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A l’attention du Ministère des Outremer, de la Préfecture de Région Guadeloupe, de la Préfecture de Saint-Matin et de Saint-Barthélemy, de la Collectivité de St. Martin

St Martin le 15 mars 2020,

Nous sommes tous mobilisés et désireux d’agir collectivement pour traverser cette crise sanitaire inédite, mondiale, dont nous ne savons mesurer ni la durée, ni la portée, ni les effets, en terme social et économique.

Ce que nous constatons, c’est que certains pays prennent d’ores et déjà des mesures économiques hors normes et totalement novatrices pour permettre au pays de ne pas s’effondrer, et aux entreprises à maintenir leur activité, en dépit de l’épidémie.

Nous saluons la réactivité de l’Etat pour mettre en place des outils, et les adapter aux besoins des entreprises, mais ils sont bien insuffisants dans certains cas et pour l’heure non confirmés par écrit et en détail.

La gestion du cyclone IRMA, nous a appris à être réservés quant à une résolution pérenne des difficultés et une réactivité indispensable face auxdites difficultés, malgré les différentes solutions proposées dans un schéma global de réactivation de l’économie.

Nous pensons, à l’instar de ce que d’autres pays ont mis en place, qu’il faut très rapidement mettre en place des effacements de dettes, un déplafonnement de l’activité partielle en terme de niveau d’indemnisation ou de quota d’heures, un fond de compensation des pertes d’exploitation, ect… ; en clair il faut déroger, certes au cas par cas et sur étude des dossiers, aux règles de droit a effet immédiat, pour permettre aux entreprises concernées de ne pas avoir à licencier, ou pire à déposer le bilan.

La réactivité s’impose en urgence. Nos entreprises ont subi trois événements majeurs (irma, décembre 19, coronavirus) dont elles auront beaucoup de mal à se relever.

Aussi nous demandons, en parallèle des décisions nationales, et compte tenu de nos spécificités dont, l’insularité, l’exiguïté du territoire, notre environnement géographique et politique, ainsi que notre forte dépendance à l’extérieur en terme d’approvisionnements, que des décisions spécifiques et adaptées à nos problématiques puissent être prises par la Préfète de St Martin et par la Collectivité de Saint Martin.

Nous traversons différentes crises allant du cyclone Irma, au chikungunya, au refus du PPRN accompagné de ses manifestations, et également au effets de suites liées aux Gilets jaunes avec pour exemple la grève des dockers.

Aujourd’hui, ce que nous nous apprêtons à vivre est du domaine de l’imprévisible et de la catastrophe, et il faut impérativement que la Préfète de St Martin puisse avoir un degré d’autonomie pour pouvoir adapter des mesures ou des outils, réactifs, souples, au cas par cas, pour permettre à nos entreprises de ne pas disparaitre.

A titre d’exemple, un de nos adhérents, dans l’événementiel, employant 10 personnes, vient de perdre 100% de son carnet de commande suite à l’annonce de suppression des événements de plus de 100 personnes.

Si nous n’appliquons que les outils mis en place au national, nos entreprises vont rentrer directement en liquidation.

De la même manière, nos compagnies aériennes locales, qui n’ont pas de moyens de redéployer leur flotte, et la taille suffisante pour résister à quelques mois d’inertie, doit impérativement bénéficier d’un soutien spécifique et allant au-delà des outils existants.

Il ne s’agit pas, de ne pas suivre les recommandations et les décisions gouvernementales, mais bien de demander que l’Etat puisse conférer à la Préfète de St Martin et à la Collectivité une autonomie intelligente de décisions, pour les cas très particuliers que nous commençons déjà à rencontrer.

Nous rappelons que, en théorie, la haute saison s’achève en avril.

Donc, en subissant la fermeture des lieux publics jusqu’au 15 avril 2020, c’est l’arrêt total de l’activité jusqu’en novembre 2020. De simples suspensions de charges ne permettront que des liquidations judiciaires en masse avec le chômage total y afférent.

En espérant que notre demande pourra être prise en compte, et restant à votre disposition pour échanger sur nos propositions,

Bien sincèrement

Michel VOGEL

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