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Alors qu’Édouard Philippe doit présenter son plan de déconfinement à la fin du mois, le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a dessiné les contours de son plan de reprise des cours lors une audition en visioconférence face à la commission des affaires culturelles à l’Assemblée nationale ce mardi 21 avril.

Le déconfinement se conjugue au conditionnel

« Progressif et social. Le déconfinement se conçoit étape par étape. J’ai présenté de premières hypothèses devant la Commission des affaires culturelles et de l’éducation » a indiqué le ministre sur son compte Twitter, car il s’agit bien d’hypothèses, de pistes de réflexion qui seront adaptées au fur et à mesure des résultats du confinement que nous vivons depuis le mois de mars.

Inspiré du modèle allemand, qui privilégie le retour en classe des élèves en fin de cycle, le plan français fera l’objet d’une concertation avec l’ensemble des partenaires sociaux et collectivités, les pistes lancées ce matin devant permettre aux collectivités locales de « se préparer ».

Un retour à l’école étalé sur 3 semaines

La première semaine à partir du 11 mai, après une pré-rentrée des professeurs, concernerait certains élèves du primaire (grandes sections de maternelle, CP et CM2), avec une priorité donnée aux élèves en zone REP+ et aux petites classes dans les zones rurales.

La deuxième semaine, à partir du 18 mai , ce serait au tour de l’enseignement secondaire avec les classes de 6ème et 3ème, 1ère et terminale ainsi que les ateliers industriels en lycée professionnel.

La troisième semaine, à partir du 25 mai, « l’ensemble des classes pourraient rentrer. »

Selon Jean-Michel Blanquer, cet échelonnement constituerait une période de rôdage avec pour objectif un fonctionnement optimal au mois de juin… traditionnellement mois de la sortie des classes…

Reprise sous conditions et en souplesse

Progressif mais également sous conditions, la réouverture des établissements scolaires ne sera possible, selon le ministre de l’éducation, que dans le respect de :

  • Mesures sanitaires strictes : des gestes barrières devront être respectés, les écoles devront être alimentées en savon et gel hydroalcoolique. L’obligation d’un port du masque ou de réaliser des tests sera, elle, définie en fonction de la doctrine nationale. « Quand les conditions sanitaires ne seront pas respectées, un établissement ne rouvrira pas », a ainsi assuré Jean-Michel Blanquer.
  • Un plafond de 15 élèves par classe. « L’objectif est de concilier les doctrines sanitaires et pédagogiques. Pour y arriver, l’élève sera dans quatre situations possibles » : En demi-groupe, à l’étude « si la configuration de l’établissement le permet », en activité sportive ou à distance.
  • Une souplesse accordée au corps enseignant. Les enseignants présentant une vulnérabilité quelconque au coronavirus auront la possibilité d’enseigner depuis chez eux, en télétravail.
  • Une certaine liberté de choisir. Ainsi, si une famille ne souhaite pas renvoyer son enfant à l’école, ce sera possible avec l’obligation de suivre l’enseignement à distance.

Enfin, le dispositif « école ouverte », qui consiste à accueillir dans les collèges et les lycées, pendant les vacances scolaires ainsi que les mercredis et samedis, des enfants et des jeunes qui ne partent pas en vacances, sera »renforcé », a également déclaré Jean-Michel Blanquer. « Les écoles et établissements resteront ouverts en juillet et août pour qu’il y ait des activités ludiques et sportives ». 

En outre, « les modules de soutien scolaire seront développés pendant les vacances, notamment dans la dernière semaine d’août », pour permettre aux élèves ayant eu des difficultés de s’améliorer, avant la rentrée.

Au-delà d’encourager la reprise de l’activité économique au travers du déconfinement, la décision de rouvrir progressivement les écoles doit donc aussi s’entendre comme la volonté de lutter contre le creusement des inégalités et le décrochage scolaire : « Chaque mois d’école perdu est un énorme problème social […] c’est donc très souhaitable d’avoir ce retour progressif. Il faut sauver les élèves qui pourraient partir à la dérive du fait du confinement. C’est les publics les plus fragiles que j’ai d’abord en tête. »

Marges de manoeuvre au niveau local

« La doctrine nationale est claire, mais des marges de manoeuvre sont données au niveau local pour ce qui est de l’adaptation sur le plan physique des modalités », a assuré le ministre de l’Education.

Ainsi, des adaptations et des « marges de manoeuvre au niveau local » seront permises, a précisé Jean-Michel Blanquer dans la mesure où, par exemple, « On peut imaginer que dans certains endroits, le confinement soit maintenu » au-delà du 11 mai, a  reconnu le ministre.

Il y aura donc des adaptations possibles en fonction de chaque territoire sur la base des critères sanitaires et sociaux et à cet égard l’Outre-mer devrait bénéficier d’une attention particulière puisque l’aggravation du décrochage scolaire sur ces territoires est encore plus important qu’en métropole : +de 20% contre 4% dans l’Hexagone. Chaque territoire d’Outre-mer bénéficiera donc d’une approche spécifique, selon le ministre…

Ces grands principes restent évidement à affiner et seront encore précisés dans les jours à venir et à l’usage. Le ministre a d’ailleurs indiqué lors de son audition rester « ouvert à toutes les propositions pour améliorer le dispositif tel que nous commençons à l’envisager. »

A suivre…

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