les objectifs politiques.

Or, il s’agit de la première mesure à mettre en œuvre mais qui ne consiste pas à développer un simple système d’assistance, mais à amener l’individu vers la citoyenneté. 

Utopie, mais obligation impérative, si nous voulons créer les conditions d’un vrai développement et d’une intégration de toutes les communautés.

Nous sommes loin du Liban et du Chili, néanmoins, les mêmes causes produisent les mêmes effets.

A ne pas vouloir traiter, ne pas vouloir analyser, prendre en compte les dysfonctionnements de notre société, se crée ou se cristallise un mécanisme de rejet qui aboutit généralement à la crise ou la révolte populaire.

Il faut avoir le courage de la lucidité pour ouvrir et engager ce débat ou ce large travail de reconquête sociale du territoire.

Ce projet ne se réalise qu’à travers le système éducatif, les associations, les organismes de culte, le retour des partis politiques et l’engagement militant.

La vie et le fonctionnement politique d’une société ne s’effectuent pas par les discours d’une organisation !

La démocratie et le débat politique nécessite la diversité d’opinion, la diversité politique, l’existence d’une majorité et d’une opposition, car ce n’est pas l’échéance électorale qui constitue une fin, mais le projet qui porte l’organisation solidaire.

Ne soyez pas sourds aux messages du peuple…

Un mouvement social n’est que la traduction d’une espérance, d’un espoir, d’une volonté de reconstruire…

Ignorer ce message, nous amènera progressivement à la violence et à l’affrontement.

Le cri de la liberté traverse les siècles, traverse les murs, bouleverse nos certitudes, brise tous les pouvoirs, pour tous les peuples.

Lorsque nous aurons à nouveau indiqué ces valeurs, mis en œuvre la construction  d’un projet de société, le citoyen ou les citoyens, reviendront dans la vie politique et institutionnelle.

Tous les partis politiques, en métropole ou à Saint-Martin, ont totalement oublié cette vérité.

Rappelons en conclusion, cette phrase de JFK :

“Ceux qui rendent une révolution pacifique impossible rendront une révolution violente inévitable.“

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