Temps de lecture estimé : 6 minutes

Le débat parlementaire montre, une fois de plus, la totale rupture qui existe entre l’affichage politique et les enjeux de la crise.

Le discours prudent, voire anxiogène, du premier Ministre n’a pas mobilisé les citoyens comme il n’a pas appelé à la mobilisation nationale. Quant aux parlementaires, ils ont trouvé un programme commun : le gel et les masques… Aucune réflexion sur la crise sociale, économique, les risques économiques, l’organisation future après le déconfinement.

A entendre de multiples voix et considérations, il faut laisser les écoles fermées, limiter l’activité commerciale, etc… en bref, continuer à enfermer la population dans cette anesthésie sociale qu’est le confinement, en se référent évidemment aux avis scientifiques de multiples autorités… Mais cette explication scientifique ne semble pas être parole d’Evangile, le port du masque inutile il y a trois mois devrait devenir obligatoire…

Pas de catastrophe en Outremer

Ces voix nous annonçaient une catastrophe sanitaire dans les départements ultramarins

Le constat, six semaines après ces déclarations, est que l’ensemble des régions et territoires d’Outre Mer, y compris Mayotte, présente un nombre de cas d’infections et de décès très inférieur à la métropole, en termes de ratio. Le nombre de décès par habitant s’élève en Métropole à 369 par million d’habitants, 37 pour la Martinique, 30 pour la Guadeloupe, 78 pour Saint Martin, 3 pour la Guyane, 15 pour Mayotte.

Ces chiffres devraient interpeller nos experts, nos politiques, alors que les structures sanitaires sont en difficulté, la densité médicale moindre, l’ensemble du dispositif de lutte beaucoup moins armé et moins opérationnel.

De la question du climat 

Ce constat, ces éléments, ces chiffres sont de nature à nous interpeller car ils mettent en cause la table des lois. En écoutant les déclarations de professionnels, en cherchant dans différentes publications, en écoutant différents chercheurs, s’impose l’existence d’une relation entre les conditions climatiques, la température, l’humidité et la propagation du virus.

Un recensement par foyer d ‘infection montre que les régions et les pays les plus atteints par l’épidémie, se situent dans un climat tempéré : Wuhan, Madrid, Bergame,  Londres, New York, Paris.

Une étude chinoise conclut que 90% des cas de transmission se sont produits dans des régions présentant des températures se situant entre 3 et 17 degrés. Cette donnée s’applique à la France où la cartographie de l’épidémie est parmi les facteurs premiers liés à l’évolution des températures. Une augmentation de 1% de température peut être associée à 2, 8% de réduction d’hospitalisation.

L’approche de l’été se traduira mathématiquement par un ralentissement de l’épidémie. Cette approche explique aussi pourquoi les pays africains, ou la Thaïlande, le Vietnam, Hong Kong qui ont des densités de population largement supérieures aux régions tempérées, connaissent une propagation limitée de l’épidémie.

Selon une étude américaine, la durée de demi-vie du virus, est dune heure à une température de 21 à 24° et de 20% d’humidité et de deux minutes dans une ambiance chaude de plus de 25° et 80% d’humidité.

Ces éléments ne semblent guère interpeller nos autorités et nos politiques, alors qu’ils sont repris par de nombreux scientifiques n’appartenant pas à la haute autorité.

Lever le confinement devient urgent !

Dans ces conditions et au regard de ces éléments objectifs, il me semble nécessaire de lever le confinement dans les départements d’Outre Mer,  eu égard à la situation sanitaire et au contexte environnemental.

Il s’agit d’apporter en priorité une réponse économique, sociale à des territoires en extrême difficulté. Nos régions ne possèdent pas la trame économique des territoires métropolitains. Il faut qu’on reconnaisse la réalité économique de nos territoires, l’activité informelle,  ce que certains appellent l’économie grise qui représente 20 àn30%du PIB, sinon plus… parce que cette activité non déclarée et mal connue, n’en déplaise aux autorités, régule les tensions et a permis, jusqu’ici, d’éviter l’explosion sociale dans les départements d’Outre Mer.

Dure réalité, mais qui s’impose à l’ analyste ; or, cette activité n’est pas indemnisée, ne bénéficie ni de chômage partiel, ni de télé travail… d’où une forte aggravation de la pauvreté. Il suffit pour s’en rendre compte de consulter les associations d’aide et de secours.

Une question d’impératif économique 

Le deuxième facteur est lié à la consistance du tissu économique, nos territoires sont largement, voire, totalement dépendants de l’activité touristique et le territoire de Saint Martin en premier.

La fréquentation touristique a fortement progressé les cinq dernières années, générant des investissements privés et particuliers (gîtes, guest house, chambres d’hôtes)  beaucoup plus que le seul secteur hôtelier. L’arrêt immédiat du transport, de la fréquentation touristique, aura des effets et un impact immédiat sur la solvabilité des propriétaires avec les effets induits sur toutes les activités liées, location de voitures, restauration, commerces… toute la chaîne de valeurs.

La levée du confinement s’impose en conséquence comme une priorité sur des territoires où la transmission du virus et les risques sanitaires sont limités et maîtrisés. Pour éviter la « casse » sociale, l’activité économique doit être relancée sous toutes ses formes.

Le maintien du confinement crée des conditions plus défavorables et plus graves que l’épidémie.

Le débat sur l’ouverture des écoles, l’accueil des enfants, l’éducation, traduit d’autres motifs que la protection sanitaire des enfants, il vise à assurer la survie d’un système…

Pourquoi n’est-il pas possible d’ouvrir les écoles aux Antilles alors qu’elles ouvrent en Nouvelle Calédonie, à Saint Pierre et Miquelon, le 4 mai ? Le même débat n’existe pas dans les écoles privées !

La relance de l’économie est à notre portée 

Il faut relancer, rapidement et de manière audacieuse et stratégique, l’activité économique, en dehors du temps des subventions, des avances remboursables et multiples dispositifs qui s’enferment tous dans le temps bureaucratique qu’il soit public ou bancaire.

La relance économique devra être progressive, opérationnelle et ciblée, en s’écartant des schémas classiques et d’une définition administratrice de l’économie, une première suggestion à valoriser et à proposer au gouvernement et aux politiques.

Il est conseillé à la population française de ne pas se rendre à l’étranger. Pourquoi ne se rendrait il pas dans un département français, la Guadeloupe, la Martinique, Saint Martin ? Il existe moins de risque de contagion, il existe un système de santé, une capacité d’accueil, tout en maintenant la prévention, les gestes barrière et un suivi épidémiologique, cela permettrait à tous les acteurs du tourisme de préparer la saison touristique « d’hiver » tout en apportant un soutien particulier à l’activité  aérienne

Je publierai prochainement une note sur les mesures économiques susceptibles d’assurer une relance immédiate de l’activité,  s’inscrivant dans une vision planifiée de la relance, de manière à répondre à l’exigence sociale .

Il faut rompre avec le schéma classique, avoir de l’audace, retrouver la liberté économique et le libre arbitre…

Je citerai en conclusion Nelson MANDELA : « Le courage n’est pas l’absence de peur, mais le courage de vaincre la peur. »           

Commenter avec Facebook

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.