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Si nous nous posons la question et que nous vous la soumettons… c’est que nous avons quelques éléments qui nous laissent à penser que tout ne va pas aussi bien que la population pouvait l’espérer.

Faisons court…

La crise populaire de décembre 2019 et janvier 2020 trouvait ses fondements dans la crainte d’une poignée de résidents de se voir expropriés ou empêchés de reconstruction par le PPRn pris par anticipation, et ce point a été largement utilisé à des fins de stratégie politicienne, mais aussi dans un sentiment d’abandon vécu par une part de la population, par certains quartiers désertés par les politiques et surtout par le premier d’entre eux et oubliés des politiques territoriales.

La mission Lacroix avait su lisser la première des pierres d’achoppement, la seconde avait trouvé une ébauche de réponse dans la mise en place des Assises des Politiques Sociales et de l’insertion du 18 au 21 février dernier. Ces assises avaient été plutôt bien perçues par la population mais la crise sanitaire est venue, comme pour d’autres thématiques, enrayer la belle mécanique.

L’Union du peuple-travailleurs saint-martinois veille…

Le déconfinement progressif a permis de retrouver ces thématiques suspendues le temps de la crise et c’est naturellement l’Union du peuple-travailleurs saint-martinois mené par Cédrick André qui s’en est emparé.

Ne nous leurrons pas, la visite “last minute” de l’ex-Ministre des Outremer, si elle était motivée par la signature du Plan de Convergence et de Transformation, a été largement occupée par le PPRn et la réactivation de ce dossier, Cédrick André a d’ailleurs été durant cette visite la personnalité de la société civile la plus au contact de la Ministre… Grande victoire locale, le dossier est bien réactivé et certains points bloquant du PPRn anticipé pourraient ne plus l’être à l’issue de la procédure qui va se poursuivre a minima jusqu’en février/mars 2021. En attendant, le PPRn pris par anticipation est celui qui est appliqué.

Second point de vigilance de l’Union du peuple-travailleurs saint-martinois : la réponse de la Collectivité à leurs revendications d’ordre sociales et économiques et sur ce plan, quelques inquiétudes sont venues troubler la confiance de ce groupe en leurs représentants élus.

On se souvient qu’Annick Petrus, 3ème Vice Présidente en charge du Pôle Social, avait recruté un chargé de mission en la personnes de Yannick Romain pour l’accompagner dans le déploiement de ces réponses attendues par la population.

Les assises étaient une d’entre elles et Yannick Romain, quoique guadeloupéen, avait su au prix d’une présence sur le terrain importante tisser un lien avec les quartiers et les acteurs. Oui mais… mais le contrat de Monsieur Romain tirait à sa fin et il était dès lors nécessaire de le renouveler.

Le souci est que si l’autorisation  a bien été donnée pour un renouvellement sur 6 mois, le chargé de mission se voyait glisser de l’entourage direct de la VP vers celui plus formel, moins politique de la DGA du Pôle, Madame Marien.

C’est politiquement relativement compréhensible de la part de l’exécutif qui sait la liberté de la VP Annick Petrus qui est des élus de la majorité l’une des plus autonomes même si elle sait aussi soigner son appartenance au groupe : sans chargé de mission, difficile de faire briller les initiatives politiques sur le champ du social et de l’insertion. Notons que Yannick Romain n’a pas souhaité poursuivre sa mission dans ces conditions et qu’il solde actuellement ses congés avant de quitter le territoire.

De l’art des réunions constructives…

L’Union du peuple-travailleurs saint-martinois a très vite pris la mesure de cette perte car pour que les choses avancent dans les quartiers, la pierre angulaire est le contact humain, socle  qu’avait su en 8 mois développer Yannick Romain.

Comme a son habitude, l’UPTSM a su obtenir de la Collectivité une réunion sur le sujet, celle-ci s’est déroulée mardi dernier et il n’est rien de surprenant à ce que les services de la Collectivité n’aient pas communiqué sur le sujet : propos outrageants, insultes, cris, témoignages de colère et excès d’autorité sont tout ce qu’il y a à retenir de ce moment dédié au social.

Quoiqu’il en soit, puisque la VP Petrus a été privée de l’outil de déploiement de sa politique sociale et inclusive sur le territoire, les assises apparaissent de plus en plus comme une coquille vide qui aura politiquement été utilisée pour faire taire la grogne populaire… et ça, l’UPTSM en a bien pris la mesure.

La crise sanitaire s’efface, les crises antérieures n’ont pas disparu et sur le champ du social, ce qui pesait avant pèse encore plus aujourd’hui puisque la crise économique paupérise les plus fragiles.

En bons lanceurs d’alerte, comme nous l’avions fait avec le PPRn avant la venue d’Annick Girardin, nous vous annonçons que la crise sociale est là et qu’elle ne tardera pas à être visible, voire très visible faute d’une réponse et d’une prise en considération suffisantes des pouvoirs publics… 

Y’aura-t-il une “Mission Lacroix bis” pour désamorcer cette crise ? Ce serait surprenant puisqu’une large part de la compétence “social” relève de politiques locales.

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