Temps de lecture estimé : 3 minutes

Il y a deux semaines, nous nous interrogions sur la portée de l’action publique sur ce sujet qui est pourtant supposé être le “fil rouge du quinquennat” d’Emmanuel Macron au travers de l’histoire dramatique d’une jeune femme, que nous avions appelé Jane Doe, esclave sexuelle, maintenue sous l’empire du crack par un souteneur qui voyait d’un mauvais œil sa grossesse…

Prise en charge parce que sa vie était en danger, la sollicitation des différents outils locaux avait su mettre une chose en évidence : les moyens ne ruissellent pas jusqu’à Saint-Martin pour ce qui concerne les violences faites aux femmes, la décentralisation insuffisante en la matière laisse les fonds dédiés bénéficier à la Guadeloupe.

Pourtant, la problématique est plus que réelle à Saint-Martin où la prostitution infantile a quasiment pignon sur rue, où le tourisme sexuel est gentiment appelé autrement à quelques kilomètres, où les violences conjugales s’invitent trop largement au Tribunal quand elles s’y invitent, étant entendu que dans le secret des foyers, bien des choses se passent à la marge de la Loi et au détriment généralement de celles que la peur paralyse.

Alors, rien de bien surprenant que cette campagne d’affichage qui est venue perturber le confort des œillères posées sur une société qui vit bien plus confortablement en niant certaines évidences.

Ces collages, on les doit à un groupe activiste et féministe, qui a su opérer de nuit et qui utilise notamment instagram pour porter la cause. La nomination de Gérald Darmanin au Gouvernement Castex en tant que premier flic de France alors qu’une enquête pour des accusations de viol est toujours en cours a certainement attisé l’ire du mouvement féministe qui aura choisi de le faire savoir par ce biais.

L’esprit du collage c’est de ne s’arrêter que lorsqu’il y a un gain de cause. 

Une membre du collectif collages_féministes_sxm
Quand on verra des sous sur la table de la part du gouvernement pour aider les centres d’appels, d’accueil, les associations qui font du travail et du suivi auprès des femmes victimes, quand les médias arrêteront de parler de meurtre passionnel et qu’ils nommeront ça de la juste manière : des féminicides. Quand les programmes scolaires éduqueront au consentement, à la sexualité bienveillante, à la communication consciente, quand on arrêtera de me siffler 3-4 fois lorsque je marche 15 min dans la rue, lorsque les femmes pourront rentrer chez elles la nuit sans avoir peur, lorsque le plafond de verre n’existera plus et surtout lorsqu’on arrêtera d’élire des gens au pouvoir qui sont accusés de viol (et la liste est longue) alors peut être qu’on arrêtera de coller …
(…) Au niveau individuel, il s’agit de dire : maintenant fais attention à ce que tu fais car tes agissements je vais les coller sur les murs. (…) Saint-Martin est un territoire oublié des statistiques mais j’ai trouvé une étude qui annonce que Saint Martin a le plus haut taux de violence volontaire au sein des familles de toute la France. Alors nous allons coller !

collages_feministes_sxm, c’est le nom du collectif sur instagram, a ainsi couvert plusieurs espaces dont la Collectivité, le Collège du Mont des Accords et un transformateur EDF devant le siège social de la SEMSAMAR…

Des initiatives de cette nature se multiplient sur tout le territoire national, nous en avons dénombré 55, et l’on retrouve des groupes “collages_feministes” un peu partout sur les réseaux sociaux.

Si l’initiative saint-martinoise pouvait faire évoluer les consciences et voir l’action publique atteindre un territoire qui en a grand besoin… why not !

Commenter avec Facebook

2 comments

  1. La dimension concrète et locale est totalement absente de ce copié-collé. Ce n’est pas du journalisme de terrain, mais de la fainéantise le cul devant l’ordi, teintée de « moraline hautaine », as usual !

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.