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A la marge des raisons sanitaires qu’il ne nous appartient pas de juger, il est évident que personne ne se satisfait vraiment de ce retour des contrôles. Pour autant les appels à la manifestation ou les sonnettes tirées ne sont que très peu unitaires et surtout pas transfrontalières alors que le sujet lui l’est !

L’initiative du MJP

Parce que le sujet est identitaire et que c’est le propre du politique que de savoir rebondir sur l’actualité, Louis Mussington, leader du MJP et de l’opposition, a donc lancé un appel à la manifestation pour ce samedi 08 Août à 8:30 au rond point de Bellevue.

Les revendications du MJP sont simples et claires et tiennent avant tout dans le respect d’une unité géographique de l’île et dans une communauté de destin historique de ses habitants.

C’est une des fibres naturelles du leader du MJP, fibre légitime mais malheureusement peu inclusive pour celles et ceux qui ne sont pas le fruit de cette Histoire, ou pour celles et ceux qui n’adhérent pas aux idées du Mouvement.

L’économie n’est pour autant pas oubliée et Louis Mussington l’évoque en ces termes : “Le suicide économique du Nord semble intentionnel car, une fois de plus, les gens de St-Martin sont confrontés à un manque de respect flagrant de la part de l’État et la collectivité.”

L’appel sur les réseaux sociaux

C’est sans doute ce qui aura motivé une autre mobilisation ce jeudi 06 août amorcée grâce aux réseaux sociaux et qui se voulait une démonstration de force de la part de celles et ceux qui souffrent économiquement de cette contrainte frontalière imputable à la crise sanitaire et qui ne se sont pas sentis inclus dans la démarche initiée par Louis Mussington.

Au bilan, la démonstration ne fut que très symbolique mais marque surtout ce clivage qui s’affirme au sein de notre société plurielle : devant la préfecture, en ce jeudi 06 août, tous les participants pouvaient se revendiquer, pour peu qu’elle existe, de la communauté métropolitaine.

L’occasion fait le larron…

Parce que c’est le cadre des prérogatives de la CCISM, certainement loin de la politique ou du coup de COM, Angèle Dormoy-Isaac qui en est Présidente, au titre de l’économie et des ressortissants de la chambre consulaire, avait déjà saisi par courrier la Préfète Sylvie Feucher en date du 04 août pour “tirer la sonnette d’alarme quant à l’impact économique de la fermeture des frontières”. Ce courrier est devenu communiqué de presse le jeudi 06 Août.

Si la Présidente de la CCISM reconnaît “le travail des services de l’État dans la gestion de cette crise sanitaire ainsi que les mesures de soutien aux entreprises”, elle pointe néanmoins du doigt le fait que “près de 60% des TPE et chefs d’entreprises indépendants n’ont pu bénéficier des aides annoncées par le Gouvernement pendant le confinement”, faute de pouvoir répondre aux canons fiscaux d’éligibilité. Cette donnée a d’ailleurs donné lieu à la création par la Collectivité de la cellule “CARE” en partenariat avec la CCISM et qui vise à accompagner les entrepreneurs désireux de régulariser leurs situations fiscale et sociale.

Quoiqu’il en soit, Angèle Dormoy qui est coutumière des phrases chocs, on se souvient que la révision du PPRn et son application par anticipation qui lui avait fait dire que les conséquences de cette décision seraient pires qu’Irma,  n’hésite pas à affirmer que “cette nouvelle fermeture de la frontière entraînera la mort certaine de centaines d’entreprises sur la partie française de l’île, qui perdent environ 50% de leur clientèle.”

A la marge de cette médiatique présence, on notera que la CCISM est en pleine négociation avec la collectivité pour obtenir de cette dernière une subvention, comme chaque année, mais la sollicitation de l’argent public est cette fois un peu “vitaminée” passant de 350k€ à 500k€… en attendant la décision de la COM.

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