Temps de lecture estimé : 3 minutes

Le déconfinement et l’évolution logique de son cadre au fil des semaines en fonction des bilans sanitaires nationaux ou plus localisés, s’il est compréhensible, créé aussi une cacophonie qui en complexifie la compréhension et la mise en application.

Ces changements de doctrine récurrents dans des délais aussi courts sont aussi difficiles à suivre par les autorités comme par les acteurs économiques qui vivent l’un et l’autre une certaine inertie qui n’est pas forcément favorable aux changements de caps soudains pourtant imposés aujourd’hui par la crise économique et sociale qui s’annonce.

Pour autant, depuis ce jour, un nouveau protocole sanitaire est expérimenté à Saint-Martin, Saint-Barthélemy, en Guadeloupe, en Martinique et à la Réunion :

  • Pour ces territoires, tous les passagers en entrance depuis la métropole sont fortement incités à réaliser dans un délais de 72 heures précédant leur vol un test RT-PCR, en s’adressant à leur médecin traitant. En cas de test positif, ils ne pourront pas prendre leur vol. Les compagnies aériennes se sont engagées à leur proposer « un échange de leur billet pour un vol ultérieur, après leur période d’isolement », assure le ministère.
  • En cas de test négatif, ils seront autorisés à embarquer. A l’arrivée dans les territoires concernés, les passagers effectueront sept jours de quarantaine, suivi d’un deuxième test RT-PCR. Si ce nouveau test (effectué donc après cette semaine d’isolement) s’avère négatif, les voyageurs pourront sortir de leur domicile, avec le port du masque systématique à l’extérieur et une application stricte des mesures de distanciation sociale. Autant de mesures applicables pendant une semaine pour respecter le concept de quatorzaine.

Des mesures temporaires puisqu’une nouvelle doctrine apparaîtra le 22 Juin, soit dans 13 jours, et qui selon Annick Girardin, Ministre des Outremer, verra la fin des « motifs impérieux » pour se rendre dans les Outre-mer.

Si ce protocole expérimental constitue un assouplissement de la doctrine, il n’en reste pas moins que les élus locaux, sous pression entre autres des professionnels du tourisme, ne sont en rien convaincus puisqu’au delà du “motif impérieux”, il est peu probable que le touriste métropolitain fasse le choix d’une destination antillaise en devant s’imposer 7 jours de quarantaine à l’arrivée.

Sur un autre plan, ces mesures assouplies ne peuvent se traduire en flux de passagers tant que les compagnies aériennes n’ont pas rétabli les liaisons et surtout tant que la tarification, qui était déjà souvent prohibitive avant la crise sanitaire, n’a pas retrouvé une “normalité” : Paris, Saint-Martin via Pointe à Pitre avec Air France & Air Caraïbes + motif impérieux pour une adolescente de 15 ans en vol aller-simple le 19 juin 2020 : 1270€ !

Nous ne pouvons que conclure que “nous sommes à côté de la plaque” sur le sujet déconfinement des outremer et que la reprise économique, certainement pas moins nécessaire ici qu’en métropole, n’est pour le moment qu’un doux rêve inaccessible, tant en termes de conditions imposées par l’urgence sanitaire que par le repoussoir que constituent les tarifs des billets.

Commenter avec Facebook

1 comment

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.