Temps de lecture estimé : 8 minutes

Le 14 juin, le Président de la République a annoncé le retour “à partir du 22 juin de tous les élèves, selon les règles de présence normale” dans les crèches, en maternelle, élémentaire et au collège. Ainsi, à deux semaines des vacances d’été, l’ensemble de ces élèves sont attendus sur les bancs de leur établissement scolaire, de manière obligatoire, jusqu’au vendredi 3 juillet.

Avant toutes choses et parce que notre lectorat est avant tout saint-martinois, il est intéressant se porter l’œil sur la position de l’exécutif local quant à sa perception de la doctrine nationale :

Point de situation du 18 Juin 2020, Question de nos confrères du Pélican : Le Président de la République Emmanuel Macron a annoncé que les crèches, les écoles et les collèges accueilleront à partir du 22 juin tous les élèves et ce de manière obligatoire. Au regard des délais, comment la Collectivité s’organise-t-elle pour assurer un retour de tous les élèves sur les bancs de l’école, en matière de transport scolaire, de cantine, de protocole sanitaire ? 

Oui effectivement, nous avons tenu une réunion de travail avec les services de l’Education nationale, mardi. Au regard des efforts considérables que nous avons fait ces dernières semaines pour permettre la réouverture sur certains niveaux, de toutes les écoles de primaire, collèges et lycées, dans le respect strict d’un protocole sanitaire rigoureux et contraignant, et au regard de la date avancée de l’année scolaire, nous avons pris la décision commune de ne pas engager plus d’ouvertures de classes et de concentrer nos efforts sur la rentrée scolaire de septembre.

Un nouveau protocole sanitaire assoupli à l’échelle nationale (mais pas écourté)

Ce retour à l’école inattendu s’accompagne d’un nouveau protocole sanitaire, plus souple, dévoilé par le ministère de l’Education nationale mercredi 17 juin, laissant ainsi 48 heures aux responsables pédagogiques pour se préparer.

Dans les grandes lignes, les nouvelles règles peuvent être résumées à fin de la distanciation physique à l’école maternelle, assouplissement des règles en élémentaire et port du masque au collège. Dans le détail :

  • Les accompagnateurs ainsi que les intervenants extérieurs peuvent désormais entrer dans les bâtiments scolaires après nettoyage ou désinfection des mains. Ils doivent porter un masque de protection.
  • La règle de surface de 4m² par élève ne s’applique plus dans les locaux comme dans les espaces extérieurs.
  • A l’école maternelle, entre les élèves d’une même classe ou d’un même groupe, aucune règle de distanciation ne s’impose, que ce soit dans les espaces clos ou dans les espaces extérieurs. En revanche, la distanciation physique doit être maintenue entre les élèves de groupes différents.
  • Dans les écoles élémentaires et les collèges, le principe est la distanciation physique d’au moins un mètre lorsqu’elle est matériellement possible, dans les espaces clos entre l’enseignant et les élèves ainsi qu’entre les élèves quand ils sont côte à côte ou face à face. Elle ne s’applique pas dans les espaces extérieurs entre élèves d’une même classe ou d’un même groupe, y compris pour les activités sportives. 

L’organisation de la classe à l’air libre est donc une possibilité encouragée.

  • L’ensemble des publics habituellement hébergés peut être accueilli dans les internats. La distance entre les lits doit être d’au moins un mètre.
  • Le lavage des mains aux lavabos peut se réaliser sans mesure de distance physique entre les élèves d’une même classe ou d’un même groupe.
  • Le port du masque n’est pas obligatoire pour les personnels enseignants lorsqu’ils font cours et sont à une distance d’au moins un mètre des élèves.
  • La restauration scolaire est organisée dans les lieux habituels et doit être privilégiée. Les flux et la densité des élèves sont organisés en respectant la distance d’au moins un mètre entre les groupes d’élèves appartenant à une même classe dans les écoles maternelles. S’agissant des élèves des écoles élémentaires et des collèges, lorsque le respect de la distance d’un mètre entre élèves est matériellement impossible, il convient de faire déjeuner les élèves d’une même classe ensemble et de respecter une distance d’au moins un mètre avec les autres groupes.
  • Un nettoyage des sols et des grandes surfaces (tables, bureaux) est réalisé au minimum une fois par jour. Un nettoyage désinfectant des surfaces les plus fréquemment touchées par les élèves et personnels dans les salles, ateliers et autres espaces communs (comme les poignées de portes) est également réalisé au minimum une fois par jour.

Les tables du réfectoire sont nettoyées et désinfectées après chaque service.

  • L’accès aux jeux, aux bancs et espaces collectifs extérieurs est autorisé si un nettoyage quotidien est assuré (ou après une période sans utilisation d’environ 12 heures). 
  • La mise à disposition d’objets partagés au sein d’une même classe ou d’un même groupe constitué (ballons, jouets, livres, jeux, journaux, dépliants réutilisables, crayons, etc.) est permise à l’intérieur des locaux lorsque qu’une désinfection au minimum quotidienne est assurée (ou que les objets sont isolés 24 h avant réutilisation).
  • Responsables d’établissements, syndicats, Association des maires de France (AMF), Association des petites villes de France (APVF)… Nombreux sont ceux qui s’interrogent sur la mise en œuvre du protocole sanitaire et les efforts à fournir pour le respecter pour un usage de quelques jours seulement…

Que risquent les absentéistes ?

En théorie et selon les textes, quand un élève est absent plus de quatre demi-journées dans le mois sans raison valable, l’établissement est censé le signaler à l’Inspection d’académie. Une action de médiation est alors lancée, qui peut aboutir à une saisine des services sociaux et du directeur académique des services de l’Éducation nationale (Dasen). Ce dernier peut éventuellement convoquer les parents et est habilité à adresser un avertissement à la famille rappelant les obligations légales et les sanctions pénales encourues.

Toujours selon ce que prévoient les textes, lorsque toutes les tentatives de médiation et de dialogue ont échoué, le Dasen saisit le procureur de la République. Les parents encourent une amende pouvant aller jusqu’à 750 euros. La législation stipule même qu’un parent qui se soustrait “sans motif légitime, à ses obligations légales, au point de compromettre la santé, la sécurité, la moralité ou l’éducation de son enfant mineur” risque deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende.

Dans la pratique, au regard de la période que l’on vient de traverser, des difficultés d’organisation du retour à l’école, et à quelques jours de la sortie des classes, on voit mal les directeurs d’établissement faire la chasse aux parents et organiser des conseils de discipline…

Quid des lycées ?

Les lycées n’ont pas été évoqués dans ces mesures de retour obligatoire à l’école et pour cause.

Tout d’abord, les lycées situés en “zone verte” avaient déjà tous en partie rouvert leurs portes dans le cadre de la deuxième phase du déconfinement de la population, entamée début juin. Le seul changement réside ici pour l’Île-de-France, la région étant passé au vert. Tous les lycées de France, hormis ceux de Mayotte et de Guyane, peuvent donc continuer à accueillir du public, mais sans obligation.

Cette différence de “régime” tient aussi au fait que traditionnellement le mois de juin est une période d’examen pour les lycéens et que les cours sont donc déjà terminés à cette période de l’année.

Par ailleurs, l’âge des lycéens a également été évoqué, l’entourage du ministre estimant qu’ils sont plus autonomes dans leur travail et mieux équipés en matière informatique, ont davantage suivi des cours en ligne que les collégiens, et ont de fait moins souffert de la rupture pédagogique.

Enfin, last but not least, selon plusieurs études, les risques de transmission de la Covid-19 sont plus élevés chez les adolescents et jeunes adultes que chez les enfants. Principe de précaution donc pour ces publics, que les parents encouragés par ailleurs à reprendre leur vie professionnelle, sociale et de consommateurs apprécieront certainement…

En attendant Septembre, des “vacances apprenantes”

Au total, quatre dispositifs vont être mis en place pour offrir au maximum d’enfants des activités ludiques et pédagogiques durant cet été. Le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, en a fait “un objectif social”. Dans le cadre du dispositif de la “nation apprenant”, il a décidé d’organiser tout au long de l’été l’accueil de certains élèves pour les aider à rattraper le retard accumulé pendant le confinement.

Soutien scolaire, jeux, activités sportives… Le gouvernement tient à un dispositif le plus complet possible pour mettre à profit les deux mois estivaux. Ce dispositif est doté d’une enveloppe de 200 millions d’euros répartie en quatre opérations : les écoles ouvertes, accueillant en journée les enfants pour leur proposer des activités de soutien scolaire le matin et des jeux culturels ou sportifs l’après-midi ; les accueils de loisirs apprenants sur la base des centres de loisirs déjà existants, suivront le même concept que le précédent où des activités ludiques alterneront avec des cours, de la culture et du sport ; les écoles ouvertes buissonnières pour les enfants vivant à la campagne ou sur les littoraux de l’Hexagone visant à inciter à la découverte de la nature et du patrimoine local et les colonies de vacances apprenantes qui du 4 juillet au 31 août proposeront des activités ludiques et pédagogiques permettant de renforcer les savoirs.

Le Gouvernement a prévu une enveloppe de 30 millions d’euros pour aider les collectivités à mettre en oeuvre ces activités et à financer des stages de BAFA pour les encadrants. A Saint-Martin, le Vice‑recteur, chef du service de l’éducation nationale de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin; Michel Sanz, indiquait en début de mois que la déclinaison locale privilégierait à priori le “dispositif Ecole ouverte élargi plutôt pour la deuxième quinzaine d’août, mais rien n’est encore complètement arrêté.”

Wait and See donc…

Commenter avec Facebook

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.