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Mercredi 3 juin, France Télévisions annonçait fièrement la mise en ligne de son portail numérique entièrement dédié aux outre-mer : “Outre-mer la 1ére” qui s’inscrit dans le cadre du Pacte pour la visibilité des Outre-mer.

Le portail des Outre-mer, nouvelle offre numérique consacrée aux territoires ultramarins (Enfin… A certains…)

Cette nouvelle plateforme numérique, qui devait être installée fin mars, avait vu sa mise en place reportée en raison de la crise du Covid-19.

Principalement axée sur l’information, et posée sur sur le réseau territorial des chaînes et radios “La 1ère”, ce portail constitue selon France TV, “une valeur ajoutée dans le paysage audiovisuel français. Elle a vocation à être le lien quotidien entre les Outre-mer et les publics de l’Hexagone, et permettra le partage des valeurs ultramarines pour répondre aux défis contemporains.”

France télévisions précise en outre que, pour réaliser cette offre unique, le groupe s’appuie sur tout le savoir-faire des collaborateurs de la direction numérique du groupe, du pôle Outre-mer à Paris et des référents de chaque station en Outre-mer.

Interfaces indispensables au service de l’offre éditoriale, ces derniers coordonnent la mise en place locale de l’alimentation du portail (live permanent et contenus), en lien avec les rédactions et les services concernés : Martinique La 1ère, Guadeloupe La 1ère, Guyane La 1ère, Réunion La 1ère, Mayotte La 1ère, Saint-Pierre-et-Miquelon La 1ère, Nouvelle-Calédonie La 1ère, Polynésie La 1ère et Wallis-et-Futuna La 1ère.” 

Neuf relais territoriaux, neuf chaînes de télévision locales et neuf points dans le logo du portail censé offrir une “véritable fenêtre sur tous les Outre-mer”, logo qui, selon France TV, “met en avant l’unité des territoires tout en valorisant les particularités de chacun.”

Sauf que… les territoires ultramarins français sont en réalité au nombre de 12 !

2.6 Millions d’ultramarins, et nous, et nous et nous…

Il est vrai que notre petite télé locale, Io TV, malgré tous ses efforts n’a toujours pas été estampillée “Service public”, ce qui lui aurait peut être permis de rejoindre l’offre d’Outremer la 1ère et d’offrir une jolie visibilité à notre territoire, qui malgré ses crises et imperfections internes, le vaut bien… 

Il est vrai aussi que Guadeloupe la 1ère dispose d’équipes qu’elle dépêche à Saint-martin à chaque fois qu’elle le juge utile pour relayer les évènements et surtout les polémiques, mais celle-ci n’assure que très rarement des reportages valorisants et occulte le quotidien de la population.

En outre, le doute n’est pas permis lors de la navigation sur le portail des Outre-mer : Saint Barthélemy et Saint-Martin ont bel et bien été simplement occultés, de la carte des outre-mer au volet pédagogique du site “Les Outre-mer, c’est quoi ?” 

Inutile de chercher, aucune trace de nos confettis… Ce qui ne devrait pas nous surprendre outre-mesure puisque le sujet est parfaitement circonscrit dans le communiqué de lancement de France Télévisions : “Soyez curieux, plongez dans la richesse et la diversité de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Guyane, de La Réunion, de Mayotte, de Saint-Pierre-et-Miquelon, de la Nouvelle-Calédonie, de la Polynésie et de Wallis-et-Futuna…”

 

Someone please call… somebody!

Juste un pavé de plus dans la mare de l’inexistence de nos îles dans la conscience collective des pouvoirs publics qui ne devrait même plus nous éclabousser, tant c’est coutumier ? Sans doute…

Mais le coup est tout de même dur à accuser lorsque le même jour, on prend connaissance d’un entrefilet d’un média spécialisé dans le tourisme qui nous informe du lancement d’un écolabel “Les Antilles” par un tour opérateur visant à booster les réservations à destination d’une “production assez large” en… Martinique, Guadeloupe, Saint Barthélémy et Marie Galante.

Certes, nous disposons de notre propre compétence touristique mais n’en est -il pas de même pour Saint Barth ? Saint-Martin… purement et simplement zappée… 

De même, lors d’une récente conférence de presse, l’Association des Hôteliers de Saint-Martin (AHSM) a indiqué que la cible du tourisme n’était historiquement pas métropolitain.

Mais, en ces temps particuliers de pandémie mondiale où le confinement a aussi mis à rude épreuve les liens ne serait-ce que familiaux qui existent aussi – n’en déplaise à certains – entre les résidents saint-martinois et la population hexagonale notamment, au regard de la situation économique et de l’état des perspectives touristiques alors que la saison cyclonique a débuté, n’aurait-il pas été judicieux que le territoire puisse être inclus dans toute initiative participant de son attractivité ?

Office de tourisme, Agence de développement économique, Maison de Saint-Martin à Paris, Parlementaires… Où êtes-vous ? Que faites-vous ? 

A qui la faute ?

Au regard de ces deux exemples qui spontanément pourraient servir d’illustration du mépris des échelons nationaux à notre égard, et des enjeux socio-économico-administrato-institutionnels qu’il nous faudrait relever pour (re)trouver la voie du développement, il semble urgent de s’interroger. 

N’est-il pas temps de couper le fil de la sempiternelle victimisation au profit d’un plus efficient travail d’intégration et de valorisation constructive ?

Tandis que les hôteliers de Saint-Martin, entre autres, s’adressent au Premier ministre pour réclamer la levée des restrictions de déplacement vers nos territoires et des quarantaines au nom du Dieu Tourisme, il aura suffi d’une réunion d’urgence de l’Assemblée Corse et d’un député pour que ces mesures soient levées en moins de 48 heures… 

Pendant que l’on revendique à cor et à cri notre droit d’exister de fait dans les dispositifs déployés au national, que l’on dénonce encore plus fort toute omission de nos territoires dans ces derniers, nous sommes-nous demandés ce que nous apportions au pot commun de la Nation à laquelle nous appartenons, avec nos taux d’abstention record et nos autonomies fiscales?…

Qui a dit : “Ne demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, demande ce que tu peux faire pour ton pays” ? (John Fitzgerald Kennedy)

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