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La gestion de la crise sanitaire par le confinement et le 11 mai, le déconfinement, montre ou démontre le « collapsus » de l’organisation publique et de la gouvernance politique.

Après enfer, le purgatoire…

L’appréhension du risque sanitaire mesuré par un comité d’experts, détermine et organise la vie collective, la liberté de circuler, la liberté de travailler… Confrontés à une floraison de déclarations, de modélisation, qu’elles soient ministérielles ou scientifiques, après nous avoir promis l’enfer sanitaire, ils nous font entrer dans le temps du purgatoire dont la durée de séjour sera fonction de notre comportement, de notre conduite, nous sommes à la maternelle…

Depuis quelques semaines, il existe un débat psychotique sur l’ouverture des écoles avec d’inlassables palabres de certaines organisations dites syndicales, sur l’opportunité d’ouvrir les écoles…

Il faut souligner le degré d’irresponsabilité de certaines formations… Notons que la majorité des établissements privés accueilleront les élèves à partir du 11 mai…

Dans ce beau concert, le rappel de la réalité économique, le travail, la production, la rentabilité, voire le profit, sont des termes iconoclastes pour ne pas dire autre chose…

En Outremer ? Economie sacrifiée…

Le plan de déconfinement et les mesures appliquées en Outre Mer interpellent plus fortement, en soulignant en premier le maintien du couvre feu.

Si on se réfère aux chiffres officiels, le virus circule faiblement et les chiffres d’infection sont parmi les plus faibles par rapport à toutes les régions ; même sur le territoire de Mayotte, si le virus circule, le nombre de malades en réanimation est limité. Mais par décision unilatérale des autorités, les ressortissants des DOM ne peuvent voyager sans être mis en quarantaine à leur lieu de destination, cela signifie que les étudiants des DOM, scolarisés sur un autre territoire que celui de leur résidence habituelle, ne peuvent rentrer dans leur famille, sans mise en quarantaine, que les familles antillaises qui veulent rentrer au pays, notamment les soignants, et ils sont nombreux à avoir assuré la crise sur le territoire métropolitain, seront soumis à quarantaine et qu’il n’y aura pas d’arrivées de touristes sur la période estivale…

L‘économie domienne, qui vit très largement du tourisme, est sacrifiée, et plus précisément, les particuliers qui ont investi dans les locations saisonnières, car eux ne bénéficient d’aucune aide…

Il faudra m’expliquer pourquoi un ressortissant européen pourra aller en vacances à Saint Tropez, ou un parisien pourra passer ses vacances en Espagne… mais que les ressortissants français de l’outre mer ne pourront pas aller en vacances en France alors que la Grèce et l’Espagne mettent en œuvre l’accueil des touristes et leurs compagnes de promotion !!!

Quel respect pour les ultramarins ?

Peut-être serait-il aussi nécessaire d’expliquer à la population domienne l’explosion des prix à la consommation, notamment dans le secteur alimentaire…

La réponse se trouve dans les déclarations de la Ministre des Outre Mer, qui reconnaît que le côut du frêt a triplé en deux mois alors que la compagnie nationale, AIR FRANCE , bénéficie d’une aide de l’Etat de 7 milliards d’euros ! La même inflation existe sur le prix des billets.

Il devient, dès lors, légitime de s’interroger sur le degré de responsabilité et de respect que l’on accorde au citoyen domien. Une fois de plus, la réponse est déterminée par les avis scientifiques, les mêmes qui avaient prédit, il y a six semaines, une catastrophe sanitaire dans les DOM et un tsunami sanitaire dans les pays d’Afrique !!!

Pensée unique & Technocratie VS Chiffres & Faits

Le confinement et le déconfinement se soumettent à un concept, celui de la pensée unique déterminée et légitimée par la technocratie, toute opinion différente ou analyse divergente, même si elle se fonde sur l’observation de faits, ne peut être que marginale. Les déclarations et affirmations du Professeur RAOULT n’ont pas été démenties par les faits. Il est nécessaire de rappeler ses propos : « Tout le délire autour de la gravité monstrueuse de cette maladie, c’est aussi une forme de délire déraisonnable », et il  ajoute : « L’histoire du rebond est une fantaisie. »

Le confinement et le déconfinement, voire la gestion de la pandémie, ne peuvent être plus clairement mis en cause.

Je vous rappellerai aussi, le chiffre qu’on évite d’évoquer, celui du nombre de décès dus au Coronavirus dans les EHPAD, population à risque, et qu’il aura fallu tester et prendre en charge en priorité, voire isoler.

Cette démarche et cette anticipation constituent les règles premières d’une gestion d’une épidémie et cela met en cause directement les responsables de l’Etat, au delà du débat presque ridicule sur le masque, le gel, les points de vente, etc…

Cette responsabilisation s’impose aussi dans les DOM où l’organisation sanitaire et le système hospitalier se révèlent être défaillants.. A qui incombe la gestion hospitalière qui sont des établissements publics. Il serait peut-être nécessaire de reprendre les multiples rapports de l’IGAS ou autres relatifs à la dérive hospitalière dans les Antilles, dérive non liée à la mobilisation des ressources, mais à une gestion totalement chaotique… Qui doit assumer la responsabilité de cette situation ?

Face à la crise, le gouvernement a choisi de sacrifier l’économie touristique, donc l’économie des territoires domiens. Certes, les quelques milliers de chômeurs supplémentaires sur nos territoires ne représentent qu’un faible pourcentage par rapport au 17, 5 millions de salariés qui sont au chômage partiel ou en chômage, en Métropole, dans quelques semaines, le chômage partiel se transformera en chômage tout court au rythme des faillites et des disparitions des petites entreprises et des commerces…

Pourra-t-on nous expliquer pourquoi la France est le pays d’Europe qui connaitra la plus forte récession économique,  avec 8 à 10% du PIB contre 2 à 3% pour l’Allemagne ?

La distribution de l’argent public et la politique d’assistanat vont à l’encontre de toute relance économique, la dette publique doit se rembourser par l’impôt ou par l’inflation d’une manière ou d’une autre par un prélèvement sur le pouvoir d’achat. Cette crise générera des millions de nouveaux pauvres.

Comment les gouvernants feront-ils pour répondre à l’urgence sociale ?

Dans ce triste débat où se mêlent le chômage, le gel, les masques, la deuxième vague du virus, la modélisation du nombre de décès… j’ai rarement vu une proposition portant sur l’organisation et les modalités de la relance économique, sur la relance de la production et la création, voire le maintien de l’emploi.

Cette question ne semble en rien préoccuper les autorités politiques et encore moins les organisations syndicales. Evoquer la question de l’allongement de la durée du travail relève de la forfaiture, et pourtant, ce choix s’imposera à nous, à moins d’accepter une dégradation du tissu économique et social qui mettra en cause les fondements démocratiques du pays.

L’urgence d’un plan de relance dans ce contexte, s’impose, avec des échéances programmées et définies et plus particulièrement pour les territoires d’Outre Mer

La nécessité d’une réponse volontariste constitue une obligation pour répondre à l’inquiétude des socio-professionnels, des salariés…

La difficulté de la mise en œuvre, de l’élaboration d’un plan de relance, n’est pas liée à l’existence des ressources financières, mais à la capacité opérationnelle et à l’engagement du programme.

Une gestion efficace, productive de la relance économique suppose la création d’une entité autonome, composée d’experts et de représentants de l’économie réelle, qui aura pour mission, en concertation avec les entités publiques, d’assurer  la mise en œuvre et le suivi du plan de relance. L’élaboration de ce plan commence ce jour, sa mise en œuvre, demain.

L’injection de liquidités dans l’économie à travers des projets cible aura une répercussion immédiate sur l’activité productive et le chômage. Cela requiert aussi un aménagement des procédures, des circuits de décision et la transformation de l’économie administrative en économie de combat.

Notre système technocratique est-il prêt à subir cette mutation ?

Les territoires d’Outre Mer pourraient, compte tenu de leurs spécificités, leur situation, leur handicap et les effets de la crise, servir de champ d’expérimentation.

Après le déconfinement, sans mesures volontaristes et radicales, viendra le temps de la confusion et pour la population, le temps du chômage et de l’appauvrissement du tissu social.

Les dispositions actuelles qui marquent l’arrêt de l’économie domienne sont les premières étapes d’une crise économique large et difficile pour les populations de l’Outre Mer.

Pour terminer, je citerai COLUCHE : « Il paraît que la crise rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Je ne vois pas en quoi c’est une crise. Depuis que je suis petit, c’est comme cela ! »

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