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Masque, pas masque, comment le mettre, comment ne pas le mettre, faut-il le mettre, en a-t-on suffisamment, quand le mettre, combien le vendre, où le vendre ? Un bon millier de questions ont été formulées autour de cet outil qui, après s’être imposé à la vie de bien des citoyens de pays asiatiques pour cause de pollution, va s’imposer dans la vie de nombreux occidentaux pour des raisons sanitaires, même si beaucoup de citadins découvrent par son absence la réalité de la pollution dans laquelle ils baignaient encore il y a quelques semaines.

S’il a été l’objet de questionnement sous toutes les coutures, quelques éléments nous interpellent néanmoins.

Quand ouvrira-t-on le robinet d’accès aux masques ?

D’abord, le port du masque deviendra recommandé voir obligatoire dans certaines situations, c’est annoncé… mais quand ?

Et bien simplement quand le modèle économique lié à sa production prouvera que le secteur est porteur d’avenir pour l’économie française qui va en avoir un besoin certain !

Penser que l’accès aux masques ne relève que de paramètres sanitaires et d’une priorisation de l’existant vers les personnels médicaux serait quelque peu naïf, surtout dans un contexte où il semblerait que les volontés politiques affichent un retour au “Made in France”. Le marché gigantesque des dizaines de Millions de Français masqués ne pouvait décemment reposer sur l’ultra-dépendance au fournisseur central qu’est la Chine, ce système vient d’éprouver ses limites. “Oui, mais fabriqué là bas cela revient moins cher…” “Oui, mais la trouille aura raison des inquiétudes liées au pouvoir d’achat…”

Port du masques et droit à la manifestation… il va falloir légiférer encore !

Ensuite, port du masque obligatoire ou fortement recommandé dans certaines situations… ok, mais que fait-on de l’interdiction du port du masque durant les manifestations ?

Le gouvernement français a introduit une loi anti-émeute en avril 2019, qui interdit la couverture de visages lors des manifestations publiques, un talent qui nous est pourtant reconnu à l’international et de façon unanime. Une condamnation en vertu de cette loi peut d’ailleurs entraîner une peine pouvant aller jusqu’à un an de prison et une amende de 15 000 euros.

La question se pose donc : entre règles de distanciation, gestes barrières et obligation de porter un masque par ailleurs interdit, quel est l’avenir du droit à manifester en France ?

Ce qui semble certain c’est que le sujet va s’imposer au législateur car au sortir de ce confinement, nombreuses sont les organisations qui ont déjà prévu d’investir la rue.

Faudra-t-il afficher son nom sur les masques ? Ou tous s’appeler Zorro ?

Enfin, et cela vous semblera plus subjectif jusqu’à ce que cela s’impose : comment allons nous pouvoir nous reconnaître entre nous si nous sommes tous masqués ?

La reconnaissance faciale visuelle, et non celle assumée par les algorithmes dédiés au bénéfice de ceux à qui nous avons confié nos destins en démocratie ou à ceux qui y commandent hors démocratie, est une clef du lien social.

Alors que nos sociétés portent aux nues les individualismes, que les liens sociaux, que les relations humaines sont de plus en plus battues en brèche, l’usage de cet artifice motivé par des raisons sanitaires va ajouter une petite couche de plus à l’anonymat généralisé, au fait de n’exister que dans son propre périmètre et encore un peu moins aux yeux des autres… ceux dont on a déjà plus la possibilité de serrer la main, de faire la bise ou d’enlacer…

Il y a des visages plus beaux que le masque qui les couvre.JEAN-JACQUES ROUSSEAU, Ecrivain et philosophe suisse
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