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Le fleuron de la sécurité alimentaire à Saint-Martin, puisque nous sommes en situation d’ultra-dépendance sur ce point comme sur d’autres, ce pivot posé sur le port de Galisbay semble tarder dans sa reprise d’exploitation après une reconstruction pourtant menée tambours battants. L’incendie de février 2019 avait en effet eu raison du bâtiment et des produits alimentaires ou non qui y étaient stockés. Depuis, certains stockeurs se battent pour obtenir le remboursement de la valeur des produits perdus sur fond d’imbroglio d’assurances et de guerre commerciale à qui parviendra à poser un monopole du stockage à Saint-Martin, french and dutch side…

Naturellement, l’incendie a fait l’objet de plusieurs expertises, dont celle de la DEAL qui avait conclu le 03 décembre 2019, à 15 points de non-conformité sur les 16 points de l’arrêté ministériel du 27 mars 2014, soulignant “la non-conformité de l’installation lors du départ d’incendie du 6 février 2019, ce qui semble avoir permis l’accident ou a minima la non maîtrise de l’incendie dans ses premiers instants”. Nous n’allons pas ici refaire l’intégralité du “film”, vous trouverez sur notre site internet un panel d’articles dédiés.

Assier de Pompignan en garde à vue

Pour autant, la semaine dernière, Thibaud Assier de Pompignan en tant que gérant de la société SOFRISM (Société d’entreposage frigorifique de Saint-Martin) était invité à la gendarmerie dans le cadre d’une enquête préliminaire pour évoquer cet incendie et le panel de plaintes qui en a découlé, une invitation motivée par des soupçons d’escroquerie en bande organisée. 4 heures de garde à vue pour l’homme d’affaires martiniquais dont il se serait évidemment bien passé.

Pour autant, 4 heures sur les 48 disponibles semblent indiquer que les enquêteurs ont obtenu de l’homme d’affaires précisions et informations suffisantes…

A Saint-Martin, peu nombreux sont ceux qui connaissent ou savent qui est Thibaud Assier de Pompignan et pour cause, ses intérêts locaux sont représentés et incarnés par un autre homme, Taïbi Ghzalale, qui lui n’est plus un inconnu, surtout depuis Irma et le rôle joué par Frigodom lorsqu’il s’agissait de nourrir les sinistrés ou de son association, Saint-Martin Uni, ultra-active sur cette période, comme sur celle du confinement lié à la pandémie de Covid-19 en mars.

Ce qui semble se dessiner au sortir de ces 4:00 de garde à vue de Thibaud Assier de Pompignan, c’est que l’homme d’affaires est passablement couroucé, lui que la justice avait déjà inquiété en 2011 autour d’Ecofip dont il est aussi gérant dans une affaire laissant présumer un procédé de surévaluation de prix de navires mis en œuvre par un exploitant afin d’obtenir une aide fiscale plus importante, procédure qui s’était soldée par un non-lieu en 2017.

L’enquête préliminaire relative à Frigodom va donc se poursuivre, enrichie du témoignage de Thibaud Assier de Pompignan et pourrait bien conduire à d’autres auditions très prochainement et notamment celle de Taïbi Ghzalale sur fond d’abus de bien social.

Le bâtiment est là, “flambant” neuf…

Un sous-titre certainement un peu cynique mais c’est un fait : la reconstruction est effective prouvant l’efficacité de la société qui en a eu la charge, celle de ses sous-traitants et de fait la capacité supposée de SOFRISM à en financer le coût.

Oui mais… au regard de l’expertise de la DEAL citée en introduction notamment mais aussi d’un avis défavorable du SDIS, FRIGODOM a du se fendre de demandes de dérogations pour pouvoir espérer remettre en exploitation la structure. Ces dérogations n’ont pas été concédées à l’exploitant et la décision a été signifiée par arrêté préfectoral le 19 août dernier : “Les demandes de dérogation aux articles 3.1 et 4.5.2 de l’arrêté ministériel du 27 mars 2014 susvisé formulées par FRIGODOM dans son dossier du 5 août 2019 modifié le 25 mars 2020 et complété le 1er juillet et le 22 juillet 2020 sont refusées.

Un autre risque pèse sur la nouvelle structure au delà de son respect des prescriptions générales applicables aux installations classées soumises à déclaration et c’est celui de sa conformité au permis de construire puisqu’il semble qu’un doute existe quant au fait que la construction nouvelle soit identique à la précédente. On notera d’ailleurs que la Collectivité n’avait pas de prime abord autorisé la reconstruction.

D’autres inspections seront diligentées en la matière…

Quoiqu’il en soit, le feu croisé de l’enquête préliminaire, du respect du permis de construire et des prescriptions sécuritaires font peser un réel risque quant au devenir de l’infrastructure, tout autant que les recours des stockeurs…

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