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Tandis que l’attention des autorités, des soignants, des médias et donc des citoyens est focalisée sur l’épidémie de COVID qui sévit à un niveau mondial depuis la fin de l’année dernière, toutes les autres maladies semblent avoir été reléguées au rang de lointains souvenirs, de quantités négligeables.

Dans l’ombre de la COVID

Particulièrement inquiétante de par l’absence de traitement, de vaccin ou même l’étendue du tableau symptomatique qu’elle présente, la COVID-19 semble ainsi monopoliser et mettre sous tension les systèmes de santé et de recherche, laissant la part belle à d’autres maladies, tout aussi, voire plus, mortelles.

Toutes pathologies confondues, selon l’OMS, les systèmes de santé mondiaux ont ainsi connu des perturbations dans 50% d’un ensemble de 25 services indicateurs. Parmi les domaines les plus fréquemment perturbés figuraient la vaccination systématique – les services de proximité (70%) et les services en centres de soins (61%), le diagnostic et le traitement des maladies non transmissibles (69%), la planification familiale et la contraception (68 %), le traitement des troubles de la santé mentale (61%), le diagnostic et le traitement du cancer (55%).  

Les maladies chroniques et infectieuses en suspens

C’est également ce que dénonçaient récemment des associations d’usagers de la santé convoquées par la commission d’enquête du Sénat sur la gestion de la crise de la Covid-19 pour lesquelles “la démocratie en santé a été bafouée” par les mesures mises en place pour lutter contre l’épidémie.

Manque d’information et de concertation, décisions unilatérales, reports de traitement et d’opérations, retards de dépistages, pénuries de médicaments, protocoles de soins modifiés, crainte de contacts de personnes déjà fragilisées… autant de facteurs qui, selon certains professionnels de santé altèrent gravement les chances de guérison des patients.

En parallèle, les professionnels tirent également la sonnette d’alarme quant au fléchage des fonds et efforts dédiés à la recherche. Ainsi par exemple, tandis que des milliards de dollars sont investis dans la recherche d’un vaccin contre la Covid-19 avec plus d’une centaine de vaccins en cours de développement, la tuberculose qui recense environ 10 millions de nouveaux cas et 1.5 million de morts par an, souffre d’un déficit en la matière, le seul vaccin disponible ayant quelques cent ans, et fonctionnant uniquement chez les très jeunes enfants.

Le Don du Sang, victime collatérale

C’est aussi dans ce cadre que l’EFS (Etablissement Français du Sang) lance de plus en plus régulièrement des appels aux dons, la collecte qui doit être régulière (la durée de vie des produits sanguins est limitée à 7 jours) subissant elle aussi quelques désagréments liés au confinement et aux contraintes de distanciation physique. L’EFS regrettait ainsi la semaine dernière un manque de près de 100 000 poches par rapport à l’année dernière à la même époque.

Cet appel aux dons était, à un niveau plus local, relayé par le Préfet de Guadeloupe qui indiquait le 9 septembre, sur son compte Twitter, que seules 5 poches de sang aient été prélevées ce jour-là, alors que 50 sont nécessaires chaque jour pour répondre à la demande des 2 régions : Guadeloupe-Guyane.

 

A Saint-Martin, la question ne se pose pas puisque  l’EFS de Guadeloupe a arrêté de venir à depuis 2013 malgré les efforts déployés de manière récurrente par l’association ad hoc, AIDONS St-Martin (Association Internationale pour le DON du Sang à Saint-Martin) sous la houlette de son président, René-jean Duret.

La France en mauvaise santé mentale

En ce qui concerne les impacts plus profonds ou moins visibles, Santé Publique France alertait dès le mois d’avril sur les risques de dégradation de la santé mentale des Français liés à l’épidémie et au confinement. Ainsi, l’agence nationale avait dès la première semaine de confinement recensé une prévalence de l’anxiété des Français à hauteur de 26,7%, soit un taux deux fois supérieur à celui observé dans une enquête précédente (13,5% en 2017).

Hors confinement, ces réactions perdurent de manière alarmante d’après les spécialistes et les consultations pour anxiété, insomnies, burn out, dépression ou addictions diverses se multiplient au fur et à mesure que l’épidémie s’installe dans le temps et laissent craindre une augmentation des tentatives de suicides, notamment chez les patients psychiatriques pour lesquels l’épidémie et sa gestion ont renforcé les traumatismes.

Lorsque l’on sait que Saint-Martin tenait déjà le 3ème rang des taux de mortalité par suicide en France en 2015, on est curieux de connaître la situation du territoire à cet égard après Irma et les crises politico-sociales qui ui ont succédé jusqu’à la crise sanitaire en cours…

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