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Le sujet n’intéressera que très peu l’électeur, espèce d’ailleurs en voie de disparition croissante à Saint-Martin, puisque seuls 25 grands électeurs décideront de qui deviendra sénatrice ou sénateur le 27 septembre prochain.

Pour autant le paysage s’éclaircit quelque peu grâce notamment à une belle interview concédée à nos confrères du Pélican par le Président Gibbs : il ne sera pas candidat ! Cela nous évitera quelques scénarii hollywoodiens sur le sujet… quoique…

Guillaume Arnell lui sera bien candidat à sa propre succession et l’expérience de l’élection de 2014 peut légitimement lui laisser à penser qu’une situation rocambolesque, adossée à son bilan, pourrait le reconduire dans ses fonctions.

Franck Viotty lui, ne sera pas candidat alors qu’il était le poulain annoncé de la Team Gibbs.

Vendons la mèche…

Orpheline de candidat, la Team ultra-majoritaire au Conseil Territorial et disposant aussi en toute logique de la voix de la Députée Claire Javois, se devait donc de brainstormer pour faire émerger une candidature qui puisse faire l’unanimité ou s’en approcher.

Si l’opportunité a su créer un peu de fébrilité chez celles et ceux qui se sont senti pousser des ailes, il semble que ce soit Annick Petrus, 3ème Vice Présidente de la Collectivité qui ait obtenu l’aval du Président Gibbs pour porter les couleurs de la Team à ces élections.

La Vice-Présidente œuvre d’arrache pied depuis pour consulter et fédérer autour d’elle parmi les 23 grands électeurs restant.

Son remplaçant n’est pas encore parfaitement identifié mais se joue en coulisse un autre enjeu, celui du choix des assistants parlementaires parmi lesquels il ne serait pas impossible de retrouver un autre élu… alors, il n’y a pas quelque chose d’hollywoodien là ?

Oui mais… la candidate Annick Petrus pourrait ne pas faire l’unanimité au sein du groupe majoritaire et c’est là pour le Président Gibbs l’énorme risque de cette élection…

Tout porte à penser que le Vice Président Steven Patrick affiche lui aussi des velléités d’accès au Sénat lui aussi…

On le sait, depuis la tentative avortée d’imposer au Président Gibbs une motion actant la volonté d’intégrer une part de discrimination positive dans les recrutements internes à la Collectivité, deux courants semblent se dessiner au sein de la majorité.

Si la candidature de Steven Patrick devait être confirmée, cela viendrait indubitablement fragiliser la majorité, fragilisation à hauteur du résultat du candidat.

Dans les rangs de l’opposition, seul le nom de Marthe Ogoundélé a été évoqué dans le cercle très fermé de celles et ceux que le moment intéresse.

Au sein de la société civile, d’autres candidatures potentielles ont été évoquées mais se sont retrouvées pour certaines confrontées à des incompatibilités ou à des conditions d’inéligibilité.

Annick Petrus vs Steven Patrick

Tout un programme ! Ce serait fatalement un coup dur pour la mandature de Daniel Gibbs car au delà d’un acte clairement frondeur de la part de Steven Patrick, au sortir de cette élection, le risque de voir naître un nouveau groupe au sein du Conseil Territorial est réel.

Dès lors, il faudra être comptable pour parvenir à savoir si le Président pourra encore compter sur une majorité absolue ou si toutes les délibérations devront faire l’objet de tractations particulières… le cauchemar de tout Président.

Une situation de blocage au CT ne serait pas sans conséquences potentielles comme l’indique la Loi Organique : “Art. LO 6321-5. − Lorsque le fonctionnement du conseil territorial se révèle impossible, le Gouvernement peut en prononcer la dissolution, d’office ou à la demande de son président, par décret motivé pris en Conseil des ministres. Le décret de dissolution fixe la date des nouvelles élections. Le Gouvernement en informe le Parlement dans le délai le plus bref. S’il y a urgence, le conseil territorial peut être provisoirement suspendu”.

Pour rappel, la majorité absolue au CT est posée à 12 voix. La Team Gibbs dispose actuellement de 18 voix. La naissance d’un groupe comportant 7 élus ou plus mettrait fin à la stabilité vécue depuis mars 2017 et les belles unanimités seraient à reléguer au passé. Les mots “motion de défiance” tant entendu lors de la première mandature pourraient même s’inviter.

De façon incontournable, et que de la majorité émerge un, deux (et pourquoi pas plus) candidats, il faut aussi prévoir une valse des portefeuilles au sein de l’exécutif puisque le mandat de sénateur est incompatible avec une position dans l’exécutif local et que la “trahison” s’accompagne généralement d’une dépossession des portefeuilles (mais pas toujours d’une déchéance du statut de vice-président).

Ca va secouer !

Si les sénatoriales ne vous passionnent pas, leur incidence sur la stabilité politique de cette mandature est pourtant une réalité, réalité qui dépendra de la candidature ou non de Patrick Steven, de son score au premier tour et des conséquences induites sachant que tous les élus sont déjà, au delà des sénatoriales, focalisés sur leur reconduction en 2022, sur la meilleure des stratégies pour y parvenir et sur les initiatives internes ou externes au CT (et cela pousse au portillon) qui sont les plus à même de leur permettre d’arriver à leurs fins.

La situation ne manquera pas d’évoluer encore d’ici le 11 Septembre, triste date qui sera aussi celle de la limite des dépôts de candidatures, certaines ne manqueront pas d’être farfelues, d’autres préfigureront certainement le paysage politique de demain et mettront en lumière certaines velléités, d’autres encore seront à prendre plus au sérieux dans leurs conséquences et dans leur capacité à faire exister la Collectivité de Saint-Martin au sein du sénat, qui rappelons le, dispose de l’initiative parlementaire.

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