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La colère gagne les rangs des élèves comme de leurs parents à la cité scolaire. Lundi 05 Octobre, à l’initiative de “Parents sans étiquette” constitués en association depuis le 30 Septembre, une manifestation avait lieu dans l’établissement avec un carnet de doléances bien rempli.

Les raisons de la colère

Pauses déjeuner trop courtes (45 minutes alors qu’1:30 est le cadre réglementaire), emplois du temps farfelus (des plages sans cours importantes pouvant atteindre 4 ou 5 heures dans la journée avant d’avoir une heure d’enseignement), des absences de professeurs trop nombreuses et un manque de classes criant.

Les salles de permanence sont prises d’assaut et ne peuvent accueillir l’ensemble des élèves qui, de fait, n’ont pas d’espace pour étudier même si l’on a pu leur dire que les escaliers ne sont pas si inadaptés que cela ; une file d’attente pour accéder à la cantine qui mobilise parfois plus de 45 minutes soit 100% du temps disponible pour certaines classes… La panique en première et en terminale au regard des modifications organisationnelles et de programmes… bref les élèves comme les parents sont excédés par ces conditions d’enseignement à la Cité Scolaire qui est de plus en sur-effectif puisque l’établissement accueille les élèves du Collège Soualiga depuis sa destruction par Irma. Certes, “le Collège 600” permettra de pallier ce souci… lorsqu’il sera construit !

En attendant, alors que l’enseignement post-Irma avait été passablement perturbé, que la crise sanitaire s’est invitée pour jouer les prolongations dans les perturbations, parents et élèves s’interrogent quant à la portée de l’enseignement dispensé depuis 3 ans maintenant avec le risque d’une “génération sacrifiée” quoiqu’en disent les statistiques de l’académie en termes de succès aux examens.

Et dans ce contexte, les parents d’élèves sont appelés aux urnes aujourd’hui !

Une seule association de parents d’élèves a su remplir les canons propres à cette élection et c’est l’UPESM, pour Union des Parents d’Elèves de Saint-Martin.

Inutile d’insister sur le fait que dans ce contexte post-Irma doublé de la crise sanitaire, la vigilance et l’implication des parents sont primordiales et qu’il est d’importance que l’UPESM puisse compter sur un très large soutien qui se matérialiserait par une vraie participation.

Cette élection est une élection par liste, il n’y a donc pas lieu de biffer telle ou telle personne de la liste au risque de voir les bulletins nuls fleurir.

Le vote peut être fait par “correspondance” puisque votre enfant dispose supposément dans son cartable d’une double enveloppe qu’il vous suffit d’utiliser.

L’UPESM, représentée dans 13 établissements de Saint-Martin sur les 19 que compte le territoire se fixe des objectifs d’intérêt pour cette année scolaire : une présence plus marquée au sein des établissements pour porter les problématiques qui ont su motiver le mouvement de lundi dernier mais pas seulement. Selon la Présidente, Angèle Hodge, les réformes déployées par le ministère nécessite une représentation plus assidue des représentants de parents d’élèves puisque cette année  fait office de page blanche et notamment pour ce qui concerne la réforme du Bac. Sur un autre pan, l’UPSEM va aussi s’investir auprès des communautés avec des rencontres avec les pasteurs pour que la responsabilité parentale et la prise de conscience des problématiques scolaires soit plus transversales. Enfin, la présidente voit apparaître depuis Irma et depuis que l’offre en terme d’enseignement privé a changé les stigmates d’un certain communautarisme qui est naturellement en inadéquation totale avec le vivre ensemble qu’incarne le milieu scolaire.

Concernant la construction du Collège 600, l’UPESM salue naturellement l’initiative tout en s’interrogeant sur la pertinence des infrastructures scolaires en devenir : les effectifs sont en baisse depuis plusieurs années, et certaines dérives en termes de fréquentation sont pointées du doigt… En ce sens, plutôt que de planifier la construction de deux collèges (Respectivement de 600 et de 900 places), n’aurait-il pas été plus pertinent de débuter par la construction d’un Collège 900 et de se pencher sur la pertinence de la construction d’un nouvel établissement de type Lycée pour suivre la progression des effectifs et élargir le spectre des filières disponibles ?

L’union fait la force

Un adage plein de sagesse qu’il est pour autant souvent difficile de mettre en pratique. Mais, entre le travail de l’historique association de parents d’élèves qu’est l’UPESM représentée en interne dans les établissements, couplé à celui de la nouvelle association “Parents sans étiquette” qui sera de fait plus externe, l’Education Nationale devrait avoir ou pourrait avoir un duo d’interlocuteurs représentants les parents d’élèves, deux fronts qui sauront à n’en pas douter nourrir les sujets d’importance dont dépend l’éducation de nos enfants et par là leur avenir.

De quoi caresser l’espoir de voir certains chiffres évoluer vers le mieux et une situation globale s’affranchir rapidement des freins cycloniques ou sanitaires… dans le respect des gestes barrière naturellement !

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