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Deux heures ont été nécessaires pour débattre de l’impact économique de la crise sanitaire et des mesures qui en découlent. 

Malgré un communiqué de presse largement diffusé la veille par tous les médias de l’île, les deux organismes ont décidé d’employer la méthode virtuelle pour effectuer un premier live en direct sur Facebook et donner davantage de précisions sur l’action commune menée afin de redresser l’économie locale qui n’est pas au meilleur de sa forme. 

“100% des entreprises sont impactés par la fermeture de la frontière.”

Angèle Dormoy-Isaac, Présidente de la CCISM

Ainsi, Angèle Dormoy et Benjamin Ortega, les deux présidents des chambres consulaires (COCI et CCISM), ont exposé leurs sentiments et leurs analyses à propos de la fermeture de la frontière, tout en répondant aux questions des journalistes présents par écrans informatiques interposés.

Identifier les difficultés et proposer des solutions 

Ils ont montré et affirmé à plusieurs reprises que cette situation inédite ne devait pas perdurer au risque de voir s’effondrer toute l’économie de l’île déjà bien fragilisée par les événements de ces dernières années (Irma, PPRN, COVID, etc…). 

Il était nullement besoin de rappeler que sans l’industrie du tourisme, l’île toute entière survit à peine, même s’il semble que la population se soit partiellement adaptée, c’est du moins ce que l’on tente de nous faire croire.

Selon Mme Dormoy et Mr Ortega, seule une action commune peut ralentir la chute, non sans avoir fait un état des lieux préalable et proposer ensuite un plan de relance cohérent et réaliste.

One Island

Si cela n’a pas toujours été le cas, les deux parties de l’île considèrent aujourd’hui qu’elles doivent agir main dans la main pour leurs intérêts communs, car une division entraînerait à coup sûr une chute dont personne ne sortirait indemne. C’est pour cette raison qu’une lettre ouverte a été envoyée aux autorités compétentes dressant un état complet de la situation et leur demandant une réponse satisfaisante avant que le territoire tout entier succombe à une asphyxie complète et irréversible. 

A cette occasion, la question de la fiscalité des entreprises différente entre le nord et le sud de Saint-Martin et de l’absence de transparence, a été habilement écartée par Benjamin Ortega qui a déclaré qu’un début de travail avait été effectué afin que tout le monde rentre dans les rangs, mais que cet élan de bonne volonté a été stoppé net par la COVID 19 (prétexte largement utilisé d’ailleurs dans de nombreux domaines de la vie courante depuis quelques temps, quel que soit le problème rencontré). 

Sensibiliser  les socio-professionnels mais aussi la population 

Après avoir fait état d’une baisse du chiffre d’affaires qui peut atteindre les 50% selon certaines entreprises pénalisées par l’impossibilité de circuler de chaque côté de la frontière, la mise en place de certaines actions a été révélée lors de cette conférence  ; la première d’entre elles est la distribution aux commerçants de stickers à apposer sur leurs vitrines pour rappeler les gestes barrières et les précautions sanitaires (!) 

Malgré leur opposition aux mesures contraignantes prises par les gouvernements pour lutter contre la propagation du virus, chacun a reconnu qu’aucune vie humaine ne valait d’être mise en danger quel que soit le motif, économique ou non.

Résilience quand tu nous tiens

Interrogée à propos de la faible participation aux manifestations qui ont eu lieu en début de mois et qui n’ont pas remporté le succès escompté, Angèle Dormoy a affirmé qu’il ne fallait pas penser que les chefs d’entreprise et tous les habitants en général ne se sentaient pas concernés, bien au contraire, mais qu’ils avaient sans doute mieux à faire que de descendre dans la rue pour exprimer leur mécontentement. 

Selon elle, la population saint-martinoise n’a pas pour habitude de manifester pour un oui pour un non.

Pas de calendrier de réouverture pour le moment 

En conclusion, après avoir démontré que leur étroite collaboration est sans faille, les deux présidents des CCI française et néerlandaise affirment haut et fort qu’ils feront tout ce qui est en leur pouvoir pour tenter de sauver le territoire. Ils disent être toujours en attente d’une réponse à la lettre qu’ils ont envoyée mais restent confiants, ils n’ont pas non plus d’information quant à une hypothétique date de retour à la libre circulation entre les deux parties de l’île. 

Comme disait La Fontaine :
“Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage.”

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