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Les grèves de décembre, la crise de la Covid-19, le confinement, le déconfinement, la fermeture, rouverture, refermeture de la frontière et quelques autres broutilles vous ont, chers lecteurs, certainement laissé à penser que le St Martin’s Week n’avait plus l’œil sur la reconstruction privée et les superbes opérations réalisées par quelques sociétés.

D’autres ont dû penser que ce sujet était clos suite à quelques coups de pression reçus à la rédaction sous forme de demandes de droits de réponse délicatement transmises par voie d’huissier. A la rédaction, même s’il nous arrive de nous tromper ou de ne pas tout dévoiler, on adore les droits de réponse… parce que lorsque nous pensions nous contenter d’un papier, un second nous est offert ouvrant la porte à un troisième qui viendrait pousser un peu plus loin la pudeur qui nous avait imposé un peu de réserve dans le premier…

Vous avez demandé la justice ? 690 000€ de trop perçu

Réclamer justice, c’est un peu ce que s’est évertué à faire un panel malheureusement pas assez conséquent de petits propriétaires dont beaucoup de plaintes ont été classées sans suite… Mais lorsque c’est un syndic de copropriété qui porte le dossier, il semble que cela en impose un peu plus. Cet exemple pourrait peut être en inspirer d’autres, à la BO ou à la Baie Nettle, à Cul de Sac ou Mont Vernon et que dire d’Oyster Pond ?

Dans la première affaire, c’est Sprimbarth Cap Caraïbes qui au nom des copropriétaires de la résidence La Lagune saisit par voie de référé le tribunal judiciaire de Basse Terre et demande au juge de statuer sur cette reconstruction plus qu’opaque et litigieuse. Le chantier est à l’arrêt total depuis juillet 2019.

C’est la Société Omnigate Construction qui avait obtenu le marché avant que celui-ci glisse vers le célèbre Groupe Deldevert pour un montant total de 2 266 681,89€ HT. 50% de ce montant aurait dû être versé à la société puisque le principe était devenu traditionnel en Post-Irma, le conseil syndical, sans doute un peu vigilant, ne concédera que 20%.  

L’audience a eu lieu le 07 juillet dernier, l’ordonnance de référé a été rendue le 30 Juillet 2020.

Le juge a décidé de nommer un expert judiciaire sur ce dossier qui disposera de trois mois et des moyens pour rendre son rapport. Le Groupe Deldevert est lui condamné à rembourser au Syndicat des copropriétaires de la résidence la Lagune la somme provisionnelle de 689 760,36€, trop perçu au regard de l’avancement des travaux, des avances et situations pour autant réglées et de l’abandon de chantier, montant assorti d’une amende de 1500,00€ pour compenser les frais non compris dans les dépens.

Jugement-référé-Deldevert-La-Lagune

Vous avez encore demandé la justice ? 470 à 600 000€ de trop perçu

C’est un autre dossier, assez lourd lui aussi et qui bénéficie du regard bienveillant de la justice, celui du Tribunal Judiciaire de Basse Terre : les Portes de Saint-Martin à Bellevue. Dans ce dossier, suite à une ordonnance en date du 24 septembre 2019, un expert judiciaire œuvre à faire la lumière quant à la réalité de la reconstruction, à son état d’avancement et à la pertinence des sommes engagées. Un pré-rapport a été fourni au Président du Tribunal judiciaire et il ne plaide pas en faveur de l’exemplarité de la reconstruction.

Sur la réalité des travaux réalisés, l’expert judiciaire estime la surfacturation sur ce chantier littéralement planté entre 473 857,67€ et 601 882,92€ auxquels il faudra ajouter les pénalités de retard…

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Qui parle de civisme fiscal ? 1.125M€ de redressement

D’autres affaires ne manqueront pas de venir emplir nos colonnes, qu’il s’agisse du groupe Deldevert ou d’autres puisque certaines sociétés ont déjà acté de choisir l’impasse et de disparaître tant que la profitaison était grasse plutôt que d’assumer leur responsabilités au bénéfice des copropriétaires dont certains sont dans la plus sévère des panades et plus globalement au bénéfice du territoire.

Parmi les éléments qui auraient pu bénéficier au territoire au-delà d’une honnête reconstruction, il y a la contribution fiscale des entreprises qui y participent… et là encore, le Groupe Deldevert, que l’on considérera évidemment comme marginal pour ne pas jeter l’opprobre sur la profession, sait se distinguer.

Selon nos informations, cette société qui aurait dû suite à Irma trouver une implantation durable à la hauteur d’ambitions entrepreneuriales mégalomanes et participer en cela au grand succès de notre autonomie fiscale, vit un petit moment de tension vis à vis des services du fisc.

En principe, le contrôle des impôts par l’administration fiscale s’effectue selon la procédure de rectification contradictoire. Cette procédure offre de nombreuses garanties au contribuable et lui permet de proposer des observations et de négocier avec les impôts.

A l’inverse, lorsque le contribuable s’est, de manière volontaire, placé dans une situation irrégulière au regard de ses impositions, l’administration fiscale peut engager une procédure de taxation d’office.

Cette procédure ne confère pas les garanties accordées en cas de procédure contradictoire. L’administration fiscale a alors la possibilité de redresser le contribuable sans que celui-ci ne puisse se justifier ou formuler des observations.

C’est dans ce cadre particulier de la taxation d’office que le Groupe Deldevert, Omnigate Construction et Omnigate International font l’objet d’un redressement à hauteur de 1.125 Millions d’euros !

N’en jetez plus, la coupe est pleine entre les trop perçus identifiés et il y en aura d’autres, et les redressement fiscaux, le gavage représente déjà 2.3 Millions d’euros.

Rendez Nous Mario !

La nébuleuse Di Palma ne manque pas d’ingénierie en termes de montages entrepreneuriaux, entre prête-noms, société à Saint Barth, sociétés étrangères, obligations d’annonces légales non respectées ne permettant pas au greffe du tribunal d’être parfaitement au fait de la vie des sociétés, acquisitions immobilières fantoches et autres, seul le Groupe Deldevert est effectivement piloté par Mario Di Palma. Mais la nébuleuse est pourtant identifiée : Deldevert Construction, Omnigate Distribution, Alu +, GEC, La Générale, EMS, Anse Marcel Plage & Marina, Hurrikane et Sunsea Yachting dont on ne sait exactement les liens exacts qui la lieraient à Sunsea Agency… il y a de quoi s’arracher les cheveux, perdre son latin, diluer les responsabilités et se servir d’un nombre certain de fusibles avant que le cerveau, le créateur de la nébuleuse ne soit inquiété. Les fusibles eux, ont par contre au regard des deux affaires ci-avant, plutôt intérêt de prendre la pleine mesure de leur réelle fonction.

Dutch Side, les affaires ne vont pas mieux car si un projet de développement de bar restaurant était bien sur les rails, il semblerait que le projet comme tant d’autres en partie française soit tombé à l’eau. Si d’aucuns souhaitaient investir ou s’investir à Sint Marteen en bord de lagon de Simpson Bay, l’espace est actuellement à louer et le numéro de téléphone est le 0690887969.

Pour autant, puisque le Groupe Deldevert est aujourd’hui une coquille vide, que son gérant n’est pas français mais résident cubain, que les vols internationaux ont repris et, nonobstant les appels et autres recours que la justice sait mettre à disposition du justiciable, il serait très surprenant que ces quelques millions d’euros revoient un jour le territoire saint-martinois.

Avons nous péché par naïveté… certainement mais pas seulement

Certainement, parce que lorsque l’équipe Di Palma pointe le bout de son nez en 2009 derrière Daniel Gibbs alors vice-président en délicatesse avec sa majorité et par l’entremise d’un panel de personnes qui doivent craindre quelque part que leurs noms n’apparaissent en ces colonnes, la crise économique est déjà là et puisque l’espoir fait vivre, bon nombre de citoyens ont vu dans les projets pharaoniques proposés par le jeune entrepreneur, dont la qualité principale est l’usage du verbe, une façon de voir Saint-Martin briller à nouveau de mille feux… strass, paillettes et poudre aux yeux : la baie de Marigot remblayée et un îlot de condos, villas, hôtels et autres cirque du soleil face à un Grand Marigot revisité, équipé de quais et autres infrastructures dédiées à la croisières, au luxe et au business (Pour l’instant, nous en sommes à une volée de containers hors de prix dont les occupants par destination refusent de prendre possession).

A l’époque, en 2012, après la défaite de la liste menée par Daniel Gibbs, le spin doctor de l’équipe nous avait clairement affirmé que la famille Di Palma n’avait pas investi autant d’argent (on taira le montant, la coupe est déjà assez pleine)  à Saint-Martin pour s’asseoir dessus. 5 ans plus tard, Daniel Gibbs Président et Irma faisant, le retour sur investissement est là même si pas à la hauteur des ambitions de la team canadienne et pour cause : le Président Gibbs n’ouvre pas les portes des marchés publics au Groupe Deldevert qui n’a plus de saint-martinois que le nom et pour cause, l’œil de Paris est partout et il est plus que temps de s’affranchir de ce partenaire sulfureux et de le cantonner à l’aspect privé de la reconstruction.

Aujourd’hui, le Groupe Deldevert devrait rapidement atteindre le point de non retour qu’est la liquidation judiciaire. Il faut savoir que le téléphone ne répond plus, que les boîtes mails sont HS, les bureaux vides et que la boîte postale est full de recommandés qui ne trouvent personne pour les retirer. Les salariés, dont certains sont “historiques”, sont sur le carreau, ne sont plus payés, et sont face à des difficultés profondes. Au delà de ces effets immédiats de la banqueroute, il faut savoir que lorsque la société saint-martinoise historique Groupe Deldevert, passe dans les mains directement ou moins de Mario Di Palma, elle est alors soumise suite aux difficultés vécues par le BTP à un plan de continuité de 10 ans, conclu par Guy Deldevert lui même et qui impose le cadre de la survie de la structure créée par son père. Les conditions de la continuité sont aujourd’hui rompues, le gérant ne s’y conforme pas et est aux abonnés absents.

La subtile réaction du territoire…

Mais le territoire a quelque chose de magique, si on lui prête une certaine capacité à fonctionner à la marge du droit, il a aussi une forme de bon sens vissé au corps et il n’accepte que jusqu’à un certain point ce braquage organisé venu d’ailleurs surtout lorsqu’il ne répond pas à la théorie du ruissellement et vient salir le nom de ceux qui ont participé à sa construction.

Le territoire, au delà de la lente judiciarisation des sujets faute de moyens et d’une volonté sérieuse venue d’en haut, réagit face à l’évidence et c’est un autre chantier hérité de cette belle aventure qui risque le plantage en bonne et due forme : celui de la Savane. Un joli projet à l’initiative de Monsieur Schuller et assumé par la SEMSAMAR. Signé à l’origine avec le Groupe Deldevert en 2016, avant que l’entreprise ne serve de cheval de Troie à l’initiative de Mario Di Palma, le marché a finalement glissé comme par magie à une autre structure, Deldevert Construction gérée par Yann Carel, éternel faire valoir de Mario Di Palma. L’avance de fonds permettant le démarrage du chantier a été faite, la Collectivité s’est portée caution pour le crédit bancaire sollicité par la SEMSAMAR pour réaliser les travaux, la Collectivité a aussi abondé au trésor via la LBU à hauteur de 550k€ et tout cela est passé comme une lettre à la poste.

Au bilan, aucun fournisseur local ne souhaite travailler avec cette structure au regard des dettes accumulées par le groupe Deldevert et du lien évident entre les deux entités, les fournisseurs de béton en premier lieu. Pas de béton… pas de chantier. L’ensemble de ces petites structures sans lesquelles les grosses ne peuvent fonctionner semble s’être donné le mot pour que le nom de la famille Deldevert ne reste pas englué dans le sirop d’érable et que l’hémorragie des dettes contractées soit jugulée : terminées les belles paroles et les promesses d’embellies, le robinet des fournisseurs locaux semble coupé.

Les questions se posent donc au regard de l’inactivité qui préside à ce programme à la Savane :

  • Où est donc l’avance de fonds de plusieurs centaines de milliers d’euros ?
  • Quelle est la position de la SEMSAMAR ? Quelle est la position de la Collectivité ?
  • Quelle est la position de Monsieur Schuller ?

Pendant ce temps, parce que la nature a horreur du vide, pendant que les délires de Mario Di Palma s’évaporent comme la neige à Montréal au mois d’avril, c’est un autre costaud venu d’ailleurs mais bien plus à l’Est qui s’installe et lui en a les moyens… pas certains que nous ayons retenu la leçon canadienne et que nous ne cédions pas aux chants d’autres sirènes au regard du panel des officiels en belle tenue qui aiment à fréquenter les soirées mondaines organisées Dutch Side par ce nouveau magnat du business saint-martinois.

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