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Parmi les conséquences de l’épidémie de COVID 19 intervient un élément ou une considération que ne perçoivent pas les politiques ou la technocratie, celle d’une accélération du refus du système et de l’organisation politique, porté à la fois par les intellectuels et les classes sociales supérieures et moyennes.

Les enquêtes d’opinion montrent que ce sont ces différents corps qui rejettent le plus fortement la politique restrictive des autorités politiques.

Vers une révolution ?

La stratégie de la peur, soutenue par la complicité honteuse des médias fait l’objet d’un refus massif.

Certes, la lecture de ces manifestations reste encore diffuse, si elle ne s’affiche pas ouvertement par crainte de rétorsion, elle se cristallise progressivement par des prises de paroles, écrits, revues etc …

Les autorités politiques devraient prendre en compte ce phénomène et analyser les risques liés à ces mouvements.

La révolte des élites constitue généralement et historiquement un facteur d’accélération d’une rébellion, voire d’une révolution.

Des autorités politiques déconnectées

L’appareil politique, l’appareil administratif s’inscrivent dans un mouvement de rotation universelle incapable de sortir du cadre des certitudes. Ils ne mesurent ni le coût social, ni le coût économique, ni le coût humain de leurs mesures.

Les annonces reprises et répétées des axes ou actions des plans de relance et la distribution sans limite de l’argent public ne suffisent aucunement à recrédibiliser le discours public. La vie sociale ne se mesure pas au nombre de P.G.E. ou à l’attribution de moyens …

Il existe et se développe une opposition sourde, partagée, contre la gestion de l’épidémie et les autorités qui en ont la responsabilité.

Ce mal être, cette défiance, ce rejet que les autorités publiques ne veulent ni reconnaître ni prendre en compte, se traduisent par un rejet quasi instinctif du système politique et de ses représentants.

Nous sommes dans un théâtre d’ombres où les acteurs politiques ne croient plus eux-mêmes à la réalité de leur rôle.

Le rejet : un courant de pensée

La crise des “gilets jaunes” portait sur des mesures partielles, parfois populistes, sans s’inscrire dans un mouvement d’idées, sans une conception politique, sociétale.

La révolte des élites se traduit par la remise en cause de la légitimité des institutions et de leurs représentants, et converge en courant de pensée. Il faut se rappeler de la naissance et du développement de mai 1968, pour comprendre que le mécanisme de révolte et le rejet du système ne sont plus l’apanage de quelques intellectuels égarés mais sont devenus une conscience collective.

Nous ne sommes pas dans la mouvance d’une simple manifestation politique, mais dans la cristallisation d’un courant de pensée qui se traduira par un changement total de la vie politique.

Les partis politiques traditionnels n’ont pas compris qu’ils appartiennent au passé, même le mouvement des “marcheurs”, à force de s’inscrire dans le jeu de la communication et de la théâtralisation.

Le taux de participation aux différentes élections, comme le taux de recrutement des organisations politiques ou syndicats, y compris “les Verts”, démontrent la défiance et le rejet des partis.

La gestion de crise accentue le clivage

La crise du COVID 19, sa gestion hasardeuse, sa stratégie d’infantilisation, ne font qu’accentuer cette désaffection par rapport au jeu politique. Le discours et les annonces politiques sont généralement vécus comme un artifice qui n’a pour objet que la prise ou le maintien du pouvoir

La crise du COVID 19 est une cause de comorbidité qui provoque la mort du politique.

Dans une période de situation de défiance, d’absence de foi collective, apparaissent tous les risques de l’extrémisme croissant à la pensée révolutionnaire …

Politique de l’autruche

Ce bruit sourd social que les autorités publiques ne veulent pas entendre, car ils n’ont comme finalité que leur propre survie, devient la résultante la plus grave de la crise.

Albert CAMUS : “Ce n’est pas la révolte qui est noble, mais ce qu’elle exige.”


L’EXEMPLE DES ANTI-MASQUES
La Fondation Jean-Jaurès a publié le 7 septembre dernier le résultat d’une étude sur les membres de ce mouvement qui se structure et qui trouve un terreau très nourrissant dans les changements radicaux des positions des pouvoirs publics en charge de la crise sanitaire, le grand écart entre un “le masque ne sert à rien” et “il faut surtout porter le masque”. Alors que 64 % des citoyens souhaitent que le port du masque soit obligatoire même dans les lieux publics ouverts, les autres n’ont pas l’intention d’appartenir à une minorité silencieuse.
Les réseaux sociaux sont le premier vecteur de la parole des anti-masques et l’on s’attendait légitimement à ce que leur profil soit jeune et issu des classes populaires, profil généralement de ceux qui adhèrent aux théories conspirationnistes, à la défiance des institutions et des politiques. Et bien il n’en est rien !

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