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Depuis le cyclone Irma en particulier et bien qu’il ait été au coeur des récentes tensions autour des contrôles à l’entrée de la partie française, le système scolaire local pouvait sembler complexe à circonscrire pour qui n’en fait pas partie. La chose sera désormais plus aisée grâce au tableau de bord élaboré par le service de l’éducation nationale de Saint Barthélemy et de Saint-Martin visant à “poser un regard objectif et professionnel, en évitant tout a priori et en rompant avec quelques idées reçues bien ancrées.”

Etat des lieux

En termes d’établissements, Saint-Martin compte 14 écoles (6 maternelles, 7 élémentaires, 1 primaire), 3 collèges, 1 lycée professionnel, 1 lycée général et technologique réunissant un total de 7310 élèves. 

Ce chiffre représente une chute de 20% des effectifs scolaires en 10 ans, due en grande partie au cyclone Irma puisque celui-ci a engendré une baisse de près de 23% en un an alors que la moyenne entre 2011 et 2016 est d’environ 1,2% par an.

Il faut en outre ajouter à ces chiffres les élèves des 16 établissements privés hors-contrat que compte le territoire et dont la population scolaire représente près de 14% des effectifs totaux, une part qui nécessiterait peut-être que des instances, tant de représentation des parents que de concertation ou d’inclusion, soient créées…

L’école, miroir de la société ?

En attendant, lorsque l’on rentre un peu plus dans le détail de ces chiffres, et surtout lorsqu’on les met en perspective, le tableau de bord du SEIDN est riche d’enseignement non seulement quant à la société dans laquelle on vit mais également vis-à-vis du regard que doivent porter sur notre territoire l’Académie de Guadeloupe et le Ministère de l’Education.  Jugez par vous-mêmes :

  • 55% des jeunes Saint-Martinois ont été détectés en difficulté sévère de lecture lors de la journée défense citoyenne, soit 5 fois plus que la moyenne nationale
  • 3/4 des élèves de CP ne parlent pas le français en dehors de la classe 
  • Dans un des trois collèges de Saint-Martin (collège de Quartier d’Orléans, novembre 2019), à peine 4% des élèves utilisent le français dans leur famille là où 62% utilisent l’anglais, 16% l’espagnol et 19% le créole haïtien
  • Plus de 80% des écoliers sont en éducation prioritaire
  • Plus de 43,4% des élèves REP+ et 23,7% des élèves en REP de l’académie de Guadeloupe sont scolarisés à Saint-Martin.
  • Les collèges de Saint-Martin scolarisent 46,6% des collégiens en REP+ de l’académie et 16,6% des collégiens en REP de l’académie
  • Le taux d’élèves entrant en 6ème avec au moins une année de retard est de 12,5% à la rentrée 2019 contre 5,4% à l’échelle nationale et 8,5% à l’échelle académique 
  • La moitié des collégiens est issue de catégories socioprofessionnelles défavorisées et moins de 5% sont issus de catégories très favorisées soit 3 fois moins qu’au niveau académique et plus de 4 fois moins qu’au niveau national.
  • L’indice de position sociale des familles ayant un enfant entré en classe de 6ème en 2019 est inférieur de plus de 13 points à l’indice moyen de l’académie et de plus de 28 points à celui du national.

Saint-Martin à la traîne…

Evidemment ces chiffres se reflètent dans le cadre des évaluations nationales et des différents examens. Ainsi, en ce qui concerne les évaluations nationales, que ce soit au CP, au CE1 ou en 6ème, le pourcentage d’élèves ayant une maîtrise satisfaisante des acquis, toutes matières confondues, est systématiquement inférieur au niveau de l’Académie dans des proportions allant de 6.7 à 26.5 points.

Le niveau local est aussi globalement inférieur aux indicateurs académiques et nationaux en termes de résultats aux examens avec des écarts toutefois moindres que ceux relevés plus haut mais qu’il convient de largement pondérer avec les magnifiques bonds effectués lors des dernières sessions. En 2020, le taux de réussite saint-martinois au Brevet a en effet gagné plus de 21 points, 10 points pour le Bac et… plus de 30 pour le Bac pro. Pour relativiser un peu, nous noterons que ces sursauts se sont également produits, dans des mesures moindres, aux échelles académique et nationale.

Et pour relativiser encore plus, nous préciserons que ce contexte particulier n’interdit pas certaines  réussites et autres parcours émérites, surtout lorsque le cadre familial y est propice, l’école n’étant (normalement) en charge que de la seule instruction de nos enfants.

seidn_tableau_de_bord_du_senidn_2020_vdef-10.doc-3
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