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Une autre épidémie nous guette pendant cette période de crise, celle du cynisme politique. Différents comportements, déclarations ou mesures ne sont que des supports d’une campagne politique, en France, avant un deuxième tour virtuel, en GUADELOUPE …

Sous son œil…

Les mêmes comportements se manifestent à l’étranger, en Hongrie, en Pologne où l’épidémie devient le motif légitime pour accentuer la restriction des libertés individuelles et instaurer un régime autoritaire.

L’utilisation des nouvelles technologies, triangulation des téléphones, utilisation des drones, permet de renforcer le contrôle du citoyen et le repérage social…

Il n’est absolument pas exclu que ces mesures soient maintenues après la période de crise… et que l’on mette en exergue, comme modèle d’efficacité de la gestion de crise, celui du régime autoritaire et anti démocratique.

C’est l’image que véhicule et diffuse le régime chinois à l’origine du virus qui, depuis le mois d’octobre 2019, avait sciemment dissimulé la gravité de la maladie faisant taire, voire disparaître les médecins ou journalistes.

La Chine… fait plus qu’émerger !

La Chine devient la réponse en matière de maîtrise de l’épidémie et le fournisseur mondial de masques, de médicaments …

Le coronavirus n’aura fait que révéler la modification des rapports mondiaux avec l’affirmation et la prédominance de l’impérialisme chinois, alors que les Etats Unis s’enferment dans l’isolationnisme et offrent le spectacle d’un gouvernement erratique, obnubilé par sa réélection …

La Chine s’ouvre et vient au secours des pays occidentaux, fabriquant des millions de masques, transportés dans des avions russes, les ANTONOV !

Deux Europes… Celle du Sud et l’autre du Nord

Le deuxième point qui m’interpelle, est celui de la fracture européenne, entre les pays du Nord et ceux du Sud.

Il faut d’abord noter que la Suède, les Pays Bas et certaines régions de l’Allemagne ne pratiquent pas le confinement et misent sur la stratégie de l’immunité collective, avec un certain succès.

Le débat économique entre européens traduit la même rupture entre les pays du Sud y compris la France, qui souhaitent mutualiser la dette et les pays du Nord, à l’équilibre voire, excédentaire, considérant que la crise sanitaire ne constitue une régulation budgétaire.

Il faut que les gouvernements des pays du Sud, y compris la France, assument leur gestion et le laxisme budgétaire.

La gestion de crise à la française pour tous les territoires

Il faudrait ensuite anticiper la gestion de la crise en France et dans les départements d’Outre Mer. Je ferai un constat après cette période, mais il existe des évidences … L’Outre Mer paiera un prix plus lourd que la Métropole, du fait bien sûr de l’insularité, mais aussi d’une continuité territoriale mal assurée qui se traduit par une augmentation des prix, des circuits logistiques désorganisés.

L’heure n’est pas à la polémique mais à la solidarité.

La Collectivité plus que confinée !!!

Quant à la gestion locale de la crise, il faut entendre le grand silence de la Collectivité qui laisse l’initiative de la gestion à la représentante de l’Etat l 

A noter, la fermeture historique de la frontière, comme si le virus s’arrêtait à la frontière !

Je voudrais enfin évoquer le cas des nombreux S.D.F. C’est vrai que dans des rues quasi désertes, ils deviennent plus visibles, mais aussi plus vulnérables. Il serait utile que la solidarité s’exerce, mais aussi que la gouvernance puisse mettre en place des possibilités d’accueil, même provisoires

Combien de temps ?

Il faut enfin, et sans concession, s’interroger sur la durée de la crise et les modèles de sortie. Rappeler que le confinement n’a pas pour objet que d’éviter l’engorgement du système hospitalier et que l’épidémie s’arrêtera lorsque 60% de la population sera infectée, à moins que, comme pour le SRAS, elle s’élimine d’elle même.

Selon différentes hypothèses, relevant d ‘une modélisation mathématique, la fin  de l’épidémie pourrait intervenir dans deux mois, avec un taux de reproduction élevé.

La question qui se pose de manière prégnante n’est plus le confinement mais l’organisation et la préparation du “déconfinement”. Car il  sera socialement et économiquement impossible de maintenir une communauté ou un pays dans un statut de confinement total sans aboutir à une situation de tension extrême et  économiquement insupportable.

Dans quels délais et sous quelle forme interviendra le “déconfinement” pour éviter la casse “sociale” et la remise en cause des libertés fondamentales

Il faut que le politique, au-delà des clivages et le corps social aient le courage de ce débat. !

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