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Né vers Dunkerque à la fin des années 80’s, il ne lui aura pas fallu longtemps pour réaliser ses rêves d’enfant et vivre de son art. 

Déjà tout petit, il se voyait évoluer plus tard dans le monde du cinéma ou du spectacle, sa sensibilité de jeune rebelle ne lui permettant pas d’être rangé dans une catégorie standardisée. 

Alors, il se réfugie dans la création avec les seuls moyens dont peut disposer un adolescent de son âge, les arts plastiques et la musique sont ses matières préférées, et il prête peu d’intérêt au reste du système scolaire. 

Rapidement, il devient mannequin, il pose pour des photographes et participe à quelques défilés durant lesquels il est remarqué par une agence qui le booke immédiatement et lui permet de travailler pour une célèbre marque de sportswear, puis tout s’enchaîne et il parcourt la planète allant de fashion-shows en shootings photo, défiant les décalages horaires et les saisons. C’est sa vie jusqu’à 25 ans, mais les premières fatigues se font sentir et il décide de faire un break bien mérité pour souffler un peu. 

Point Break aux Caraïbes

En pointant son doigt sur le globe terrestre, il choisit les Caraïbes et plus précisément Saint-Martin car quelque chose lui dit que c’est ici qu’il pourra s’épanouir sans avoir à subir le stress d’une vie parisienne et mondaine dont il ne supporte plus l’atmosphère. 

A peine débarqué, il est subjugué par l’intensité de la lumière et les beautés noires qui peuplent l’île, les visages qui lui sourient respirent le bonheur et l’authenticité, François réalise qu’il a enfin trouvé un univers qui lui correspond, à l’opposé de ce monde superficiel qui fut le sien auparavant. 

L’appareil-photo toujours aux aguets, il lui faut un peu de patience pour qu’on accepte de poser pour lui, la légendaire pudeur antillaise ralentit un peu ses élans d’artiste, mais à force de persévérance, il obtient finalement ce qu’il veut de ses modèles d’un jour avec lesquels il sait faire preuve de bienveillance. Il avoue travailler avant tout avec le cœur, et le sien est grand comme ça, alors forcément ça marche et après quelques mois seulement, il se permet de tirer des portraits improbables qui vont au-delà de ses espérances. 

Il n’y a qu’à regarder quelques uns de ses clichés pour voir que les sourires de sont pas feints, et l’on va de surprise en surprise en découvrant les visages pris sur le vif d’une palette de personnages hauts en couleurs qui vont de la doudou, au pêcheur en passant par le simple promeneur sur la plage ou même le petit dealer du coin de la rue. 

Love on the beach

En effet, François Castelain ne se donne aucune limite, son atout majeur c’est la sincérité et c’est ainsi qu’il fera évoluer quelques-unes de ses muses comme Isabelle notre fée préférée, qu’il a persuadée d’oublier un peu les clichés papier-glacé pour des poses plus naturelles et authentiques, et le résultat est là. 

Mais sa boulimie de création le rattrape et le voici qui s’engage dans le projet “L’Amour à la Plage” à Grand-Case, un endroit subtil, décalé, où l’art rencontrera l’amour dans une ambiance gourmande et festive, où se réuniront les amoureux de la vie dans un lieu de découverte artistique. 

Pour réaliser son rêve, François a recours au système de financement “crownfunding” ; il atteint son but le 4 Septembre 2017, mais trois jours plus tard, une certaine Irma vient tout balayer emportant avec elle tous ses beaux projets. Ayant tout perdu, il se voit obligé de repartir en métropole, se jurant de revenir à Saint-Martin dès que possible. 

Dépité et triste, il déambule dans le froid hivernal de la capitale lorsqu’un jour, il rencontre Mamadou dans les couloirs du métro qui se laisse photographier sans condition. Les clichés sont examinés par des agences qui ne cachent pas leur intérêt pour le jeune homme qui va rapidement devenir l’égérie d’une grande enseigne de maroquinerie.

L’art de François est alors reconnu internationalement, de New-York à Paris ; Jean-Baptiste Modino s’intéresse à son travail et son nom n’est plus ignoré dans les prestigieuses agences comme Elite, Success ou Ford Models.

Retour à la plage 

Avant de remettre un pied dans un système qu’il sait pervers, il revient à Saint-Martin début 2019, car c’est ici “chez lui”, même si c’est là qu’il a tout perdu. 

Après quelques mois, Gisèle lui propose de collaborer avec lui et c’est comme ça qu’est née l’idée de “L’Amour à la Plage” itinérant, un concept reprenant les idées mises en place deux ans plus tôt mais adaptables à différents lieux. 

Pour le moment, c’est “Chez G’s” à Grand-Case tous les Mercredis soirs que se tient cet after-work festif qui propose un beau mélange de couleurs et de cultures sur fond de cocktails à base de produits locaux et naturels. 

Parallèlement à cela, Denis Thuleau de la galerie Tropismes lui ouvre ses portes afin d’organiser une exposition à la hauteur de son talent,et c’est déjà un succès, ainsi jusqu’au 14 Décembre on peut y admirer de magnifiques portraits capturés entre Saint-Martin, Paris et New-York. 

Mais alors quel est donc le secret de François Castelain pour sans cesse rebondir ainsi ? La réponse vient de l’intéressé lui-même :

“On ne peut valoriser ce que l’on aime qu’avec un regard positif”. 

François Castelain Photography, 29 Novembre 14 Décembre 2019, Tropismes Gallery, Grand-Case, 0690 54 62 59

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