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Pour faire sa rentrée, la troupe « Les Têtes de l’Art » nous présente un huis clos magistralement interprété par Valérie Bal et Anna-Maria Scrimieri sous la direction de Laurence Blanc 

« Arrêtez-moi » c’est tout d’abord l’adaptation au cinéma du livre de Jean Teulé  « Les lois de la gravité ». Ce « Garde à Vue » au féminin met en scène une policière en fin de carrière prête à quitter son poste lorsqu’une femme entre dans le commissariat et demande à être arrêtée.

Une histoire tristement banale 

Elle explique que 10 ans plus tôt, elle a tué son mari en le poussant par la fenêtre de leur appartement parce qu’il la battait, elle et ses enfants. A l’époque, elle avait prétendu qu’il s’agissait d’un suicide mais ne pouvant plus vivre avec ce lourd secret, elle veut se dénoncer avant minuit, heure limite après laquelle son crime sera prescrit. Or, la policière ne l’entend pas ainsi et va faire tout son possible pour ne pas l’arrêter. 

Du théâtre-vérité vraiment bouleversant

Quelles sont les raisons qui la poussent à agir ainsi ? C’est ce que l’on découvre tout au long de cette pièce dont l’adaptation a été ciselée avec soin par Laurence Blanc. Ceux qui ont lu le livre ou vu le film noterons quelques différences qui apportent de la consistance à l’ambiance déjà très lourde, avec tout de même quelques respirations humoristiques sans lesquelles nos nerfs seraient mis à rude épreuve. 

Anna-Maria Scrimieri et Valérie Bal entrent dans la peau de leurs personnages comme seuls quelques comédiens savent le faire. Tour à tour, tristes, colériques, déprimées ou résignées, elles nous font vivre en direct le quotidien dramatique des femmes battues et des fonctionnaires de police souvent désarmés face à des situations trop souvent vécues. 

En France, chaque année, environ 220.000 femmes adultes sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur conjoint ou ex-conjoint. Parmi elles, 3 femmes sur 4 déclarent même avoir subi des « faits de violences répétés » et 8 sur 10 auraient également été soumises à des atteintes psychologiques et/ou des agressions verbales. En 2019 146 femmes ont été tuées par leur compagnon ou ex-conjoint.  Le ministère de l’intérieur pointe une augmentation de 28% par rapport à 2018.

Alerter, encore et toujours

Car au delà du spectacle, c’est un véritable message que Laurence, Valérie et Anna-Maria nous font passer, un cri d’alarme qui dénonce les violences conjugales et familiales encore trop souvent cachées par les bourreaux comme par les victimes. Une mention spéciale à Valérie bouleversante, criante de vérité et littéralement habitée par son personnage, à tel point que le public tout comme les comédiennes, ne sort pas indemne d’une telle expérience. C’est fort à tous les sens du terme.

Au Théâtre de la Chapelle à la Baie Orientale à 20h. 
Samedi 10,17 et 24 Octobre. Vendredi 16 et 23 Octobre 
Renseignements et billeterie : www.theatresxm.fr

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