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Cela s’est passé ce dimanche 12 Avril 2020 vers 8h00 : 36 femmes et hommes du 33ème Régiment d’Infanterie de Marine (RIMA) basé à Fort de France en Martinique sont arrivés à Saint-Martin à bord du bâteau de la Marine Nationale, le Dumont d’Urville, un peu plus tôt que prévu après 21h00 de mer. Accueillis par le Directeur de l’Etablissement Portuaire de Galisbay, Alberic Ellis, et Sylvie Feucher, Préfète déléguée de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin, les militaires ont pour certains retrouvé le sol de Saint-Martin qu’ils avaient foulé après Irma.

Le Président Gibbs s’est lui aussi fendu d’une visite quelques heures plus tard, d’autant que la Collectivité pourrait bien devenir marraine de ce vaisseau flambant neuf et qui trouve sa raison d’être, même partiellement, dans ce risque cyclonique auquel Saint-Martin a du faire violemment face en septembre 2017 et dont elle n’avait pas encore terminé de panser les plaies lorsque la crise du Covid-19 s’est imposée.

Le déploiement total devrait compter un effectif de 70 personnes et une dizaine de véhicules, la deuxième rotation du Dumont d’Urville devrait se faire le 15 Avril à venir. Notons que le vaisseau avait déjà effectué une rotation il y a quelques jours pour amener les renforts de gendarmerie nécessaires à la mise en application des mesures nationales de confinement.

En amont, une petite équipe était déjà arrivée à Saint-Martin. Une équipe composée de logisticiens, de personnel médical chargés notamment d’effectuer le lien avec la Préfecture et l’hôpital Louis Constant Fleming.

Trois missions bien identifiées pour ce détachement

L’arrivée de militaires sur le sol Saint-Martinois, hors forces de gendarmerie, bénéficie toujours d’une double lecture de la part de la population : sont-ils là pour nous sécuriser ou sont-ils là pour accompagner dans leurs missions les forces de l’ordre ? Deux approches complètement différentes qui ne génèrent pas le même accueil…

C’est certainement complètement conscients de cette dualité que la Préfecture et l’Amiral Jean Hausermann, chef des Armées aux Antilles depuis août 2019, ont tenu à préciser le contour exact des missions confiées à ce détachement important au regard de notre territoire :

  • D’abord, une mission d’assistance aux populations en cette période si complexe. “Nous vous envoyons des bras ! (…) Saint-Martin et Saint-Barthélemy peuvent se sentir un peu excentrés, le détachement va permettre un rééquilibrage du dispositif médical.” a ainsi lancé avec une pointe d’humour l’Amiral
  • Ensuite, et parce qu’il est toujours préférable de prévenir que de guérir, le détachement aura pour mission le déploiement d’un poste médical avancé si toutefois le Centre Hospitalier Louis Constant Fleming devait atteindre ses limites en termes de capacité d’accueil et de prise en charge en termes de réanimations dans la durée.
  • Enfin, le détachement aura aussi pour mission de déployer une hélisurface propice aux évacuations sanitaires rapides. Il faut en effet savoir que l’aéroport de Grand-Case ne permet pas les atterrissages et les décollages de nuit et que l’aéroport de Juliana apparait en cette période de confinement strict “Dutch Side” plus difficile que d’habitude à solliciter. Les hélicoptères de l’armée pourront donc acheminer lorsque nécessaire les patients Covid-19 et autres vers la Guadeloupe et la Martinique.
Je remercie les forces armées, je veux être prête si l'épidémie devait s'aggraver !”Sylvie Feuchter, Préfète de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin

Pour la petite histoire et parce que la psychose est là chez certaines et certains : le détachement du 33ème RIMA arrive à Saint-Martin après avoir respecté une période de confinement qui leur permet de ne pas être vecteur de l’épidémie. Ils arrivent de plus durement équipés des moyens de protections adéquats.

Pas de mission de contrôle de la population, et du respect du confinement par exemple, pour ces femmes et ces hommes venus prêter main forte à Saint-Martin avec le plein soutien de l’autorité préfectorale.

Le détachement occupera ses quartiers dans le hangar dédié aux hélicoptères sur le tarmac de l’aéroport de Grand Case.

Tour d’horizon rapide de nos outils dédiés à la lutte contre l’épidémie de Covid-19

Le poste médical avancé de l’armée pourra être déployé si le nombre de patients atteints par le Covid-19 devait augmenter au point de mettre les ressources hospitalières en difficulté. Son déploiement se fera sur ordre préfectoral et permettra à l’hôpital non seulement d’assumer ses missions “ordinaires” mais aussi de mieux faire face à cette situation extraordinaire.

Un site de confinement est aussi identifié si le nombre de cas ne nécessitant pas une hospitalisation devenait trop important ou trop risqué pour qu’ils soient maintenus à domicile.

Les anciens locaux de la Préfecture, dits “Villa Créole” à Galisbay font l’objet d’une réhabilitation en urgence pour pouvoir accueillir les populations sans domicile fixe dont l’état de santé justifierait un confinement strict. L’association le Manteau de Saint-Martin dans le cadre de ce dispositif lance d’ailleurs un recrutement.

De son côté, l’ARS Guadeloupe œuvre à ce qu’un automate de dépistage puisse venir équiper l’hôpital de Saint-Martin. Dans l’attente, les hélicoptères de l’armée qui feront la navette pour les évacuations sanitaires vers la Guadeloupe et la Martinique fluidifieront aussi l’acheminement des tests.

Le détachement du 33ème RIMA sera lui à Saint-Martin pour une période qui n’est pas déterminée mais qui trouve sa réponse dans la formule consacrée : “autant que de besoin !”.

Ce déploiement est à intégrer dans l’opération “Résilience” tout comme l’est la mobilisation du Dixmude ou Dumont d’urville.

La semaine prochaine, la Préfecture tentera de mobiliser tout ce que le territoire à de ressources et de bonnes volontés autour de la fabrication de masques alternatifs. L’objectif est de pouvoir faire en sorte que leur distribution soit gratuite et coordonnée en priorité vers les publics les plus exposés.

Après le succès de l’opération “solution hydroalcoolique” menée en partenariat avec Rhum Island, la pharmacie de Grand-Case et l’association des Rhumiers de Guadeloupe et de Marie-Galante qui a permis la fabrication de 220 Litres de solutions distribués gratuitement aux publics en “première ligne”, la Préfète a souhaité saluer l’engagement de l’association TILT, de Caraibes Numérique Print et de l’Education Nationale, mobilisés dans la fabrication de visières 3D généreusement offertes aux mêmes publics.

En attendant la find e la crise,

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