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L’annonce et la présentation du plan de relance, l’intervention du Président MACRON traduisent l’orientation politique que le Gouvernement entend donner à son action avant les présidentielles.

Joli recyclage de crédits…

Soulignons que ce plan est conditionné par l’adoption du plan de soutien européen non approuvé à ce jour et présente le recyclage de crédits déjà engagés ou budgétés.

Le solde réel des engagements devrait être largement inférieur aux annonces publiques.

Opération de Comm’ du Champion de la Terre 

Ce plan ne répond à aucun impératif économique, à aucune logique, et complète le dispositif antérieur qui porte principalement sur une politique de l’offre, sans investissement productif et sans volonté de restructuration de l’économie.

Il s’agit en priorité d’une opération de séduction, en direction de l’électorat “Vert”.

Cette stratégie montre les limites de l’analyse politique du parti majoritaire, tétanisé par les résultats des élections municipales…

Or, un regard lucide et avisé quant aux résultats montre que le succès des Verts est principalement lié à l’abstention et au rassemblement hétéroclite de groupes ou partis d’opposition du PS, aux Insoumis, voire au PC, organisations qui ne partagent aucunement les orientations politiques et économiques des Verts.

L’électorat à reconquérir est celui des abstentionnistes dont le nombre croît d’élections en élections avec, en filigrane, les deux prochaines échéances, les régionales et les départementales dont les résultats permettront d’évaluer  le poids réel du mouvement écologique, s’il n’y a pas de COVID ni de restriction de circulation…

Verdir l’action publique, l’économie pour répondre à la crise sanitaire et sociale n’a aucun sens, alors que se profile un marasme économique sans précédent.

Cohérence économique : aucune !

Les orientations et propositions qui figurent dans ce programme ne s’inscrivent aucunement dans un projet économique cohérent.

Les mêmes mesures auraient pu s’inscrire dans tout programme économique avant ou après la crise sanitaire. Il ne répond pas aux enjeux du pays et à la nécessité de consolider l’appareil productif et de mobiliser la population.

Car, en réalité, la crise du COVID et ses effets n’ont été qu’un révélateur de la gestion politique et économique du pays depuis une vingtaine d’années, esquivant la réalité, accélérant la dette publique et évitant de réaliser les réformes nécessaires à la maîtrise des finances publiques et un retour à la compétitivité économique.

Le plan répond à un objectif  politique, cumulant un assemblage de mesures, sans axe stratégique. Il accentue, dans la ligne du mouvement depuis une vingtaine d’années, le décalage de l’économie française, par rapport aux pays européens, ce qui reflète une tendance longue de perte de productivité et de croissance. 

La crise sanitaire et sa gestion ont provoqué une réduction de 18% du PIB pour la France.

A titre d’exemple, la Suède a perdu 8%, l’Allemagne 11%, les U.S.A. 8%, l’Italie 16%. Nous nous classons tout juste avant l’Espagne.

La République en Marche a cédé au poids de la technocratie

Or, les difficultés économiques ne sont pas la simple conséquence du temps du confinement, mais des années de glaciation technocratique et d’incapacité des gouvernements successifs de créer les conditions d’une transformation démocratique et d’une mobilisation sociale

Le mouvement des Gilets Jaunes, le communautarisme, les violences urbaines constituent le prurit d’une gouvernance politique, loin de la réalité et du quotidien citoyen.

La relève politique, le changement incarné un temps par les “marcheurs”, font progressivement place à une déception, voire un refus politique que renforcent les extrêmes et les tendances radicales.

Le mouvement des “marcheurs” a  très vite endossé les travers et les habits des partis classiques, le spectacle et les jeux quotidiens de cette mouvance en apportant la démonstration.

Dès lors, le plan de relance économique n’aura de sens et de crédibilité que s’il s’accompagne d’une réelle   réforme des institutions et qu’il délivre la société, l’économie, de la lourde chape technocratique. Le pays, l’économie se relèveront dans ce plan de relance que dans la liberté d’entreprendre.

La relance ultramarine… a dream !

Je ne saurai conclure sans évoquer le plan de relance particulier de l’Outre Mer et  celui de Saint-Martin qui m’interpelle…

L’économie des régions d’Outre Mer ne se limite pas à la rénovation des bâtiments publics ou à la création de réseaux d’eau, voire de travaux routiers qui relèvent, à mon sens, d’autres modes de financement !!!

Il convenait de bâtir un plan de relance par territoire, en prenant en compte les spécificités de chacun, ses handicaps, en orientant en priorité les ressources sur la nécessité de conforter les fonds propres des entreprises, en soutenant le tissu artisanal, en confortant les infrastructures prioritaires… avec un plan d’urgence à six mois, un plan à deux années et une évaluation régulière des engagements et des réalisations.

La gestion du programme de territoire ne pourrait en aucun cas être assurée par la technostructure publique mais suppose la création d’une entité autonome de gestion du programme de relance.

Le plan de relance pour Saint-Martin est à la mesure des ambitions de la gouvernance locale et d’un statut inadapté au développement du territoire.

Plus de 40% des mesures définies dans le plan de relance du fait de notre statut bordé par l’article 74 de la Constitution, en matière de logement, d’aménagement, de compensation fiscale, d’aide aux jeunes, d’aide aux entreprises ne sont pas applicables à Saint-Martin… alors que le territoire, malgré les déclarations anesthésiantes de la gouvernance locale, porte lourdement les stigmates d’IRMA.

Il se pose de manière cruciale, plus que jamais, la question de notre statut, de notre appartenance à la nation, de l’égalité des citoyens, de notre intégration dans l’économie nationale, dans l’économie verte !

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