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La situation politique locale, ses insuffisances, son absence de stratégie, de planification à long terme, voire de projet de société, pose la question de sa légitimité, la nécessité impérieuse de reconstruire ou de créer une véritable force politique, de déterminer le périmètre d’un projet économique, de cohésion sociale.

Il n’existe aujourd’hui aucune alternative politique ou de structure dans laquelle la majorité des citoyens peut s’inscrire.

Citoyens : engagez-vous !

Je fais depuis des mois l’inventaire des échecs, des insuffisances et manquements criants, dans une société dite organisée. 

Je m’étonne aussi du silence assourdissant des représentants de l’opposition, qui ne proposent guère d’autres perspectives. Dans ce silence politique, l’opportunité de créer un groupe de réflexion, d’études, de travail, qui, en fonction des enjeux du territoire, proposerait des solutions et un programme répondant aux enjeux du territoire, avec des orientations adaptées cohérentes partagées, s’impose.

Le débat démocratique, la définition des choix sociaux, économiques, de la stratégie de développement ne peuvent se limiter à la publication d’une lettre d’information.

La population s’interroge sur l’avenir de l’île, sur le devenir du territoire, et met en cause la capacité de la gouvernance locale à conduire une véritable politique de développement. Saint-Martin traverse la crise la plus grave de son histoire et cela ne semble guère interpeller celles et ceux qui gouvernent le territoire.

Je définirai dans ce développement quelques thèmes sur lesquels la communauté pourrait travailler en relation et en négociant avec l’Etat pour relancer l’économie locale et reconstruire le territoire.

Tout un programme ?

Les priorités à retenir sont, à mon sens, les suivantes : 

La reconstruction  publique post IRMA avec un programme, des échéances, un cadre financier, et la constitution d’une équipe de coordination dédiée.

La reconstruction privée :
même si elle ne relève pas de la compétence de la Collectivité, le  dialogue doit être entamé avec les associations de copropriétaires pour étudier des solutions de sortie de conflits et ils sont nombreux !

La renégociation des dotations de compensation avec l’Etat, sujet prioritaire qui ne peut être clos par le simple refus de Bercy ; le choix d’une négociation politique s’impose.

Une réforme fiscale cohérente qui crée et renforce l’attractivité du territoire, avec un souci d’égalité fiscale, base du civisme fiscal.   

La réalisation d’un plan de relance économique qui s’inscrit dans une vision prospective du territoire, favorise l’entreprise et la création d’emplois en cohérence avec le nouveau programme opérationnel et le plan de soutien européen. La définition du plan de relance doit être adaptée aux spécificités du territoire et prendre en compte le retard structurel en matière d’infrastructures. La réalisation du plan de relance et la mobilisation des ressources supposent l’apport d’une équipe d’experts.

La promotion, le rétablissement de l’image de l’île, de notre communauté tant décriée, par des médias ou des interlocuteurs en recherche d’audience… Il s’agit de valoriser les potentialités de l’île, ses entreprises, sa culture face à une entreprise organisée de désinformation.

La réalisation d’un plan d’aménagement du territoire qui se fixe trois objectifs :

– La réhabilitation des quartiers insalubres en engageant avec l’Etat l’application des dispositifs nationaux (ANRU, etc…)

– La revitalisation du centre ville et de différents quartiers

– La création de zones artisanales ou de développement maîtrisées ouvertes aux investisseurs et sociétés locales

Une politique de logement qui s’oriente vers l’accession à la propriété, par la définition de financements et d’un dispositif juridique adapté.

La formation de cadres locaux, d’une technostructure locale par la mise en oeuvre d’un programme et plan de formation adaptés.

L’intégration de l’ensemble des communautés dans la vie sociale et politique par la création du conseil des communautés

L’élaboration et la mise en œuvre d’un plan “Jeunes” qui s’organise autour des points suivants :

– La formation et l’accès à l’emploi

– L’intégration dans la vie civique

– Les équipements sportifs et de loisirs

Un programme global et spécifique d’insertion à inscrire dans l’axe FSE qui vise à donner une nouvelle chance aux publics en difficulté.

Un cadre de soutien et de densification du tissu économique existant par la création d’une société à capital risque et un dispositif particulier d’aide aux TPE

La professionnalisation et la valorisation du secteur associatif dans un cadre d’actions et de projets destinés aux publics spécifiques

La valorisation de la culture, du patrimoine historique, de l’Art et de l’artisanat local dans le cadre du développement touristique de l’île

La coopération avec les autres pays de la Caraïbe, et pas seulement avec la partie hollandaise, mais avec Haïti, Saint Domingue, la Jamaïque représentés par des communautés importantes

Un plan sécurité des biens et des personnes, avec une concertation effective et efficace avec l’Etat

Un vaste programme environnemental qui intègre :

– La protection du littoral

– La protection des zones à risques

– La protection de la biodiversité

Un plan  “énergie” qui vise à développer les énergies alternatives rentables, qui vise surtout à optimiser la consommation énergétique

Un programme ambitieux de valorisation et de développement de la filière nautique et des métiers liés à la mer, qui s’inscrit dans une stratégie de renforcement du potentiel touristique.

Il s’agit d’une liste de propositions, d’axes d’études et de travail non exhaustive, à adapter, amender, compléter…

Tous concernés !

Ce travail d’élaboration du plan de développement de Saint-Martin, de la construction de notre économie, du projet de société, ne peut être la propriété d’un groupe ou d’une famille politique. Ces choix supposent un engagement profond et militant du corps social.

La création de ce centre de réflexion, de propositions, d’analyse constitue une priorité pour notre communauté et son développement, ce qui suppose la mobilisation des socio-professionnels, des forces vives du territoire.

Saint-Martin ne peut pas se développer par le simple fait de l’improvisation, et des jeux électoraux. La population, le peuple exigent une vision du développement, une maîtrise des choix, la valorisation des entreprises locales.

Je propose, une nouvelle fois, d’ouvrir ce débat, cette réflexion à l’ensemble des citoyens par la création d’un groupe de travail, associant tous les citoyens et partenaires qui souhaitent s’investir pour le changement. Cette structure, à créer, ne se positionne pas dans les échéances électorales à venir, mais tend à élaborer et bâtir un projet de société partagé par toutes les communautés et organisations professionnelles ou associatives, avec pour objectif, la construction d’une société plus juste, la croissance économique, le développement maîtrisé du territoire.

Ce choix, ces orientations dans le contexte de crise actuel s’imposent comme une ardente obligation pour créer, bâtir, affirmer le renouveau politique.

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