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Mesdames et Messieurs les vice-présidents,

Mesdames et messieurs les conseillers territoriaux,

Monsieur le Président du CESC (ou son représentant),

Mesdames et messieurs les membres de la presse,

Cher public, ici présent ou sur les réseaux sociaux,

Avant d’entrer dans le vif des sujets prévus à l’ordre du jour de ce conseil, permettez-moi d’évoquer trois réalisations importantes pour la relance économique de notre territoire.

En effet, au-delà de l’agitation médiatico-judiciaire, notre institution et l’ensemble des élus ici présents continuent de travailler pleinement dans l’intérêt de notre île et de notre population.

Pas plus tard que mercredi dernier, le conseil exécutif a voté une délibération visant à approuver le projet de reconstruction et de réhabilitation de la marina Fort Louis de Marigot.

Comme vous le savez, la Collectivité a repris la gestion de cette marina depuis le 1er janvier 2019.

La délégation de service public à la SEMSAMAR ayant pris fin sans que les travaux de reconstruction n’aient été réalisés, la Collectivité a pris la décision de lancer la rénovation complète de cette marina.

Je rappelle que le vieillissement des équipements et des infrastructures de la marina Fort Louis nécessitent aujourd’hui d’engager de gros travaux de réhabilitation. Et notamment depuis le passage de l’ouragan Irma qui a fini d’endommager les structures.

J’ajoute que dans ce contexte de redémarrage de notre économie touristique, il est primordial à mes yeux de réaliser ces travaux rapidement, et de répondre, par la même occasion, aux problématiques d’accueil des plaisanciers et de sécurité de nos marinas.

Voilà pourquoi la collectivité a décidé d’engager la somme de 5 M€ dans la réalisation de ce chantier d’envergure.

Le conseil exécutif a également approuvé le plan de financement de ce programme pour lequel nous solliciterons les crédits de l’Etat à travers le contrat de convergence, en cours de négociations : ce document, que je veux ambitieux, équilibré et loyal, devrait être signé avant la fin de cette année, du moins je l’espère.

Ce grand chantier de la marina comprend les études et la maîtrise d’ouvrage, les travaux d’infrastructure, les travaux de remise à niveau des réseaux électriques et de l’éclairage public, depuis la promenade du centre commercial le West Indies jusqu’au parking de la jetée.

Il est également prévu de rénover la capitainerie, le Yacht Club, le revêtement et l’éclairage de la grande jetée.

Les études et la sélection des entreprises ont déjà été effectuées pour la première phase de travaux et le chantier vient juste de débuter. Il sera entièrement terminé en septembre 2020.

Pour conclure sur ce thème, je veux rappeler que nous avons aussi engagé d’importants travaux au niveau du Pont de Sandy Ground, pour un montant global de 1.6Million d’euros.

Cette structure installée au début des années 90 arrive en fin de vie et nécessite une réhabilitation complète pour assurer une circulation plus fluide et la parfaite sécurité des usagers.

La première phase de travaux s’achèvera le dimanche 19 janvier 2020 ce qui permettra de rouvrir le pont au trafic maritime à partir du lundi 20 janvier. Cette phase n’affecte que la circulation maritime.

La seconde partie des travaux, qui impactera cette fois la circulation maritime et terrestre, sera réalisée du 3 au 23 avril 2020. Le pont sera opérationnel après cette date.

Nous avons pris la décision de réaliser une bonne fois pour toutes la réhabilitation complète de cet édifice et une maintenance adéquate de la structure.

Nous prenons nos responsabilités, contrairement à ce que certains insinuent, et nous investissons sur le long terme, pour l’avenir des Saint-Martinois.

Avant de passer aux sujets qui nous concernent aujourd’hui, je voudrais rapidement évoquer un nouveau dispositif mis en œuvre par la Collectivité.

Il s’agit de l’opération Mon Beau Commerce.

Ce dispositif financier a été mis en place pour renforcer l’attractivité de Marigot et Grand-Case en accompagnant les commerçants du centre-ville de Marigot et du boulevard de Grand-Case, qui souhaitent rénover et sécuriser la devanture de leur commerce et réhabiliter leur enseigne commerciale.

« Mon beau commerce » consiste donc en une participation sur l’investissement pouvant aller jusqu’à 8000 € par porteur de projet.

C’est une première étape…

D’autres opérations de soutien à nos commerçants et d’autres dispositifs seront prochainement initiés, notamment grâce aux travaux de la délégation au développement économique.

Nous solliciterons également tous les dispositifs publics visant à la réhabilitation des centres-villes ; j’ai d’ailleurs évoqué le sujet, il y a quelques semaines, avec le Directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations, en visite – une première !- sur le territoire de Saint-Martin.

Notre objectif est d’insuffler une nouvelle dynamique commerciale et de renforcer l’attractivité des centres touristiques.

Vous le constatez, nous restons mobilisés sur des actions concrètes pour nos concitoyens, et sur la mise en œuvre de politiques publiques de proximité qui contribuent à l’amélioration du cadre de vie des saint-martinois.

Juste un dernier mot d’actualité : je reviens d’un déplacement de deux jours à Bruxelles, notamment au Parlement européen.

En ma qualité de Président de la Conférence des Présidents des Régions Ultrapériphériques depuis un an jour pour jour, j’ai défendu, avec mes huit autres homologues de Guadeloupe, Martinique, Guyane, la Réunion, Mayotte, Madère, Les Canaries et les Açores, les intérêts financiers des RUP, avec réalisme, détermination et pugnacité.

Ces déplacements et ces responsabilités, sont importants tant pour le rayonnement international de notre Collectivité que pour ses intérêts politiques, juridiques et budgétaires : Nous, Saint-Martinois, ne pouvons plus nous permettre une attitude de « splendide isolement »…

Ces rencontres sont hautement stratégiques et traitent de sujets concrets : la négociation à venir des dotations européennes pour la période 2021-2027.

C’est demain, et les discussions s’annoncent imprévisibles et tendues.

Or, nous sommes inquiets : nous avons l’impression que, pour certains, les Outre-mer pourraient servir de variable d’ajustement ; en d’autres termes, être sacrifiés, délibérément !

Ce serait inadmissible, alors même qu’ici, nous aurons tant besoin de cette solidarité européenne pour parachever notre reconstruction.

Nous avons donc rédigé, tous les présidents des neuf RUP, une Déclaration commune, adressée à la Commission européenne, dont une délégation viendra nous visiter ce lundi à Saint-Martin.

Parallèlement, un courrier d’alerte, signé par les Présidents des Régions françaises, a été adressé au Président de la République.

Nous en avons profité pour renouveler nos demandes d’accession à la qualité d’autorité de gestion des fonds européens et d’obtention d’un Programme propre, c’est-à-dire distinct de celui de la Guadeloupe.

Je vous rappelle que, les 5-6-7 Février prochains, se tiendra, à Saint-Martin, la 24e Conférence des Présidents des RUP.

Ce sera une « première » sur notre Territoire.

Malgré les difficultés, les sarcasmes et les entraves, nous avons relevé le défi !

Et ce sera l’occasion, aux yeux de la France et de l’Europe, de rappeler, politiquement, nos réalités, nos ambitions, nos combats.

Car sans visibilité médiatique à Paris, notre Territoire meurtri de 36 000 habitants sera systématiquement occulté et oublié.

Nous serons donc tous, mes chers collègues, à ce rendez-vous ! 

Pour revenir à l’ordre du jour de ce conseil, nous avons deux sujets, éminemment sociaux, qui doivent être mis en valeur.

  • L’allocation pour l’ouverture des Maisons d’Assistantes Maternelles.
  • Et le sujet, essentiel, du Plan de prévention des risques naturels, le désormais tristement célèbre PPRN.

Le Président a salué les états de service de madame Corinne Hélary-Planchon, DGA de la délégation Solidarités et Familles depuis 5 ans. Madame Hélary-Planchon quitte ses fonctions à la collectivité en ce mois de novembre. Elle a été remerciée pour son implication sans faille après Irma, son professionnalisme et son sens du travail d’équipe.

Le  Président et son Conseil territorial lui souhaite une très bonne continuation dans sa carrière.  

La petite enfance relève de nos nombreuses compétences.

Durant la décennie précédente, concernant la garde des jeunes enfants, nous avons accumulés les retards.

Après le passage d’Irma, ce retard s’est amplifié : de 244 places, nous sommes passés à seulement 158 places en crèche, en micro-crèche et en assistants maternels.

Plus alarmant, certaines structures connaissent aujourd’hui des difficultés et nous les accompagnons activement dans la recherche de solutions pérennes.

De fait, nous faisons face à un problème structurel, aggravé par la trop faible implication, la trop faible présence sur place, de la Caisse d’Allocation Familiales, située en Guadeloupe.

Les modes de garde traditionnellement familiaux ont tendance, ici comme ailleurs, à s’estomper et le recours à des modes de garde encadrés par les collectivités augmente.

C’est un réel souci, un vrai défi, pour restaurer l’attractivité de notre Territoire. Car nous avons un impérieux besoin de faire revenir et venir !- des talents !…

C’est pourquoi je vous propose d’élargir notre offre de garde par la dotation pouvant aller jusqu’à 3000€ par Maison d’assistantes maternelles qui s’installerait.

Ces maisons regroupent jusqu’à 4 assistants et jusqu’à 16 enfants sur un lieu qui n’est pas nécessairement un lieu d’habitation.

Face à cette question cruciale pour de nombreux parents, nous avons le devoir d’utiliser tous les moyens mis à disposition par la loi et c’est ce que nous faisons aujourd’hui en prenant cette décision.

La première délibération que nous avons à examiner, porte, une fois encore, sur le PPRN.

Je vous l’avais déjà dit, je suis ouvert à toute initiative visant à modifier et améliorer ce PPRN.

Car je le répète, nous ne sommes pas opposés à l’amélioration de notre PPRN pour prendre en compte les effets d’Irma, et ceci dans un objectif simple de protection de notre population.

Mais je le redis, nous ne voulons pas de cette version du PPRN, fabriquée dans la précipitation et la confidentialité.

Un document imposé d’en haut, sans écouter la voix unanime des élus de la Collectivité, sans prendre en compte les réalités et les besoins de ce territoire et, surtout, des Saint-Martinois.

Des Saint-Martinois, hélas comme bien souvent depuis plus d’un an, qui se sentent dédaignés, outragés, dépossédés !!

Les conséquences de l’application de ce document en l’état seraient en effet dramatiques pour nous, habitants de Saint-Martin, et pour le maintien des activités économiques de la partie Française de l’île.

Le projet préfectoral, mis en œuvre par anticipation en août, brutalement, au plein milieu des grandes-vacances, conduirait, sans aucun doute, à entraver la renaissance touristique de notre Territoire.

Ainsi, j’ai effectué un recours gracieux le 17 septembre 2019 auprès de la Préfecture sur ce PPRN publié par anticipation.

Je vous rappelle en effet qu’à ce stade, le document définitif n’est pas encore adopté, ce qui nous oblige pour l’instant à ne pouvoir attaquer en justice que l’arrêté du 6 Août, adopté par anticipation.

Plus de deux mois plus tard, en ce vendredi 22 novembre 2019… nous n’avons toujours pas reçu la moindre réponse à notre recours.

Et, en droit administratif, on sait bien que le silence vaut rejet.

Les services de l’Etat local continuent donc leur petit chemin « hors sol », comme si de rien n’était.

« Circulez, il n’y a rien à voir » : l’Etat veille sur vous…et la Collectivité paiera !

Dans ces conditions, la Collectivité a déposé le 13 novembre un recours contentieux devant le Tribunal administratif. Le référé – suspension sera examiné, le 5 décembre prochain, à Basse-Terre.

L’enquête publique s’est déroulée en octobre ; j’ai évidemment reçu longuement les commissaires enquêteurs. Nous  sommes désormais dans l’attente de leur rapport, et de leurs conclusions.

Parallèlement, dans une démarche constructive, bienveillante et inclusive, nous avons mis en place notre propre concertation locale.

Nous avons organisé trois réunions du Comité de pilotage (COPIL) regroupant les principaux acteurs de l’île, tant politiques, qu’économiques et sociaux.

Nous avons tenu 16 réunions des Comités Techniques (COTECH), ouverts au public, où les participants ont pu partager leurs observations et préconisations.

Je suis plus que jamais convaincu – et l’actualité à laquelle nous, élus, sommes confrontés me le confirme – que notre unité sur des enjeux majeurs doit être totale, sincère et durable.

Surtout lorsqu’il s’agit directement du développement économique, de la stabilité sociale et de la cohésion sociétale de notre territoire.

Nous le devons à notre peuple.

Je préfère donc retenir la belle unanimité de notre Conseil Territorial de Juillet dernier.

Nous avons aujourd’hui à adopter une délibération pour entériner ce travail commun, enrichi par des contributions diverses, fort intéressantes, notamment celles des Professionnels de l’Hôtellerie ou du Conseil d’architecture, d’urbanisme et d’environnement de Guadeloupe, le CAUE.

Nous avons remis officiellement notre dossier consolidé de contributions aux commissaires enquêteurs, dans le cadre de l’enquête publique le 31 octobre 2019.

Dans le même temps, les partenaires de cette concertation locale ont également déposé individuellement leurs productions.

Récemment, comme vous avez pu le lire, la Ministre des Outre-mer a avancé l’idée qu’il était certainement nécessaire de donner à Saint-Martin un délai supplémentaire pour améliorer le document…

Dont acte.

Mais cette déclaration de bon sens n’a toujours pas, à ce jour, été suivie d’effet.

Mais, malgré notre vigilance renforcée, nous continuons d’espérer.

Ce que nous demandons, ce sont bel et bien des délais supplémentaires, jusqu’à la saison cyclonique 2020, pour à la fois finaliser une carte d’aléas consensuelle et, surtout, rédiger un règlement d’application du PPRN qui n’obère pas notre avenir, l’avenir des Saint Martinoises et Saint Martinois.

Je vous remercie.

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