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Le 27 juillet, la DIECCTE a dévoilé les derniers chiffres de l’emploi en Guadeloupe et dans les îles du Nord en les qualifiant elle-même “d’indications sur l’ampleur du choc en cours”.

Marché du travail en berne à Saint-Martin

Conséquence de la crise sanitaire, des différents mouvements sociaux ou encore de l’épuisement de la manne liée à la reconstruction, les chiffres du chômage reflètent une réalité palpable dans les rues de Saint-Martin : de plus en plus de personnes inactives et/ou en perte de revenu.

Ainsi, au deuxième trimestre 2020, à Saint-Martin, le nombre de demandeurs d’emploi tenus de rechercher un emploi et sans activité (catégorie A) s’établit en moyenne à 4 425, soit une augmentation de 9% sur le trimestre (soit +365 personnes) et 9,5 % sur un an. Et le nombre de demandeurs d’emploi toutes catégories confondues s’établissait à 5 200 à la fin du mois de juin, soit une progression de 8% sur les trois derniers mois. 

A Saint Barthélemy, c’est pire…

Au deuxième trimestre 2020, à Saint-Barthélemy, le nombre de demandeurs d’emploi tenus de rechercher un emploi et sans activité (catégorie A) s’établit en moyenne sur le trimestre à 460. Ce nombre augmente de 37,3 % sur le trimestre (soit +125 personnes) et de 16,5 % sur un an. A titre de comparaison, en Guadeloupe, ce nombre augmente de 1,1 % sur un mois, de 4,6 % sur trois mois et diminue de 1,3 % sur un an.

Ils étaient 635 inscrits, toutes catégories confondues, à la fin du mois de juin sur l’île voisine.

Et ce n’est que le début…

Si ces chiffres ne sont pas surprenants, ils restent alarmants et devraient confirmer leur hausse dans les mois à venir non seulement en raison des moroses perspectives économiques de nos territoires trop dépendants du tourisme, mais aussi parce que depuis le 1er août, la durée d’affiliation minimale pour ouvrir ou recharger les droits à l’assurance chômage passe de 6 à 4 mois. Et ce ne sont pas les quelques 29 offres d’emploi disponibles sur le site de Pôle Emploi pour Saint-Martin et 21 pour Saint Barth qui pourront infléchir cette courbe.

Lorsque l’on sait, en outre, que ces chiffres ne sont pas vraiment complets eu égard à la difficulté d’accès aux services de l’agence Pôle Emploi locale, il nous reste à espérer que d’autres dispositifs d’Etat ou territoriaux et une grosse dose de créativité entrepreneuriale sauront  préserver la cohésion sociale et la sécurité. A défaut, nos îles, autrefois fiers étendards du libéralisme, risquent de sombrer dans les méandres de la paupérisation à très court terme…

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