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Les récentes manifestations qui ont eu lieu aux Etats-Unis, en France et ailleurs, contre le racisme, la répression, le rappel de l’esclavage, les violences doivent nous interpeller quant à leur nature, leurs causes et l’essence des mouvements de protestation.

La lutte pour la liberté et pour toutes les libertés, le combat pour la dignité de l’Homme, la libre expression, le refus de discrimination, de l’exclusion, la dénonciation de la torture, de l’emprisonnement ne se limitent pas au défilé d’un jour, au port d’une pancarte et de slogans.

Droits de l’homme piétinés…

Le combat, la lutte pour la démocratie, pour les valeurs de solidarité, pour l’affirmation des droits de l’Homme s’inscrivent dans notre vie quotidienne et font partie des valeurs fondamentales de notre société.

Le respect de ces principes, de ces commandements suppose une vision et une analyse non partisane, un regard lucide sur la politique mondiale, sans exclusion, en dehors de la raison d’Etat ou du pragmatisme économique.

De la barbarie des talibans au califat de Daech en passant par les camps d’internement de Poutine, les 600 000 esclaves de Mauritanie ou la répression des Ouïgours en Chine, la liste des pays où sont bafoués les droits de l’Homme et où leur violation reste un principe de gouvernance est trop longue pour être énumérée dans un éditorial.

Bienvenue en Martinique

Il y a une image qui m’a particulièrement heurté, peut-être à cause de notre proximité géographique ou du maquillage médiatique, c’est celle de l’arrivée de la délégation médicale cubaine en Martinique. 

Au nom de la solidarité, de la fraternité cubaine, une équipe de personnel cubain arrive en Martinique après la crise du COVID-19… Pour quel besoin, quel motif, quelle épidémie ? Cette délégation est accueillie par le personnel politique de l’île avec le drapeau cubain et sous les applaudissements. Le Président de la Collectivité de Guyane sollicite les mêmes renforts.

Des professionnels de santé heureux ? Really ?

Sous cet habillage de solidarité internationale, et médiatique, une autre réalité s’impose, celle du personnel cubain expatrié soumis au travail forcé.

Pourra-t-on connaître les conditions, le cadre du travail de ce personnel ? Quelle  est la liberté de circuler de ces personnels ? Pourquoi leur a-t-on enlevé leur passeport ? Pourquoi n’ont-ils pas la libre disposition de leurs diplômes ?
Dans quelles conditions sont-ils logés ? Quel est le coût de cette mission pour le C.H.U. de la Martinique, l’A.R.S ou d’autres collectivités ?

Pourquoi la France, pays développé, n’est-elle pas en capacité d’assurer un renforcement des moyens sanitaires en Martinique ou en Guyane ?

Alfred Marie-Jeanne, Président de la Collectivité Territoriale de Martinique
“Saint-Martin et la Guyane ont d’ailleurs pris contact avec nous pour partager sur les démarches à entreprendre.” (information confirmée par a Collectivité de Saint-Martin dont le dernier contact avec l’ambassade de Cuba à Trinidad & Tobago date du 01 Juillet 2020)

Pourquoi et par quel miracle intervient une équivalence de diplôme pour le personnel de Cuba alors qu’elle n’est pas reconnue par d’autres pays ?

Au nom des 200 prisonniers politiques qui  croupissent dans les geôles de Cuba, ou des milliers de personnes emprisonnées pour délit d’expression… ?

Au nom d’un système  de santé totalement dégradé, sans matériel, sauf pour la nomenklatura et les amis étrangers ?

Ce pays n’a survécu que par l’assistance de l’Union soviétique et après la chute du régime soviétique, par le soutien du Venezuela en triste situation.

L’expatriation forcée de la main d’œuvre devient la filière industrielle la plus profitable avant le tourisme pour le régime cubain. Le nombre de travailleurs cubains à l’étranger peut être évalué à plus de 1 Million, environ 100 000 médecins.

Business et propagande

Or, le coût facturé par l’Etat cubain pour un expatrié, dans le cas d’un médecin, s’élève à environ 4 000 USD pour un salaire reversé de 800 USD dont la moitié est séquestrée sur un compte à Cuba quand il est restitué. Le solde constitue la marge de l’Etat cubain, le salaire moyen d’un médecin cubain au pays est de 35 USD, le salaire d’une infirmière de 20 dollars.

Il s’agit de démontrer la supériorité morale du socialisme cubain, avec un taux de pauvreté de 90%, un salaire moyen de 9 dollars et une alimentation importée à 80%. 

Ces éléments sont connus ou font l’objet de plaintes devant la Cour Pénale Internationale de La Haye.

Dans l’hypothèse où ces professionnels expatriés voudraient déserter, ils n’ont ni copie de diplôme, ni passeport, ni ressources et leurs familles à Cuba feraient l’objet de mesures de rétorsion. 

Comment les autorités de l’Etat français, pays démocratique, peuvent-elles devenir complices de la traite de la main d’œuvre cubaine en 2020 ?

Comment ceux qui revendiquent, protestent contre les discriminations d’une société républicaine peuvent-ils s’associer à un régime totalitaire ?

Où sont nos militants de la Liberté, nos résistants contre l’oppression, nos mouvements anti-esclavagistes ? Où sont nos ténors politiques pour s’opposer et dénoncer la traite des travailleurs cubains ?

Peut-être devraient-ils méditer cette phrase d’Abraham LINCOLN : “Lorsque l’homme s’habitue à voir les autres porter les chaînes de l’esclavage, c’est qu’il accepte lui-même de les porter un jour.”


LES MÉDECINS CUBAINS AU COEUR D’UNE AFFAIRE D’ESCLAVAGISME
Des associations défendant les droits de l’Homme ont déposé au deuxième trimestre 2019 une plainte devant la Cour Pénale Internationale contre le régime castriste qui exploiterait ses médecins envoyés en mission internationale.
Selon le Figaro, le Monde, le Point et bien d’autres, le régime de la Havane confisque entre 70 et 90% du salaire des professionnels et use de menaces et de pressions politiques pour les recruter. À l’étranger, les médecins cubains sont souvent soumis à un couvre-feu et ont interdiction d’entretenir des relations sentimentales avec les habitants des pays concernés.
La plainte indique qu’“Il ne s’agit pas d’actes individuels, isolés ou aléatoires, mais d’actes multiples avec une grande proportion de victimes (…) planifiés, autorisés et exécutés depuis les plus hautes sphères de l’État Cubain”, élément qui justifie entre autres que la plainte soit déposée au motif de “crime contre l’humanité”.
Ces procédures sont longues et complexes, un an plus tard le dossier ne semble pas avoir évolué et la crise sanitaire du COVID-19, sa médiatisation ont su faire de ces esclaves modernes de supposés héros.
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