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Le Gouvernement vient d’annoncer une mesure nouvelle du plan de relance, à fort potentiel : le procès-verbal qui peut vous être signifié si vous jetez les masques par terre ou dans la rue, sera porté de 68 euros à 135 euros. L’amende pourrait même monter à 375 euros, voire 750 euros si la police transmet le procès-verbal au tribunal.

La frénésie réglementaire se propage plus vite que le virus

Cette disposition complète les nombreuses infractions relevées pendant le confinement et s’ajoute à la multiplication des textes, décrets, arrêtés, instructions, circulaires nationales ou locales… La frénésie réglementaire se propage plus vite que le virus.

Un des exemples les plus frappants porte sur la gestion des déplacements vers les Outre Mer. Entre l’annonce du Premier Ministre qui  indique que les français pourront passer leurs vacances en France ou en Outre-Mer. Après cette annonce, la gestion des modalités d’accès aux territoires d’Outre Mer relève du jeu de l’oie, entre la quarantaine, la quatorzaine, ensuite la “septaine”, puis la septaine adaptée, avec test avant, pendant et après…

Je suis en attente du dernier acte, comme beaucoup de domiens, pour connaître la version finale de la mascarade. Comment, dans quelles conditions, après quel protocole, les domiens pourront- ils retrouver leur région, leur famille, passer des vacances sans masque et peut-être quelques touristes vont affronter ce long périple…

Quelques chiffres pour rappel

Je ne résisterai pas à l’envie de citer à nouveau quelques chiffres, pour que les autorités publiques puissent appréhender la nature et la progression de l’épidémie.

La circulation du virus n’existe plus aux Antilles ; il préfère les zones tempérées entre 5 et 15% dans un environnement sec. Au pic de l’épidémie, il faisait en moyenne 11° à Paris, 27°à Pointe à Pitre et 37° en Afrique subsaharienne…

Quant au développement de l’épidémie dans les pays de l’Amérique Latine en hémisphère sud, nous sommes en période hivernale… Le nombre de cas, de malades en réanimation et de décès à Mayotte et en Guyane est 20 à 30% fois inférieur aux chiffres de la France métropolitaine !

Rappelons à nouveau et encore  que les décès sont liés à d’autres facteurs que le coronavirus (comorbidités) et 93% des décès concernent une population de plus de 65 ans. Pour compléter ce tableau, il faut souligner que les décès en janvier, février et mars 2020 sont inférieurs aux chiffres de 2018 et 2019. 

Les facteurs de risque en Guadeloupe, Martinique, Saint Martin, Saint Barthélémy sont liés depuis des mois à la DENGUE. Il suffit de se référer aux indicateurs de Santé Publique France.

Il est temps que s’arrête la surmédiatisation du phénomène, la manipulation de la population par la peur, sans prise en compte, sans évaluation des conséquences sociales, humaines et économiques.

Le confinement, un suicide économique et social

Nos experts scientifiques, nos ministres, nos technocrates, voire nos élus, devraient s’interroger sur l’anticipation, sur une relance possible du virus pendant la période hivernale en travaillant sur les mesures de prévention car la France, la Guadeloupe, les DOM ne supporteront pas un deuxième confinement. D’où la nécessité de prévoir, voire organiser la prise en charge de la population dite “à risque” en préservant l’activité économique.

Cette argumentation se pose en contradiction avec les contorsions politiques ou technocratiques qui légitiment le confinement, la stratégie de gestion de la crise, la destruction de l’économie nationale et plus particulièrement sur nos territoires qui ont comme filière première le tourisme.

Faut-il rappeler l’impact de ce secteur, non pas sur les groupes hôteliers, mais sur le secteur artisanal, l’agriculture, la pêche, le commerce, le transport… La fermeture de l’espace aérien, à ce titre, représente une erreur majeure, sans justification aucune. Et encore plus après la période de confinement, comment peut-on accepter le libre accès à la Corse, alors que les domiens restent soumis à différentes restrictions ?

Pour comprendre au-delà du principe de la liberté de circuler, de voyager, l’impact de cette politique, je ne citerai que quelques chiffres : Le tourisme représente pour la Guadeloupe, plus d’un milliard de chiffre d’affaires avec près d’un million de touristes, bien au delà de la Martinique et des autres DOM. Le montant des pertes liées au COVID représentera pour la Guadeloupe, pour 2020 à 2022, plus de 700 000 millions d’euros et une perte de 14 000 emplois !

Ces quelques chiffres qui pourront faire l’objet d’une présentation plus détaillée, devraient fortement interpeller les autorités publiques et les élus.

Il ne suffit pas de mettre en cause ce modèle de développement, discours porté par une frange privilégiée de la société, qui définit le développement de nos territoires à travers le prisme des transferts sociaux, l’assistance et la distribution de l’argent public.

Entre bricolage et déni de réalité 

Les socio-professionnels, les entreprises, les commerçants, les artisans, les travailleurs, le peuple, ne veulent pas être dépendants des aides publiques, mais retrouver, développer la production, l’emploi, s’investir dans le développement du territoire.

Lorsque le Premier Ministre annonce que l’Outre Mer s’ouvrira au tourisme français, il convenait d’organiser une campagne nationale de promotion de nos territoires, organiser les transports, l’accueil. Or, depuis des semaines, la Ministre des Outre-Mer et ses collègues bricolent et expérimentent différents dispositifs pour éviter tout risque, au nom de la sécurité sanitaire.

Ils auraient dû comprendre qu’il n’y avait aucun risque sanitaire majeur… que toutes ces préconisations, restrictions, n’avaient pour objectif que de justifier une politique de confinement inutile.

Il en résulte que cette mise en scène met en exergue trois constats :

  • Un déni de réalité par rapport à une situation sanitaire maîtrisée et contrôlée
  • Un refus d’appréhender une réalité économique, le risque social et le niveau de la précarité
  • L’incapacité d’anticiper, de gérer une situation à partir d’éléments factuels et de se projeter sur la période.

J’affirme enfin qu’une majorité d’élus se sont réfugiés dans la même logique, écartant toute analyse de la réalité. 

Dans l’actuel plan de relance et pour limiter les conséquences de ces inconséquences, s’impose l’ouverture du ciel, ce qui n’empêche en rien les mesures de protection ou de prévention. Cela permettra de réduire la fracture économique, mais cela suppose une lucidité et une volonté réelle de la gouvernance…

Le plan de relance devrait être inclusif

Il y a, certes, la tentation comme la limitation des vols, voire d’autres mesures à freiner la fréquentation… Il faut que les socio-professionnels, la population s’engagent, se mobilisent pour imposer leur vision du développement et de la gestion.

L’ouverture du ciel, le retour des touristes ne seront que des mesures partielles et ponctuelles.

L’élaboration du plan de relance devra intégrer les véritables acteurs du développement et être gérée par une structure autonome dans le cadre de contrats d’objectifs, avec des engagements de résultats et d’échéances. 

L’expérience de la gestion des crises, notamment celles liées aux phénomènes naturels, démontrent les retards, la défaillance des projets et dispositifs qui se fondent sur un cadre public.

Il est évident que cette proposition se trouve aux antipodes de la conception jacobine et étatique qui nous sera proposée… Il faut impliquer dans cette gestion, dans la construction du renouveau économique celles et ceux qui connaissent le risque de l’entreprise, de la créativité, de l’emploi et qui créent la cohésion sociale.

L’organisation semi-collectiviste de notre pays a démontré qu’elle était incapable de répondre aux enjeux de la nation et à la crise. Et comme disait le Président de la République, “Rien ne sera plus comme avant”.

“Il n’y a pas d’économie à se coucher de bonne heure pour épargner la chandelle, s’il en résulte des jumeaux.” 

Proverbe chinois.
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