Temps de lecture estimé : 7 minutes

N’est pas CLEMENCEAU, ni CHURCHILL, ni DE GAULLE qui veut même en ayant visité les lieux de pèlerinage. 

Le déconfinement comme le confinement démontrent les limites, les failles et l’improvisation de l’action gouvernementale, engluée dans sa vision politique de l’épidémie dans l’incapacité d’anticiper, de mener une gestion raisonnable de l’épidémie et surtout d‘évaluer ses conséquences économiques.

Le déconfinement, ses règles, ses objectifs, deviennent de jour en jour plus illisibles, le citoyen reste suspendu aux lèvres du Premier Ministre, voire du Président, qui se réfèrent au comité scientifique, prophète de l’incertitude sanitaire… et à Sœur Anne qui, du haut de sa tour, attend la deuxième vague… alors que l’Italie, le Portugal, l’Espagne, les pays scandinaves, l’Allemagne, l’Autriche ont déconfiné,  libèrent l’économie et la population.

Où sont le courage et la lucidité politiques ? 

L’économie est en berne, les entreprises en grandes difficultés, les salariés anesthésiés par le chômage partiel ou le télé-travail, la liberté du travail, de voyager, de circuler restreinte.                                       

La Préfecture a rétabli la quarantaine en Guadeloupe sauf pour les élections municipales du 2ème tour…

Quelle légitimité démocratique aura ce scrutin, marqué au premier tour par une abstention record, liée à la peur, à l’impossibilité de faire campagne, ni rassemblement, ni tract…?

Il restera le numérique pour les candidats en marche et Facebook… 

L’organisation des élections municipales au premier tour comme au second, constitue une erreur politique majeure. Mais reporter ce scrutin supposerait, comme la gestion de la crise, le courage et la lucidité politiques. 

Nous sommes entrés dans l’ère du scientisme politique qui a plongé la France dans une crise économique totale avec des conséquences sociales et sanitaires beaucoup plus graves que le COVID-19. Nos gouvernants continuent à spéculer sur la propagation du virus, la deuxième vague, etc…

Mais ont-ils dans un instant de lucidité, évalué, chiffré, pris en compte les coûts sociaux, sanitaires et économiques de leurs décisions dans une vision globale de la société et de l’économie du pays ?

Ce n’est pas la multiplicité des plans de relance, ou la diffusion de l’anesthésie sociale qui assurera le rebond ou la reconstruction économique et sociale du pays. 

Sont-ils capables de se référer à des indicateurs simples, à la disposition de tout citoyen, ce qui devrait les interpeller, voire l’impact des conditions climatiques. L’arrivée de l’été, la chaleur ralentit et élimine la propagation du virus. Nous sommes dans un schéma habituel du cycle des maladies épidémiologiques (voir les analyses des experts et différents épidémiologistes, à ce sujet). 

Les chiffres sont têtus

Malgré les titres alarmistes du cirque médiatique, les chiffres des infections et décès démontrent que l’épidémie reste moins active et devrait disparaître  en Europe tempérée. Pourquoi ce virus se développe-t-il beaucoup moins rapidement dans les pays africains ? Les mêmes experts nous opposent des argumentations très peu lisibles : la jeunesse de la population… et depuis quelques jours, l’immunité croisée.` 

Ne pouvons-nous pas comprendre que l’épidémie évolue selon la saisonnalité et la température ? La propagation du virus est plus rapide avec l’arrivée de l’hiver dans l’hémisphère sud, d’où les chiffres de croissance, au Brésil, au Chili, en Afrique du Sud. 

L’épidémie disparaîtra progressivement dans la période estivale dans les pays européens, mais le risque de rebond, s’il existe, se manifestera en automne. Il conviendra d’ajouter une véritable stratégie de prévention, à cette période les instruments de dépistage ou de soins seront connus.

Il me paraît nécessaire, dans un deuxième temps, de procéder de manière rationnelle à l’analyse des chiffres, de la pandémie, en se référant à différentes études et statistiques, notamment une étude anglaise publiée dans “Le Monde” et portant sur 17 millions de personnes. 

Je ne citerai que quelques éléments fortement significatifs. 93% des décès concernent des patients de plus de 65 ans, présentant pour 84% d’entre eux, des facteurs de comorbidités (diabète, asthme, obésité, maladies cardiovasculaires, etc…). Les éléments statistiques en France présentent le même profil, à noter que la mortalité en France, début mai 2020, est très inférieure à celles de mai 2018 et mai 2019 !

Il est dans la même logique, intéressant de comparer et analyser les chiffres pour les départements antillais, Guadeloupe et Martinique. 

Du 1er mars au 11 mai 2020, le nombre de décès s’élevait, pour les années 2018/2019/2020 aux chiffres.

L’analyse par tranches d’âges, donne aussi une vision intéressante.

Ces chiffres sont des éléments officiels de l’INSEE. Ils traduisent deux facteurs, une surmortalité peu élevée, même inférieure en Martinique, en 2020, par rapport à 2019, et il n’est pas établi qu’elle soit liée au CIOVID-19. Dans 80% des cas, cette surmortalité est liée à d’autres facteurs de santé. 

En Guadeloupe, comme en Martinique, l’âge reste un facteur déterminant. A partir de ces éléments qui sont parfaitement connus par les experts, une autre stratégie de gestion de l’épidémie se révélait être possible, en traitant en  priorité les personnes vulnérables, les EHPAD. Le réseau des médecins privés, comme les organismes de sécurité sociale connaissent parfaitement les personnes à risque et leur profil. 

En concertation avec la médecine libérale, l’identification à travers le régime de protection sociale, il était possible de développer une politique de dépistage, voire d’isolement comme cela s’est passé dans d’autres pays. Mais nos responsables politiques ont préféré mener une politique restrictive de confinement, déstructurer le tissu économique, créant les conditions d’un appauvrissement général en surévaluant l’action de l’Etat. 

Il aurait peut-être aussi fallu travailler sur les conséquences sociales et économiques des différentes hypothèses. D’autres l’ont réalisé comme la Suède, en évitant la casse sociale.  

Le scientisme politique a-t-il mesuré ou imaginé la possibilité de mettre en œuvre une stratégie différente ? 

Il s’est accroché à la surmédiatisation du phénomène pour justifier des discussions inadaptées. Dans ce contexte, le débat sur le gel, les masques, la personnalité du Professeur RAOULT, démontre l’insignifiance de la réflexion stratégique. 

Ils ont découvert, faute de lits de réanimation, et encore que sur une partie du territoire, la crise de l’hôpital public, ignorant le secteur privé et encore plus la médecine libérale. 

Est apparu  dans ce paysage, cet infracteur d’habitudes, le professeur RAOULT. Ce personnage iconoclaste qui s’exprime parfois vivement et de manière provocante, a eu raison sur de nombreux points.

Il a eu raison de dire que l’épidémie n’allait pas altérer la pyramide des âges et que les personnes qui mouraient étaient toutes âgées avec d’autres facteurs de comorbidité. 

Il a eu raison de dire que les enfants n’étaient pas touchés. 

Il a réalisé 130 000 tests PVR, testé 5 000 patients avec un taux de morbidité le plus faible de France, pratiqué 10 000 électrocardiogrammes pour observer d’éventuels effets secondaires…

Il a eu raison de souligner que l’épidémie allait monter en cloche et régresser après deux mois.

Il a eu raison de dire qu’il n’y aurait pas de deuxième vague en soulignant que tous les pays qui ont déconfiné bien avant la France n’ont pas connu de 2ème vague.

Peut-être n’a t il pas eu raison de dire que les hommes politiques étaient des hologrammes ! 

La peur n’évite pas le danger

Par la surmédiatisation, en créant un climat de peur, en enfermant la population dans un système de contrôle restrictif, le Gouvernement a détruit pour une longue période, le tissu économique de la France, en créant une vague de licenciement  et de pauvreté. 

La multiplication de plans de relance ne saurait suffire à créer un mouvement de mobilisation nationale. Le Gouvernement, comme d’habitude, s’inscrira dans une logique  corporatiste en évitant toute action ou mesure frontale nécessaire à la reconstruction de l’économie et la mobilisation populaire… 

Il a manipulé la peur, perdu sa crédibilité, instrumentalisé la vérité et les choix technocratiques sans prendre en compte la réalité de l’épidémie et ses conséquences… 

Nous pourrions prendre comme exemple, sur nos territoires antillais, l’épidémie de la dengue, plus de 10 000 cas depuis décembre 2019, des malades en réanimation, des décès  mais aucune campagne sérieuse de sensibilisation, de prévention environnementale. Cela ne semble guère préoccuper les autorités publiques.

Pourra-t-on, pour contrer la propagation de l’épidémie de dengue, interdire aux moustiques de voler ??? 

Mais peut-être en conclusion faut-il citer BONAPARTE : “En politique, une absurdité n’est pas un obstacle.”

Commenter avec Facebook

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.