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En dehors des discours et conférences politiques en décalage avec la réalité, l’objectif n’était pas de maitriser la crise, mais de préparer les prochaines échéances électorales …

Il est intéressant de mettre en exergue différents éléments qui caractérisent les comportements et notre société.

En premier lieu, le débat sur l’ouverture des écoles

Dans différents pays, ce sont les universités qui ouvrent en premier, ensuite les lycées et après les autres classes. En France, c’est l’inverse. Il faut s’interroger sur les motifs réels de ce débat. Certains enseignants ont-ils compris qu’il existait une fracture numérique ? Connaissent-ils le confinement dans les quartiers difficiles ou le mal logement ?

Après plus de six semaines de torpeur inquiète, le 11 mai, il sera difficile pour une partie de la population de sortir du télétravail ou du chômage partiel pour affronter les échéances sociales et économiques, la vie réelle.

Il faudra sortir de la protection diffuse du système social pour affronter une crise économique sanglante … Et cela nécessite une véritable mobilisation.

D’autres éléments doivent nous interpeller

Les cabinets médicaux sont vides, les hôpitaux sont partiellement déserts, faut il conclure que les patients ne vont plus consulter, ne se soignent plus? ou le système de santé est habituellement engorgé par des consultations de soins inutiles?

On me reprochera à nouveau et encore de faire une comparaison avec d’autres pays, mais nous sommes à l’heure européenne qui impose la lucidité, car il existe une réalité des chiffres et des faits qui s’impose à la France comme à d’autres nations …

A chaque heure, on nous impose la liste des décès, le nombre des hospitalisations, etc … Mais pourra-t-on m’expliquer pourquoi les pays du Nord, l’Allemagne, l’Autriche, maîtrisent et gèrent la crise en relançant progressivement l’activité?

Peut-on m’expliquer pourquoi le P.I.B. en France recule de 8% et de 4% en Allemagne et même moins en Autriche ?

Faut-il rappeler que la grippe asiatique a tué 31000 personnes en 1969 sans que cela provoque une quelconque réaction ?

500 000 personnes meurent chaque année de problèmes respiratoires dans le monde sans que cela fasse l’objet d’aucun mouvement de protestation.

550 000 personnes meurent en Europe à cause de la pollution mais cela ne génère aucune émotion.

La mortalité en France, au 1er trimestre 2020 s’élevait à 57 441 décès contre 58 641 sur la même période en 2018 et 68 816 en 2017, toutes causes confondues … Or, dans plus de 80% des cas, les décès du COVID 19 sont liés à des comorbidités.

A venir : une crise économique sans précédent

La France, les pays du sud, vont connaître la crise économique la plus grave depuis 1929 avec le chômage pour des milliers de personnes, la faillite de milliers de petites entreprises et d’artisans.

Ces milliers de chômeurs et la crise sociale deviendront insoutenables pour le système de protection sociale et l’État. Quant à l’échelle mondiale, le nombre de pauvres et la population qui souffre de faim a déjà doublé.

Or, cette situation n’est liée qu’aux choix politiques, le déconfinement se fera progressivement par région, par secteur. Mais si on se réfère aux chiffres par département et par territoire, il pourrait s’effectuer de suite.

Le déconfinement devrait déjà être effectif pour certains territoires

Pourquoi maintenir le confinement à SAINT BARTHELEMY alors qu’il n’y a plus de cas actif ?

Le même raisonnement pourrait s’appliquer à d’autres départements, la GUADELOUPE, la MARTINIQUE, voire SAINT MARTIN où les chiffres d’infection par habitant sont parmi les plus faibles.

Pourquoi mobiliser une économie insulaire déjà sous tension alors que l’insularité permet d’assurer le contrôle des arrivées et des échanges.

Pourquoi ne pas mettre en œuvre un déconfinement par secteur, avec effectivement le maintien des mesures de prévention, de distanciation, les gestes barrière. L’archipel GUADELOUPE pourrait servir de région pilote.

Parallèlement, le déconfinement devrait s’accompagner d’un plan de relance aidé par les collectivités majeures et l’État, avec des objectifs de développement et non la simple attribution d’avances remboursables …

L’attitude des compagnies aériennes…

Dans la logique des incohérences, je m’interroge sur l’attitude d’AIR France, compagnie nationale en éternelle perfusion de l’argent public, qui, alors que la continuité territoriale et la logistique d’approvisionnement des territoires demeurent une obligation majeure, triple ses tarifs de fret … et demain, elle sera recapitalisée par le produit de nos impôts ! 

Et que deviennent les compagnies privées concurrentes, AIR CARAIBES, CORSAIR … qui ont fortement contribué à libérer le ciel des Antilles ? 

Il était plus rationnel de mettre en œuvre une véritable continuité territoriale et une logistique aérienne à faible coût pour assurer dans un contexte de crise, un approvisionnement normal et la stabilité des prix ! Cette mesure serait moins couteuse que le chômage partiel … 

Quel plan de relance ?

A brève échéance, se pose et s’impose le plan de relance qui se révèle plus complexe que la distribution d’allocations, car il faut définir une politique de reprise et de relance qui risque de s’enfermer dans la vision bureaucratique et semi collectiviste de l’État, d’une économie administrée. 

Il faudra avoir le courage et la lucidité de poser la question de la durée du travail, de celui des congés, de la mobilisation des entreprises, mais aussi de la capacité d’engagement des collectivités et leur opérationnalité. 

Il faut arrêter de croire que la relance ou le sauvetage de l’économie se fera par l’accroissement de la dette publique qui créera à terme, comme en 1929, la faillite des états et les conséquences politiques qui ont mené à l’explosion mondiale. 

Faute de courage, faute d’engagement, faute de volonté forte, faute de bousculer la bureaucratie et la technocratie, la crise pèsera sur la cohésion sociale : une sortie de crise réussie suppose une mobilisation nationale, la culture du risque, le retour au travail, une mobilisation citoyenne pour une société plus solidaire et plus fraternelle. 

“Du sang et des larmes” comme disait CHURCHILL

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