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Une première dans l’histoire de l’aéroport Saint-Martin Grand-Case exploité par la société EDEIS : un gros porteur de l’armée fabriqué par AirBus Military, en fait ce que l’armée a de plus gros en termes de gros porteurs, a effectué un atterrissage sur la piste réputée courte.

C’est à ce jour le plus gros avion ayant atterri en partie française de l’île.

Atterrissage du A400M, Crédit vidéo : EDEIS, exploitant de l’Aéroport Saint-Martin Grand-Case

La bête en quelques chiffres

L’A400M est équipé de pneumatiques à basse pression, et leur grande surface au sol lui permet d’utiliser des terrains non préparés (pistes en terre, etc.). En conditions militaires, il est capable d’atterrir sur des pistes de moins de 700 mètres et de décoller sur celles de 1 150 mètres. La prouesse est donc réelle puisque la piste de Grand-Case est longue de 1200 m. Le commandant semblait satisfait de la manœuvre même si l’approche a été un peu longue, un détail pris en considération et qui témoigne du fait qu’une marge de sécurité existe encore.

La soute de l’A400M fait 17,71 m de long, 4 m de large et 3,85 m de haut. D’une surface de 92 m2 et d’un volume cargo de 340 m3, elle permet d’accueillir neuf palettes militaires standard, 116 soldats avec leur équipement, ou encore 66 civières et une équipe médicale de 25 personnes. En configuration classique, l’A400M peut emporter 37 tonnes de fret (notamment en configuration classique de palettes). Avec 30 tonnes de charge utile, il peut effectuer 4 535 km de vol. Toutefois, si l’on réduit sa charge à 20 tonnes, son autonomie est améliorée jusqu’à 6 390 km. L’avion peut parachuter 16 tonnes.

Pourquoi cet atterrissage ?

Le communiqué laconique des Forces armées aux Antilles annonce que “Mme la Préfète a été à la rencontre du commandant de bord de l’avion militaire de type A400M qui a atterri à Saint-Martin ce jour dans le cadre d’un entraînement. Cette première confirme ainsi les possibles liaisons logistiques du plus gros avion porteur de l’armée française sur l’aéroport de Grand-Case L’Espérance.”

Pas besoin de disposer de talents divinatoires pour intégrer cet exercice dans la préparation impérieuse de la saison cyclonique à venir qui, sans souhaiter rajouter de l’anxiogène à une période qui l’est déjà lourdement, s’annonce plus active que la moyenne selon les prévisionnistes. Une telle capacité a pourtant quelque chose de rassurant puisqu’en cas de coup dur cette saison, les “bases arrières” que sont la Martinique et la Guadeloupe seront encore une fois notre principale planche de salut immédiat.

Décollage du A400M, Crédit vidéo : EDEIS, exploitant de l’Aéroport Saint-Martin Grand-Case

On ne peut non plus occulter que cet essai vient à point nommé puisque la crise sanitaire isole la partie française de l’île un peu plus du monde qu’avant avec la fermeture de l’aéroport international de Juliana.

La réouverture de PJIA n’est pas encore d’actualité même si le sujet est central pour toute l’île de Saint-Martin et que plusieurs compagnies ont déjà témoigné de leur volonté à reprendre les liaisons commerciales.

Il n’est certainement pas utile d’ajouter à ce contexte suffisant la problématique de la frontière qui a perdu ses caractéristiques historiques depuis quelques semaines et qui reste contrôlée par les autorités françaises, ce point faisant figure d’épiphénomène qui ne devrait pas s’installer dans le temps.

4 autres rotations devraient avoir lieu dans le cadre de l’opération résilience qui mobilise l’armée dans la lutte contre l’épidémie.

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