Jean-Paul FISCHER, Directeur de Publication
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Il est arrivé le temps des vacances après le long sommeil du confinement et la Collectivité organise de manière scientifique les embouteillages que ce soit à Grand Case ou à l’entrée de Marigot.

Sur un territoire, tel que Saint-Martin, moyennement développé, ce type de chantiers s’organise pour éviter de perturber la circulation, les travaux s’effectuent la nuit ou les week-ends.

Un peu de bon sens !

A Saint-Martin, c’est le contraire, les gros travaux sont programmés aux heures et jours ouvrables. Cette organisation a deux avantages, elle oblige l’automobiliste à consommer plus de carburant et à alimenter la fiscalité locale. Cela démontre que la Collectivité travaille pour nous. Ces observations pourraient paraître dérisoires si elles ne traduisaient pas un mode de gestion ou une conception politique de la vie locale… En premier lieu, l’incapacité de la Collectivité à anticiper et à organiser les travaux nécessaires à la fonction collective.

Cette attitude illustre aussi l’absence de considération que porte l’administration à la vie économique, voire plus simplement à la vie du citoyen.

Qu’importe que les familles, les salariés, les commerçants, les artisans, les entrepreneurs perdent des heures dans une interminable file de voitures, que les visiteurs ne puissent se rendre à l’aéroport… Cela ne concerne visiblement personne.

Une gouvernance déconnectée !

Cette façon de gérer la vie quotidienne constitue un exemple du fonctionnement de la gouvernance du territoire. Elle impose ses projets, sa communication, sa vision du territoire élimant la réalité sociale et l’avis du citoyen.

Plan de relance… pas lancé !

Un autre exemple mérite d’être cité. Pendant le confinement, nous avons eu droit toutes les semaines à la parole du Président, aux annonces sur le plan de soutien aux commerçants TPE, artisans… Pouvons nous faire un bilan de l’exécution des mesures et de tant de promesses ?

Quant au plan de relance, il sera opérationnel lorsque le vaccin contre le COVID-19 sera universel !!! Il serait temps que les autorités locales comprennent la réalité de la société, du territoire qui subit une crise sociale grave, sans précédent.

Retour des indicateurs au rouge

Tous les indicateurs, croissance de la délinquance, insécurité, impayés, augmentation de la pauvreté, difficultés bancaires, témoignent de la dégradation du tissu social et économique.

Nous savons que ce n’est qu’un préambule du phénomène. Pour répondre à ces enjeux, affronter la dépression économique, il ne suffit pas de mettre en cause l’Etat et ses représentants. La responsabilité de la gestion du territoire appartient aux élus qui ont opté pour un statut particulier (Article 74).

Il convient d’assumer, voire de corriger ses choix et ses erreurs politiques.

Courage… fuyons ?

La qualité de gestion, la volonté de gouverner se manifestent ou s’affirment dans le temps de la crise lorsque souffle la tempête. Après IRMA, il y a eu l’État, Sandy Ground, maintenant le COVID qui ont soulevé autant de vents contraires ! Or cette période, ces événements auraient pu permettre la mise en oeuvre d’une reconstruction du tissu économique et impulser une mobilisation des forces vives du territoire, intégrer toutes les communautés, élaborer un véritable projet de société, renégocier les rapports avec l’Etat.

Notre territoire se trouve dans un état de délabrement total, routier, réseaux, bâtiments publics et privés, fermeture des commerces, perte d’emplois, etc…

Pire que jamais

Jamais Saint-Martin n’a connu une telle décadence, un tel délabrement, une telle crise. Il faut dès lors provoquer un sursaut, créer un renouvellement politique, rassembler, travailler avec une vision d’avenir. Cela suppose un projet et un programme, mais surtout une capacité de gestion, d’anticipation et d’organisation.

Le refus de la réalité, de la vérité mène à l’autisme politique, précurseur de la chute… De l’inconséquence à l’incompétence naîtront un choc social, une fragilité du tissu économique, la levée des populismes et de ses dérives.

Le temps des discours, de la parole, de la médiatisation de projets virtuels, du bruit médiatique est passé. A chacune et à chacun d’entre nous s’oppose une réalité violente. Pour essayer de trouver des solutions à cette crise, vous avez le temps de réfléchir dans les embouteillages au sens propre et au sens figuré !

Bonnes vacances.

Et comme disait Daniel PENNAC : “L’avenir, c’est la trahison des promesses”

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