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Alors que l’économie est en berne, que la trop lente reconstruction sclérose l’entrepreneuriat et les projets privés, que de nombreux commerces font le bilan comptable de la crise sociale, certains se demandent comment inverser la courbe du chômage qui atteint localement des records tandis que d’autres, de plus en plus nombreux, pensent à l’exode. A cet égard, l’emploi public (ou assimilé), boosté par la montée en puissance de l’exercice local des compétences, quelles qu’elles soient, représente une voie non négligeable.

Pôle Emploi ? Circulez, y a rien à voir…

Logiquement, toute personne en quête d’emploi se tourne en premier lieu vers Pôle Emploi, qui se qualifie lui-même de “premier acteur du marché du travail en France.”

Ainsi, si “Pôle emploi œuvre au quotidien pour faciliter le retour à l’emploi des demandeurs et offrir aux entreprises des réponses adaptées à leurs besoins de recrutement”, à Saint-Martin, l’offre disponible sur Internet se résume à 28 annonces dont 13 datant de plus de 30 jours, et aucune destinée à des emplois de cadres.

A titre de comparaison, une commune telle que Baie-Mahault (30 000 habitants) en Guadeloupe affiche 264 appels à candidatures. Quant à la page Facebook de l’agence de Saint-Martin, elle alterne les avis de fermeture pour causes diverses et variées et les offres de formations, là encore principalement tournées vers un public pas ou peu diplômé. 

Si la démarche a le mérite d’être peu chronophage, elle dénote cependant soit un inquiétant marasme territorial, soit une non moins inquiétante carence dans les missions de Pôle Emploi sur notre territoire.

A la décharge de Pôle Emploi et pour apporter de l’eau au moulin de la seconde hypothèse, les acteurs institutionnels privilégient souvent d’autres voies de diffusion, plus intimistes lorsque la publicité des offres ne sert qu’à respecter le cadre légal mais que la sélection est déjà faite par exemple, à moins que ce ne soit parce que ces mêmes institutionnels sont bien au fait des méandres et de l’inefficacité de l’agence locale…

Des appels à candidatures circonscrits

Ainsi, la CCI dont la Direction générale est assumée par intérim depuis août 2018, s’est, elle, contentée d’un post sur sa page Facebook et d’une information aux organes de presse pour attirer son “prochain” Directeur/trice générale qui devra “avoir une connaissance du territoire, du fonctionnement institutionnel et être bilingue.” Les candidatures sont à adresser à angele.dormoy@ccism.com avant le 31 janvier 2020, un délai particulièrement court qui restreint le champ des possibles.

Urgence également pour les services de l’Education nationale qui ont aussi choisi la voie de presse pour le recrutement urgent d’un professeur du second degré pour assurer l’enseignement technologique en Baccalauréat STI2D spécialité Architecture et Construction, à Saint-Martin. Les candidats devront posséder a minima un master dans le domaine des Sciences de l’ingénieur et adresser leurs lettres de motivation, CV et copies des derniers diplômes par mail à :

ce.dpes@ac-guadeloupe.fr
et
ce.daasen-idn@ac-guadeloupe.fr
le plus rapidement possible.

Pas de diffusion médiatique par contre pour les services de l’Etat qui souhaitaient renforcer leurs effectifs avec un(e) Chargé(e) de mission développement économique, cadre expert(e) chargé(e) d’une politique transversale de Catégorie A. Les candidats intéressés et répondant aux critères avaient jusqu’au 15/01/2020 pour répondre à cette annonce parue sur le site gouvernemental dédié à l’emploi public, www.place-emploi-public.gouv.fr notamment.

La COM, 1er fournisseur officiel d’emplois

Effet d’une volonté de mieux exercer ses compétences, nécessaire rattrapage quelque peu imposé par la Chambre Territoriale des Comptes dans son rapport sur la gestion de la Collectivité, mise en exergue des besoins par notre contexte post cyclonique ou remplacements liés à la “fuite des cerveaux” vers d’autres territoires ou en interne… les appels à candidatures de la COM se multiplient, un peu en sourdine puisque cette mandature a décidé, pour des raisons que l’on devine aisément, de ne pas recourir aux services de la presse locale pour les rendre publics.

Ainsi, depuis le début du mois de janvier uniquement, sont demandés à la COM :

  • avant le 1er février 2020 (ou mars, selon les versions), un(e) directeur(trice) général(e) adjoint(e) en charge de la Délégation au développement humain en charge de l’Emploi, de l’apprentissage et de la formation professionnelle, Éducation (1er et 2nd degré), Jeunesse, Sports et Vie associative, Action culturelle et de la lecture publique, Développement local. D’après nos informations, ce poste, libéré suite à la mutation de Thierry Gombs aux Services à la population, serait en attente de candidats,
  • avant le 03 mars, un(e) Directeur(trice) de la Fiscalité, Diplômé en droit fiscal (Bac +5) avec une expérience minimum de 3 ans dans le domaine de la fiscalité des collectivités territoriales et une bonne pratique de l’Anglais souhaitée
  • avant le 03 mars, des médecins, Responsable de la Protection Maternelle et Infantile et Coordonnateur des actions de santé, au pôle social
  • au 1er mars, une chargée de mission de formation supérieure (BAC +5), responsable des affaires générales auprès de la DGS. L’utilisation du strict féminin et l’abandon de l’écriture inclusive pour cette annonce seraient-ils des indices ?
  • au 1er mars, un Directeur de l’ingénierie et des services techniques ayant une expérience de plus de 15 ans dans les secteurs bâtiments/VRD et de l’Habitat, notamment spécialisé dans les opérations de rénovation urbaine, projet d’aménagement urbain et rénovation de l’habitat indigne.

A ces offres dont la diffusion a été extraterritorialisée, il faut ajouter un nombre certain d’appels à candidatures internes parmi lesquels un(e) Directeur/trice des ressources humaines, Paul Dollin nommé à ce poste en septembre 2017 ayant hérité d’une mission pour la création d’un centre de gestion territorial. Il serait étonnant que cette direction ne revienne pas à terme à celle qui assistait le DRH et assure actuellement l’intérim.

Faisons semblant d’y croire

L’absence de publicité autour de ces postes et les spécifications de certains devraient nous amener à vous décourager de postuler, mais l’emploi, la préférence locale, le besoin d’ingénierie associée à une bonne connaissance de cet endroit si particulier sont des problématiques si prégnantes et lourdes de conséquences que nous n’avons pu nous résoudre à les passer sous silence. Qui ne tente rien n’a rien…

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