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Mercredi 23 septembre, Valérie Denux, Directrice Générale de l’Agence Régionale de Santé Guadeloupe, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, et Sylvie Feucher, Préfète de Saint-Martin tenaient conférence de presse pour un point de situation sanitaire mais aussi pour un retour sur la rencontre du jour avec les autorités de Sint-Maarten, rencontre motivée par la volonté unanime d’une meilleure coopération sanitaire.

Covid-19 : la situation saint-martinoise

Alors que quelques heures avant Olivier Veran, Ministre de la Santé, annonçait des mesures de lutte contre la pandémie complémentaires pour la Guadeloupe placée en “zone d’alerte maximale”, parmi lesquelles la fermeture des bars et restaurants pour une durée de deux semaines à compter du vendredi 25 septembre à minuit. Grosse angoisse à Saint-Martin pour les professionnels des secteurs concernés qui craignaient que ces contraintes viennent aussi peser sur l’économie saint-martinoise.

Doute levé par la Directrice Générale de l’ARS : il n’y aura pas de mesures supplémentaires que celles existantes pour la Collectivité de Saint-Martin. Cette position est motivée par des données statistiques qui pour le moment confirment que nous avons bien atteint un palier de ce rebond épidémique et que nous aborderions même une relative descente. Ces résultats sont imputables selon Valrie Denux à la réduction des flux de population, et en la matière, elle rappelle qu’elle avait “demandé à la Préfète un contrôle aux frontières de quinze jours supplémentaires” pour conforter les résultats et se donner le temps de travailler plus profondément le protocole sanitaire impliquant les autorités du Nord et du Sud de Saint-Martin.

Les mots sont pesés, la précaution est de rigueur car pour Valérie Denux, les deux semaines à venir seront déterminantes et doivent confirmer ces résultats : “Dans les quinze jours prochains, il faut que les indicateurs poursuivent leur tendance. (…) A défaut, l’impact du brassage de population devra à nouveau être évoqué (…).”

Cette condition repose évidemment sur la nécessité pour l’ensemble de la population de respecter gestes barrières, lavage des mains et d’adopter une attitude à la hauteur du défi. Pour autant, et suite à de trop nombreux écarts constatés, la Préfète Sylvie Feucher annonçait elle une série de mises en demeure à l’égard d’établissements qui, malgré des autorisations délivrées et qui imposent le cadre de l’organisation de soirées et d’événements, opèrent à la marge des règles. Des fermetures administratives pourraient suivre.

Le cadre posé par la Préfecture se voulait protecteur de l’activité économique, la Préfète déplore que la pédagogie et la responsabilité n’aient pas suffi à ce qu’une vraie prise de conscience des risques soient intégrée par les professionnels.

De la nécessité d’une coopération active avec l’autorité sanitaire de Sint Maarten

Les décisions unilatérales successives comme les profondes différences en terme de mesures de lutte contre la pandémie au Sud et au Nord ont largement contribué à rendre le sujet “lutte contre la Covid-19” touffu pour les résidents saint-martinois voire épidermique lorsque ces décisions impactent la libre circulation des biens et personnes.

Pour Valérie Denux, 3 points majeurs sont à harmoniser ou complémentariser :

  • la capacité pour Sint Maarten à augmenter leur capacité de tests. L’ARS recherche une solution de mutualisation en la matière. Si les autorités françaises étaient opposées à une réouverture des flux aériens avec les Etats Unis, les autorités de Sint Maarten autorisent les entrées sous réserve d’un test négatif de moins de 5 jours. La doctrine nationale est elle posée à 72 h. Des négociations sont en cours pour un suivi des arrivants notamment lorsqu’ils planifient leur résidence de villégiature “french side”.
  • Un autre axe de travail concerne la capacité d’alerte des autorités. En la matière, les process doivent être comparés et la sémantique harmonisée (la définition du “cas contact” par exemple peut être différente de part et d’autre de l’île),
  • La prévention enfin doit elle aussi faire l’objet d’un travail commun pour que les éléments de langage soient les mêmes en termes de communication comme pour ce qui relève des contrôles.

En matière de contrôles, et parce la Collectivité participait à cette réunion de coopération sanitaire, la Préfète a demandé à ce que les forces de gendarmerie puissent bénéficier du renfort de la Police Territoriale et notamment pour ce qui concerne l’obligation du port du masque en extérieur dans les lieux fréquentés.

Valérie Denux : “Nous nous sommes donnés 15 jours pour travailler sur les amendements de ce protocole.”. Le Directeur Territorial le Dr Daverton d’ailleurs sur le départ, est en charge des avancées de ce dossier pour l’ARS.

Effort de communication…

L’ARS va déployer sur le territoire de la Collectivité une campagne de communication trilingue, français, anglais, espagnol, visant à sensibiliser aussi largement que possible la population à la nécessité de respecter port du masque, gestes barrières et lavage des mains. “Mieux vaut tard que jamais” nous dira la Directrice Générale de l’ARS.

Concernant les masques, la Préfecture dispose encore d’un stock réalisé localement, ils peuvent être retirés gratuitement en préfecture.

Pour conclure…

15 jours… c’est le temps qu’il faudra aux autorités pour pouvoir juger de l’évolution de la pandémie avec un aspect assez anxiogène : si les statistiques ne sont pas au rendez-vous, c’est la “saison touristique” qui risque de pâtir de nouvelles mesures restrictives au moment même où le Conseil Territorial votait à l’unanimité “le vœu portant sur la situation sanitaire actuelle et les perspectives d’ouverture du territoire aux visites d’agrément et d’affaires. Il s’agit en sus de donner un avis favorable à l’ouverture complète et durable de la destination Saint-Martin au tourisme international qui dans la conjoncture actuelle permettra de garantir la survie et le développement d’une économie locale basée sur le secteur de l’hôtellerie-restauration.  Il convient par cette action d’offrir des perspectives aux acteurs économiques en demandant une ouverture aux visites d’agrément à partir du 1er novembre 2020. Cette date pourra être avancée en cas d’amélioration des indicateurs sanitaires. Le conseil territorial demande dans le contexte actuel d’éviter toutes nouvelles mesures de restriction impactant le secteur de l’hôtellerie restauration. Le conseil demande la levée des restrictions applicables aux ressortissants non européens, en particulier les nord-américains. Cette délibération autorise le président de la Collectivité à faire les démarches auprès de l’Etat, compétent dans le domaine de la santé publique.”

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