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Les chevaliers de l’Apocalypse sont à nos portes et plus particulièrement le quatrième. A regarder nos multiples chaines de télévision, à écouter nos radios, à lire la presse, à suivre les réseaux sociaux et le déluge des messageries, où toutes les minutes, on nous communique le dernier cas de coronavirus, le nombre de personnes infectées, le nombre de décès, dans un confinement de plus en plus sévère, à suivre cette actualité, notre société va entrer très vite dans un autre cataclysme, celui de la dépression…

Les politiques, les médias, les nouveaux experts et « sachants » créent un monde totalement anxiogène, avec comme seul effet la propagation de la peur : peur du virus, peur du lendemain, peur de l’avenir, peur de nous-mêmes…

Or, cette épidémie, comme d’autres, peut être maîtrisée, gérée avec calme, discipline, en faisant appel à la responsabilité et au civisme des citoyens.

Plus caricatural est le débat ou la polémique quant à l’utilisation de la chloroquine, et de la personnalité du Professeur RAOULT… Le Président de la République a déclaré l’état de guerre sanitaire. Nous sommes en situation de guerre, donc on pratique une médecine de guerre… et ayons le courage de bousculer les protocoles, les schémas bureaucratiques…

A croire que nos éminents experts, que nos sommités médicales n’ont pas connu l’Afrique, l’Asie, ou même la Guyane, quand ils mettent en cause les effets secondaires de la Nivaquine. Ceux qui ont voyagé, sont partis en mission ou ont travaillé dans ces différents pays se sont vus prescrire de la Nivaquine pendant des mois, voire des années et je l’ai moi aussi utilisée sans effets secondaires !

Quant à l’efficacité du médicament, les analyses et expérimentations réalisées en Allemagne et en Chine sont positives…

Il est d’ailleurs assez surprenant qu’une majorité de médecins ou pharmaciens se soient constitués des stocks et les préservent. A croire que les conclusions scientifiques admises dans d’autres pays ne puissent être validées par notre système administratif ! Nous sommes enfermés dans la logique de précaution ou de déni du risque, dans une période de crise, et il faut le courage d’innover.

L’épidémie ne s’arrêtera que lorsque nous aurons développé une immunité collective, et les mesures de confinement ne visent qu’à ralentir la propagation du virus pour éviter l’engorgement des hôpitaux.  

Il faut avoir le courage d’accepter cette logique et mettre en œuvre une protection, voire un isolement des personnes les plus fragiles et à risques… Il s’agit du principe premier de la gestion d’une épidémie.

La crise, l’épidémie, se traduisent malheureusement par des pertes humaines, mais cela ne doit pas nous faire oublier les conséquences de la crise, celles du krach économique, de l’emploi, de la propagation du chômage.

Certes, le Président a annoncé, dans de multiples déclarations, sa volonté de soutenir massivement les entreprises et plus particulièrement les petites entreprises. Nous connaissons la déperdition entre la promesse politique et la réalité des mesures. Saint-Martin a vécu l’expérience après le cyclone IRMA et nous en reparlerons lorsque les mesures seront plus précises. Il reste que les premiers éléments dont j’ai connaissance me laissent sceptique.

La deuxième réflexion, plus philosophique, intervient à la lecture des multiples articles ou déclarations d’éminents penseurs, philosophes, sociologues, etc… Elle porte sur la remise en cause de notre modèle économique, social, voire politique qui aboutira à la construction d’un autre modèle de société qui se profilerait en filigrane, entre  un modèle autoritaire comme celui de la Chine et nos démocraties en déclin !

Je m’interroge parfois sur la lucidité de certaines projections intellectuelles, quelle est l’aspiration populaire en ces temps de confinement ? Il me semble qu’il s’agit de pouvoir travailler,  consommer,  voyager, retrouver une vie normale…

Le confinement ou la crise ne sont en aucun cas révolutionnaires avec une mise en cause du système. Quant aux politiques, faute de n’avoir pu anticiper la crise, alors que ses signes s’étaient manifestés, dans un essai de récupération, ils s’en servent pour assurer leur réélection, notamment aux Etats-Unis.

D’un seul trait, l’Europe et les différents pays ont effacé la règle budgétaire, l’injonction                         de milliards de dettes pèsera donc plus lourdement que l’épidémie, sur la stabilité sociale et politique !

En conclusion, quels seront les effets sur notre territoire ? Le premier est le silence de notre gouvernance locale au-delà des rappels au confinement…

La population se trouve en attente de mesures fortes de nature à répondre aux inquiétudes et désirs d’une économie fragilisée par la catastrophe Irma avec une autre interrogation liée au statut particulier de l’île, qui tiennent compte de notre autonomie fiscale, sur la non application de certaines mesures nationales…

Une clarification de cette situation s’impose en urgence. Il serait temps pour nos élus, et plus particulièrement ceux qui assurent la représentation nationale, de porter ce dossier. Qu’ils se réfèrent aux dix mesures que j’ai avancées dans des articles précédents du St Martin’s Week. Nous devons gérer la crise et ses conséquences collectivement, par notre solidarité, notre engagement, nos capacités à mettre l’Etat et la Collectivité devant leurs responsabilités.

        

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