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L’intervention du Président de la République, comme celle du premier Ministre, traduisent la même tonalité, toute réforme ou résolution de crise suppose l’accroissement de la dépense publique.

Au nom de l’anesthésie sociale, la perspective de l’échéance présidentielle légitime la distribution de “quelques milliards de plus”

L’argent magique qui viendra de la Banque européenne et qui ne fera qu’accroître indéfiniment la dette publique…

Ségur de la santé : un conte pour enfants

L’analyse des annonces se fera ultérieurement mais l’exemple le plus frappant est celui du Plan Ségur qui devait réformer fondamentalement le système de santé et analyser la nature des dysfonctionnements, voire examiner l’opportunité  des dépenses de santé.

Le Plan Ségur se finalise par un accord salarial qui n’est pas discutable compte tenu des niveaux de rémunération mais en aucun cas ne met en cause l’organisation du système.

Quelques dollars de plus”  pour le personnel ne réforme en rien le fonctionnement du système de santé et sa dérive bureaucratique et inflationniste…

Le Plan Ségur ne fera qu’accroître le déficit abyssal de la sécurité sociale.

Alors qu’il faudrait s’interroger sur l’efficacité du système, l’opportunité des dépenses, la coordination entre le les systèmes public et privé…

Dans la même perspective, il convient de s’interroger et de redéfinir la qualification des postes et la valorisation des soignants, autres que le corps médical. Cela met en cause un certain nombre de principes, en premier lieu la coopération public/privé, admettre que l’hospitalisation privée puisse assurer une mission de service public constitue une hérésie.

Le deuxième facteur est lié à l’organisation médicale et l’engagement médical. Admettre que l’intervention du médecin ne se fera que pour les pathologies graves et laisser les personnels infirmiers traiter les pathologies légères, quitte à revoir la formation du personnel constitue aussi une désacralisation de la médecine.

Or, notre système de santé est à bout de souffle alors que nous sommes le pays qui consacre 11,20% du PIB à ce secteur, à comparer et à rapprocher de l’organisation de pays voisins.

L’explosion de la dette…

Il est facile d’externaliser une dette jusqu’à atteindre 196 milliards de déficit en reportant les échéances de remboursement à 2034.

Comme il est facile de multiplier les plans de relance qui ne se traduisent pour l’instant que par des interventions dans un schéma virtuel. Le gouvernement refuse de poser les véritables problèmes de notre société et de notre économie, de s’attaquer de manière effective et efficace au “mammouth” public… Il faut souligner que 60% de la ressource nationale est consacrée au financement des institutions et politiques publiques.

Cette pression sur l’économie réelle devient insoutenable, avec une croissance inconsidérée de la dette publique. Croire ou faire croire que l’Europe constitue un recours budgétaire relève de l’utopie.

Si les pays du Nord peuvent accepter un soutien ponctuel au titre du plan de relance, ils n’acceptent pas une dérive budgétaire et le rachat systématique des déficits des pays du Sud.

Il faut oser la révolution économique !

Sans reconstruction et sans réforme profonde, nous serons d’ici quelques années dans une situation identique à la Grèce avec les conséquences sociales que cela représente.

La réforme de l’économie passe par le soutien aux entreprises, mais non par les subventions, ou par la multiplication des systèmes d’assistance.

Pour créer de l’emploi, il faut créer de l’activité, construire un projet économique, libérer les énergies et développer une croissance maîtrisée pour qu’elle soit durable.

Il faut sortir du schéma absurde et mortifère de la dépense publique en faisant croire que la solution est liée à la décroissance.

Sortons de l’image d’Epinal et arrêtons de faire croire que le monde meilleur est pour demain.

Pour que ce monde change et qu’il y ait une croissance réelle et non maquillée, il importe de prendre des  mesures radicales : augmentation de la durée du travail, réduction des dépenses publiques, privatisation de certaines fonctions collectives à l’instar de la Suède, décentralisation accrue et évaluation de la gestion des collectivités…

Mais ces réformes sont l’antithèse des annonces gouvernementales et des choix proposés au peuple français.

Je citerai en conclusion cette phrase de Marc DUGAIN : ‘Il s’en suit que plus que jamais, la France, habituée à surmonter les crises, amortit désormais la croissance. Ses dirigeants, issus en majorité de la haute administration française n’ayant pas le courage d’imposer les réformes quand il était temps, attendent maintenant la croissance, comme les officiers français attendaient les allemands sur la ligne Maginot.”

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