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27 Septembre 2020, les grands électeurs de la Collectivité de Saint-Martin seront tenus d’élire leur sénateur/trice. Comme nous l’évoquions la semaine dernière, le candidat naturel de la Team Gibbs, car présenté comme tel lors de la campagne des territoriales en 2017, aurait dû être Franck Viotty.

Pour autant, il semblerait que ce dernier n’ait finalement pas fait acte de candidature même s’il y a beaucoup pensé, entre cadre déclaratif imposé pour accéder à l’élection et suppléance que l’on aurait essayé de lui “imposer”.

Mais qui est donc le ou la candidat(e) de la team ?

Nous aurions aussi pu sous-titrer “tous sénateurs” puisque l’espace libre fait naître les vocations de façon prolixe. 

De fait, ce rebondissement dans la stratégie de la Team Gibbs a imposé le sujet lors de la réunion des élus  de la majorité vendredi dernier à 17:00 à l’hôtel de la Collectivité, balayant l’ordre du jour qui devait être l’étude de la motion dédiée à la préférence à l’embauche locale, motion qu’une part des élus aurait voulu voir imposée au Conseil Territorial d’hier notamment suite à la mise en difficulté du Directeur des Affaires Financières. Le sujet “sénatoriales” lui n’aurait dû être débattu que lors d’une réunion du mouvement lundi dernier, réunion qui de fait n’a pas eu lieu mais à laquelle s’est substituée un “conclave” des élus de la majorité après le Conseil Territorial d’hier. Aucune fumée blanche n’est parvenue à la rédaction au moment de la mise sous presse de ce numéro du St Martin’s Week.

La Team est donc orpheline de candidat et de fait, les velléités poussées par les égos bien plus que par les compétences ou la dimension de la fonction s’affirment et le Président Gibbs va avoir fort à faire pour parvenir à obtenir un consensus autour d’un candidat et de son suppléant voire même de l’identité des assistants parlementaires qui ne vienne pas aggraver les dissensions internes.

Dans ce cadre complexe, le Saint-Martin’s Week a souhaité rappeler quelques règles de base relatives aux candidats et au cadre de l’élection.

Quelques détails sur ces élections

Au delà des formalités parfois incommodantes, même droit dans les yeux, des déclarations de patrimoine et d’intérêts, quelques autres broutilles s’imposent aux candidats.

Les candidats, et leurs remplaçants, doivent avoir 24 ans révolus et ne pas être dans l’un des cas d’incapacité électorale ou d’inéligibilité prévu par la loi (L.O. 127). La qualité d’électeur s’apprécie au regard de l’article L. 2 qui précise que sont électeurs les Françaises et Français, jouissant de leurs droits civils et politiques et n’étant dans aucun cas d’incapacité prévu par la loi. Il n’est en revanche pas nécessaire de figurer sur la liste électorale de la collectivité de Saint-Martin.

Les conditions d’éligibilité s’apprécient au jour du scrutin. En conséquence, l’âge minimum doit avoir été atteint et les inéligibilités doivent avoir cessé au plus tard la veille du scrutin à minuit.

Parmi les formalités à remplir par le candidat et son remplaçant dans cette élection majoritaire à deux tours, figure naturellement la déclaration de candidature en elle-même où l’on retrouve son identité et celle de son remplaçant qui lui aussi devra se fendre d’une déclaration de candidature ad hoc. Mais il y a aussi l’obligation de déclarer un mandataire financier ce qui ouvre naturellement la porte aux grandes questions relatives au financement de campagne.

Cela passe par une déclaration de subrogation qui lui permettra de se voir rembourser l’impression des bulletins de vote et des circulaires imprimés dans ce cadre. A titre d’exemple et en attendant que le Ministère de l’Intérieur dévoile les montants 2020, en 2014, le Montant du plafond de dépenses par candidat à Saint-Martin était de 12856 euros et celui du remboursement forfaitaire de 6903 euros, montants assez élevés lorsque l’on considère que la campagne a pour vocation de convaincre 25 Grands Électeurs.

Ensuite, si un candidat issu de l’exécutif devait être élu, il lui faudrait renoncer à ce statut et donc renoncer au Conseil exécutif dans un délai de trente jours consécutifs à son élection. A défaut de démission dans ces délais, le mandat ou la fonction acquis(e) à la date la plus ancienne prend fin de plein droit. On notera que rien n’interdirait à Claire Guion Firmin de se présenter sous réserve si elle était élue de démissionner de son mandat de député dans ces délais, sa suppléante, Micheline Jacques de Saint-Barthélemy, devenant alors députée.

Une idée qui peut sembler saugrenue mais qui ne manquera pas d’intérêt dans certains esprits d’autant que Madame Jacques est dans tous les esprits à Saint-Barthélemy pour succéder à Michel Magras, sénateur.

Les vacances pour laisser les choses s’éclaircir ?

Trêves de tergiversations stériles, les élus de Saint-Martin vont pouvoir profiter de quelques semaines de répit pour la plupart, la trêve estivale étant là ! De quoi calmer peut être certaines ardeurs pour certain(e)s ou approfondir leurs arguments pour d’autres.

Le Président Gibbs lui devrait rejoindre Paris dès ce week end puis le Sud de la France à quelques encablures de la Villa Cap Nègre qu’il ne manquera pas de visiter pour revenir enrichi de conseils stratégiques car, ne l’oublions pas, la sénatrice ou le sénateur issu du scrutin du 27 septembre à Saint-Martin devra pour que notre Président puisse garder sa crédibilité auprès des Républicains auxquels il est particulièrement fidèle, rejoindre la grande famille LR.

11 septembre, date limite de dépôt des candidatures pour le renouvellement de la moitié du Sénat (174 sièges). L’élection de 2017 : 1996 candidats, le chiffre le plus élevé jamais enregistré.

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