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Amorcer le déconfinement pour aborder la saison cyclonique à venir n’est certainement pas un sujet qui donnera le sourire… mais il faut parfois accepter certains principes de réalité. Fin de semaine dernière, les scientifiques de l’Université d’Etat du Colorado le réaffirmaient : la saison cyclonique 2020 en Atlantique sera d’une intensité supérieure à la moyenne.

La saison cyclonique 2019 avait été une année catastrophique même si Saint-Martin avait été épargnée. Le cyclone Dorian, qui était resté presque stationnaire pendant 36 heures au dessus des Bahamas est encore dans tous les esprits. De catégorie 5, de mémoire de bahaméens, Dorian est considéré comme la pire catastrophe naturelle de l’histoire du pays.

2017 a marqué les esprits avec Irma, Dorian a su marquer 2019… mais les prévisionnistes se penchent très assidûment sur cette année 2020. Les scientifiques de l’Université d’Etat du Colorado ont affiné leurs prévisions pour cette saison qui débutera le 1er juin.

L’influence d’El Niño et de La Niña

Ce sont des facteurs déterminants pour établir les prévisions cycloniques : assistera-t-on cette année au développement de l’un des deux phénomènes. Pour rappel, El Niño désigne à l’origine un courant côtier saisonnier chaud au large du Pérou et de l’Équateur mettant fin à la saison de pêche. Ce courant ne se développe pas systématiquement et ne présente pas toujours la même intensité. La Niña, elle, est un phénomène climatique ayant pour origine une anomalie thermique des eaux équatoriales de surface (premières dizaines de mètres) de l’océan Pacifique centre et est caractérisée par une température anormalement basse de ces eaux.

Chaque modèle a des influences différentes sur la saison cyclonique en Atlantique. Le développement d’El Niño s’accompagne généralement en zones Caraïbes et Atlantique tropical de cisaillements du vent, phénomène peu propice au développement cyclonique. A contrario, l’apparition du phénomène La Niña n’est pas forcément une bonne nouvelle et a tendance à favoriser le développement cyclonique.

Un autre paramètre est sous haute surveillance : celui des températures de la surface de la mer en zone atlantique tropicale. Si elles s’avèrent plus chaudes que la normale, cela peut également augmenter la menace cyclonique, puisque les cyclones sont alimentés par les eaux chaudes de l’océan.

Les prévisions officielles de l’université du Colorado

Une saison cyclonique moyenne comprend 12 tempêtes tropicales, dont six ouragans. Cette année, les chercheurs de l’Université du Colorado prédisent une saison cyclonique en Atlantique plus active que la moyenne, citant l’absence probable d’El Niño comme facteur principal d’augmentation du risque.

CSU predictions

L’équipe de l’Université du Colorado publiera naturellement des mises à jour des prévisions selon le rythme suivant : le 4 juin, le 7 juillet et le 6 août 2020. Nous en relaierons naturellement le contenu.

Soyez prêt pour la saison cyclonique !

Pour nous tous, résidents saint-martinois, qui sommes particulièrement exposés au risque, il s’agit dès maintenant de se préparer. Les pouvoirs publics ne tarderont pas à diffuser les messages de rigueur qui, espèrons le, se substitueront à ceux dédiés à l’épidémie de Covid-19 ou viendront s’y ajouter.

C’est donc le moment de reconstituer les stocks de fournitures d’urgence en cas de cyclone, de vérifier les contrats d’assurance et de commencer à réfléchir à la façon de sécuriser votre habitat, tout cela avec comme objectif idéal… le 01 Juin 2020.

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