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Parent pauvre des politiques publiques à Saint-Martin depuis toujours ou presque, l’Environnement est un sujet qui n’a vécu que des actions de surface et relevant de la communication, bien plus que des actions de fond qui témoigneraient d’une véritable considération pour le sujet.

Les temps semblent vouloir changer et c’est bien légitime puisque le Président Gibbs œuvre à pouvoir récupérer la compétence exercée essentiellement par l’Etat actuellement. On devine que cette volonté est directement née du PPRn, émanation du Code de l’Environnement… et que de récupérer la main sur ce code pourrait être “facilitateur” dans un contexte où nous disposons déjà de la compétence urbanisme… l’avenir nous le dira, les choses étant rarement aussi simples.

“J’aime mon île, je la protège”

Quoiqu’il en soit, sous l’impulsion de la Conseillère Pascale Alix Laborde, madame environnement de la Team Gibbs, la Collectivité va déployer une campagne de communication sur deux axes pour sensibiliser le grand public :

  • – l’interdiction de l’usage de la vaisselle plastique à usage unique
  • – et la nécessité d’user des containers et autres dispositifs pour accueillir les déchets.

Louée soit l’initiative car en la matière, Saint-Martin affiche globalement un visage  clairement “dégueulasse”, excusez nous l’expression, clairement incompatible avec les désirs d’émergence d’une destination touristique qui privilégierait le qualitatif plutôt que le quantitatif.

Si les initiatives privées existent bien pour procéder à des nettoyages chirurgicaux, il faut bien reconnaître que les bonnes volontés ne suffisent pas à endiguer un laisser aller général qui affirme haut et fort et toutes strates confondues que le respect de ce patrimoine environnemental, part de ce qu’est l’île, de son identité… l’essentiel de la population n’en a que faire ! Si cela est vrai pour l’espace public qui est régulièrement utilisé comme dépotoir, il en va de même pour de nombreux espaces privés en carence totale d’entretien ou de valorisation et qui deviennent des lieux de stockage divers.

En ce sens… débuter ou reprendre un travail de sensibilisation est nécessaire et bien venu.

Il faut une génération pour changer les mentalités !

Et oui… et c’est admis de toutes celles et ceux qui ont à un moment voulu faire passer l’appréhension de l’Environnement de l’âge de Pierre à l’âge de Paul : il faut 25 ans avant que les mentalités changent et à la condition en plus que les efforts consentis en la matière par les pouvoirs publics soient continus… Même la Réserve Naturelle Nationale de Saint-Martin après 20 ans d’existence  fait encore aux yeux de certains y compris d’élus office d’épouvantail, d’empêcheur, de frein au développement, de phagocyteur de foncier…

“L’écologie est aussi et surtout un problème culturel. Le respect de l’environnement passe par un grand nombre de changements comportementaux.”

Nicolas Hulot

Pour nous, c’est raté, nous ne sommes qu’aux balbutiements de l’éveil de la conscience collective saint-martinoise en matière d’environnement et si des efforts existent bien, la ruptures des services en matière de collecte des déchets par exemple est directement responsable du retour en nombre des dépôts sauvages.

La déchetterie de Galisbay par exemple est fermée depuis 8 mois faute d’une reconduction dans les règles de l’art du marché afférent. Mise en œuvre en 2010, l’outil est apparu à ce point “révolutionnaire” qu’il aura fallu des années pour qu’une part très modeste des utilisateurs potentiels se l’approprient. Notons que les horaires d’ouvertures étaient tellement concomitants aux horaires de travail qu’il était aussi difficile d’y accéder sans prendre de congés ! Cette petite part d’usagers est aujourd’hui contrainte ou de déposer à la sauvette les détritus et autres encombrants, ou de se rendre à l’écosite de Grand Caye où, selon la nature des déchets, une facturette vous est présentée.

Oui, des raisons valides expliquent cet état de fait comme l’indique le service de la communication de la collectivité interrogé sur la question : “Cela fait partie des 140 marchés publics en cours de renouvellement ou de préparation. La commande publique est à pied d’œuvre pour réorganiser les procédures d’achats et lancer les marchés les plus urgents. Une priorisation a été faite. Pour ce qui est de la direction Environnement, le marché des encombrants a été passé, ainsi que le marché pour le rachat de conteneurs à déchets. Manque à passer le marché pour la réouverture de la déchèterie et le marché pour la collecte des bornes de tri-sélectif. Une priorité a été mise sur ces deux marchés pour un lancement avant la fin de cette année. Pour compenser ce manque de service public, la collectivité a demandé par deux fois à un prestataire de ramasser les verres et plastiques déposés au pied des bornes de tri. L’écosite de Cul de Sac accueille gratuitement les verres, plastiques et encombrants type électroménagers des particuliers.”

Intensifier drastiquement ce saupoudrage !

Alors que les altérations du climat en plus de notre position géographique nous posent en première ligne des territoires à risques, que les impératifs touristiques devraient nous poser en exemple à l’échelle mondiale, que cet environnement unique est aussi la clef d’une identité menacée largement, nous en sommes encore à demander gentiment à la population de jeter ses ordures dans les lieux dédiés comme à demander aux pouvoirs publics de se doter des outils à la hauteur des enjeux.

Le St Martin’s Week souhaite un énorme bâton de pèlerin à la Conseillère Pascale Alix Laborde ainsi que de nombreux mandats successifs qui lui permettront peut être, avec l’appui d’un exécutif conscient et qui s’engage budgétairement, d’atteindre ses objectifs environnementaux et surtout de leur donner une autre dimension plus transversale, loin de la caricature et de la vision étriquée qui préside encore trop souvent… à défaut, les opérations de COM ne seront que l’expression d’un certain Don Quichotisme.


En passant, au sujet de l’enlèvement des épaves de bâteaux…

La SOCIETE NOUVELLE DE RECUPERATION (SNR) demande au tribunal : 

  • 1/ d’annuler l’accord-cadre à bons de commande pour des prestations d’enlèvement, de traitement et de transport, en filière soumise à déclaration des bateaux hors d’usage (BHU) sur le territoire de la collectivité de Saint-Martin, attribué le 15 juillet 2019 à la société KOOLE Contractors ; 
  • 2/ de condamner la Corn de Saint-Martin à lui verser la somme de 1 399 977, 78 euros en réparation du préjudice subi du fait de son éviction irrégulière, somme assortie des intérêts au taux légal, eux-mêmes capitalisés ; 
  • 3/ de condamner la Corn de Saint-Martin à lui verser la somme de 17 000 euros correspondant aux dépenses utiles de candidature à l’attribution du marché litigieux, 
  • 4/ de résilier le dit accord-cadre
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